13
NOV 14

Conversations engagées

On accompagne comme on est accompagné : ça imprègne et ça transforme au fond, mine de rien et au fil des séances. Surtout quand il n'est plus question d'outils mais de notre intime nature.
Alors, chaque année, le parcours de supervision pour le Master Coaching à Paris 2, je le chamboule et le dépouille.
Et, il y a un mois, c'était la première session et puis vendredi, la deuxième. Alors j'ai aimé créer là une manière singulière de travailler avec le groupe : les "conversations engagées" ; un temps et un espace choisis, donnés, pour ceux qui veulent cheminer tout à la fois en associations libres et en découverte ou en conscience sensible de leurs histoires familières et des jeux d'enfance qui rôdent souvent, ici et là et qui resurgissent au présent, 
en coaching.
J'ai pris soin aussi d'inviter à mes côtés et tout au long de la soirée un "regardeur", à la fois témoin, garde-fou et interface avec le groupe.

Et en partage ici le fil d'Ariane de la première session.
 

09
NOV 14

Management au naturel

Timehop, cette mini appli qui fait des sauts dans le passé, qui fourrage au fil de mes posts, a fait resurgir une histoire de coaching avec un manager genre "médecin des forêts". Cette histoire parle de shinrin-yoku (le terme japonais pour les balades et les "bains de forêt") et de groupes Balint avec des compagnons forestiers : De l'analyse en groupe.

Et comme cette note de blog est écrite sur un mode poétique ou un conte au pays du management (mais c'est vraiment pas un fake !), j'ai tendance à la cacher pour ne pas trop casser mon image. Et puis aussi, la tête de ce manager-là était mise à prix par une organisation syndicale, au début et tout au long de l'accompagnement.
Mais c'est trop dommage je me dis aujourd'hui, alors je l'ai partagée avec un de ceux qui dirigent cette organisation et que j'accompagne au long cours et sur le mode de la frugalité joyeuse !

Voici son témoignage sensible aussi et en écho. Au naturel.
 

04
NOV 14

C'est pas de la micro-fiction

A la tombée du jour, boules de fer & cochonnet, double décimètre et chiffonnette soyeuse au creux de ses mains, cet homme-là joue toujours tout seul sur l'immense carré de sable derrière l'hôtel des Invalides.
*
- Dis, que fait le pigeon-voyageur quand au bout de son voyage plus personne hélas n'habite à l'adresse indiquée ?
*
Elle m'écrit que ce baiser-là elle me l'envoie en poste restante.
Mais un texto, c'est toujours en poste restante non ?
*
03
NOV 14

L'entreprise de soi

Le métier d'accompagner c'est tout à la fois une passion et une vocation, une prestation et un service payé.
Mais à quel prix alors ? Et est-ce viable au fond ? Quel statut choisir alors ? Et puis comment concilier tout ça ?
Toutes ces questions-là, et d'autres aussi, ce sera le thème d'un atelier qu'Eva et moi organisons le vendredi 19 décembre en compagnie de Michael CIENEWSKY, notre expert pour toutes les questions commerciales, juridiques et financières.
Parce que quand on accompagne 
c'est bon d'être accompagné sur ces questions aussi.

Cet atelier-là est réservé aux coachs que nous aimons accompagner en supervision ou en école nouvelle, au naturel toujours.
 

25
OCT 14

Tout ce que vous avez voulu savoir sur votre coaching

Qu'est-ce qui s'est tramé avec votre coach au fond ?
Qu'est-ce qui vous a permis de dépasser une crise ou de passer un cap et d'enclencher le changement ? Sans magie ni logique apparente pourtant ?

C'est parce que vous avez une manière bien singulière d'entrer en relation, de tisser des liens et de résoudre vos enjeux. Et cette manière-là est un jeu familier qui vient de loin, un jeu de "transfert" disent les psys.
Ça crée l'alliance et ça facilite le travail avec votre coach et, en même temps, c'est une répétition. Un jeu d'enfance, limité et souvent anachronique.

En psychanalyse, il s'agit de laisser ce jeu-là se découvrir et se dénouer au fil des séances. En coaching d'entreprise, c'est toujours profondément agissant aussi, mais c'est rarement nommé hélas. Parce que le coaching est "orienté solutions", parce que le temps presse et que ces élasn, ces mouvements-là sont ignorés ou tabous.

Et puis, pour percevoir et mettre à jour ces jeux-là, leurs nuances et leurs effets, et vous ouvrir alors à bien d'autres jeux, ça suppose que le coach ait fait un travail sur lui-même, en profondeur et au long cours.

11
OCT 14

Remue-mémoire

Facebook c'est mon carnet d'esquisses pour vagabonder tout en associations libres, au jardin ou après les séances. Et Timehop c'est une appli sur smartphone qui fait des sauts dans le passé, qui remonte le fil du temps, une, deux, trois et même quatre années avant ; une appli toute simple qui fourrage au fil de mes posts, ici et là, sur le mur bleu, Twitter ou Instagram, et qui propose au petit matin des instants saugrenus ou des photos oubliées, des haïkus imparfaits et délicieux. 

J'aime bien Timehop parce que c'est comme une paille dans un mojito et ça m'évoque aussi le travail de haute couture qui se déroule sur le divan, mine de rien et dans le feuilleté de l'âme : laisser surgir des affaires pas classées ou des souvenirs enfouis, des fragments de mémoire ou des légendes insensées, et puis alors pouvoir retisser un peu mon histoire et plein d'anti-histoires.

Et là, en partage, quelques perles de mémoire

03
OCT 14

En quête de sens, enquête de soi

L'International Coach Federation nous invite à sa nouvelle journée d'études ; ce sera le 24 janvier 2015, à Lille, sur le thème :
« Epanouissement, performance et quête de sens »
Et avec plein de questions pour le peuple coach :
« Accompagnons-nous les coachés vers la performance ou avec le souci de leur épanouissement ? Ou faisons-nous les deux, mais quid en cas de conflit ?
En quoi notre manière d'accompagner résulte de notre conception de la Vie ? Quelle différence entre charte de déontologie, éthique, système de valeurs et conception de la vie ? Dans toute formation au coaching, doit-il y avoir une formation philosophique ? »

Et, pour ça, après "Mars & Venus sur le divan" et puis "L'inconscient, un ami qui vous veut du bien", Eva & moi, en duo-duel créatif toujours, on aime proposer une promenade à rebours et en ambivalence ! Un voyage avec une boussole paradoxale - les associations libres, sans censure ni morale toujours - pour lâcher un peu les quêtes et les idéaux et puis laisser place ainsi à l'imprévu et l'étrange, à l'essentiel et la co-création en chaque accompagnement.
Voila en primeur le pitch de ce nouvel atelier singulier.

 

02
OCT 14

Ca chauffe dans mon codir

Après ses vacances, elle est revenue une, deux et trois fois. Mais ça fait deux semaines qu'elle ne vient plus. La première fois, elle m'a envoyé un texto : "C'est la crise dans mon codir, ça chauffe ; alors je suis retenue". Elle a ajouté qu'elle était "sincèrement désolée". Mais la semaine dernière, rien. Et depuis, pas de son, pas d'image ! 
Moi, ça m'agace quand on me lâche. Surtout si c'est sans un mot. Alors, depuis, je rumine. Je me demande quoi faire ? Je dois faire un transfert massif sur elle, je me dis. Et elle, c'est peut-être ça qu'elle doit sentir au fond ? Mais là, je vois pas.

Je lâche tout ça sur le divan. Mais ma psy, là derrière moi, elle dit rien. Elle non plus.
- Pourquoi, vous aussi, vous dites rien ? je lui demande.
- Qu'attendez-vous que je vous dise ? elle me lance.
Je sais pas trop, au fond. Comment elle ferait, elle, peut-être ? Qu'est-ce qu'elle ferait si je revenais pas ? Mais elle veut jamais répondre à ce genre de questions. Elle me demande plutôt ce que j'imagine d'elle alors. C'est frustrant mais ça fait toujours surgir des craintes enfouies, des désirs planqués, que j'imaginais vraiment pas l'instant d'avant.Et puis là, c'est plutôt un cas de supervision, je me dis. Mais souvent ça a un lien avec mes histoires un peu tordues du moment, mes histoires de longtemps ; alors je continue.

04
SEP 14

Comme une éponge à gratter

A l'université de Paris 2, pendant l'été, les étudiants notent les enseignants du Master Coaching.
Ça reste anonyme, ça permet à chacun de liker, de détester, de commenter, à distance
 entre passion et rébellion, remuance et recul, ici

Et moi, ça me permet d'aller un pas plus loin aussi pour l'année qui s'ouvre.

 

25
AOU 14

Rentrée des classes

C'est bientôt la rentrée à Paris 2 et moi j'avais un devoir de vacances : réécrire le syllabus pour la supervision en groupe.
Parce qu'au fil de mes séances sur le divan, des accompagnements en duo avec Eva, des interventions à l'ICF et ailleurs, tant de choses changent en profondeur dans ma manière d'animer cet atelier du Master Coaching :

Pourquoi vouloir accompagner les autres ? C'est la question première, originelle. Le comment vient bien après.
• Et le comment, c'est la conscience et l'analyse des jeux de transfert et de contre-transfert ; le reste, les outils, les modèles, ne sont que détours et évitements au fond.
• Et ce cursus-là s'enrichit aussi des avancées en continu de l'accompagnement au naturel : les voyages en enfance, l'inconscient, les rêves…

Et comme l'université c'est plutôt éclectique et érudit, après ou à côté, il y a aussi l'Ecole nouvelle de l'Accompagnement : opérationnelle et entrepreneuriale, pour faire de l'accompagnement son métier.

 

05
AOU 14

L'ENA, au fil des inscriptions et des désirs

Elle a laissé derrière elle son poste de Responsable RH pour créer sa structure ; et, depuis plus d'un an, elle accompagne des groupes de managers, en mode formation-action ou co-développement. Elle aura bientôt son master de coaching en poche, elle est venue à "l'atelier des rêves et des projets-rêves" et elle aime rejoindre l'Ecole Nouvelle de l'Accompagnement parce qu'elle sent bien que la formation et le codev ça la laisse sur sa faim ; et les managers aussi, au fond.

Directeur Associé, manager, coach interne ou indépendant
 d'autres aussi s'intéressent de près à l'ENA.

31
JUI 14

Rétromania

- D'accord ! je lui ai dit.
Je lui ai dit ça ce soir-là plutôt à contre-cœur. Parce que lui passer ma vieille 206 pour venir à Paris le lendemain, cette décision-là j'avais l'impression qu'elle me l'arrachait au fond. Parce que je flippe toujours à l'idée qu'on m'arrache quelque chose que je crois précieux.
Depuis, bien sûr, j'ai compris que ça vient de loin tout ça ; de l'époque où les bébés sont "propres à neuf mois" ; performants et dociles, forcés et bien dressés alors.
Le lendemain c'était la grève surprise ; alors, dès huit heures, ce serait le chaos sur les rails et sur la route. Et c'est pour ça, pour la prévenir, que je l'ai appelée ce soir-là. On avait rendez-vous à Paris à 14h00 pour animer un groupe en duo. Mais, manque de pot, c'est le lendemain aussi qu'elle emmenait sa voiture à elle au contrôle technique. C'était la date limite. Il y avait un train à 7h26 mais elle voulait rien savoir. Elle aime pas le train ; et encore moins les jours de grève sauvage.
- Alors tu mettras de l'essence et tu paieras tous tes PV, j'ai ajouté, un peu sèchement et agacé.
Et il y a eu un silence à couper au couteau. Du bout des lèvres, elle m'a dit "merci" et puis elle a raccroché. Il y a eu encore un silence, genre juste après une grenade dégoupillée.

19
JUI 14

Chevrotine

C'est bizzare, j'ai oublié où et quand j'ai acheté ce livre-là. Un peu comme Alcide Chapireau, le personnage central de ce roman, qui ne sait plus vraiment ni quand ni pourquoi il a tué Laura, sa deuxième femme. 
Moi, je me souviens juste que je venais de terminer un recueil de nouvelles d'Agnès Desarthes. Et les nouvelles, quand c'est bien fait, ça me donne une envie goulue de plonger dans un roman juste après. Ce qui m'a d'abord accroché dans ce livre de Fottorino c'est à la fois le titre - un seul mot qui claque comme un polar, mais c'est pas un polar - et puis la quatrième de couverture, juste deux phases : "Toutes les femmes attendent le grand amour. Ta mère cherchait son assassin." 

Ainsi dans ce roman-là, on sait d'emblée qu'il va y avoir un meurtre. Et pourtant ça commence comme une romance en bord de mer, comme un conte de fées. Mais très vite la fée elle se met à dérailler, un peu, beaucoup, à détester et rejeter les enfants d’Alcide qui se laisse faire. Alors la romance devient l'histoire d'une torture intime, psychique ; un vrai cauchemar.