15
JUI 14

La fabrique de faux billets

- Vous, vous n'avez pas de détecteur de faux billets ! je lui dis.
- Pourquoi ? Vous voulez me voler ?! elle me lance du tac au tac.
- Non bien sûr ! Enfin, je sais pas trop ?! C'est ce qui m'est venu avant d'entrer ici, quand je préparais l'argent de la séance. Mais j'ai aussitôt chassé cette idée qui m'est tombée dessus !
- Ces pensées qui vous viennent, pourquoi vous les censurez ?
- Parce que j'étais pas encore en séance. Et parce que cette idée-là est folle, je trouve. Vous refiler des faux billets et imaginer que vous n'y verrez que du feu ! Et puis il faudrait que j'en trouve ou que j'en fabrique des faux billets.
- …
Elle dit plus rien. Aujourd'hui elle a démarré sur les chapeaux de roue, je trouve. Et là, elle arrête un instant. Et son invitation à ne pas me censurer avant la séance, 
c'est bizarre, je me dis. C'est là, avec elle, que je peux me laisser aller sans censure. Si je faisais ça hors d'ici ce serait la fabrique des pensées folles.

- Les psys n'ont pas de détecteur de faux billets ! J'ai pensé que ça pourrait faire un tweet absurde ou énigmatique, sur mon fil. J'ai voulu chasser l'idée parce que je peux pas utiliser ma psychanalyse pour écrire mais c'est revenu dès que je me suis allongé là.
- … 

09
JUI 14

Me retourner

- Parfois j'aimerais bien me tourner vers vous, je lui dis.
- …
- Ça fait plusieurs fois que je pense à ça sans vraiment oser vous le dire. Mais je ne sais pas si c'est possible ou interdit au fond ? Parce que la première fois, quand je me suis allongé là, vous ne m'avez pas donné le mode d'emploi ni les limites.
- …
- Ni après ni jamais d'ailleurs !
- La question c'est pourquoi vous voulez faire ça ? elle me dit, là, derrière moi.
- Je sais pas trop ! Mais vous l'avez peut-être remarqué, je lui dis, en tournant un peu la tête vers elle, parfois j'essaie de tourner un peu la tête vers vous.
- …
- Mais je me tords le cou ! 
Ça fait mal, alors j'essaie d'arrêter ça.
 

06
JUI 14

Quand l'accompagnement au naturel fait école

Voilà ! On en a commencé à en parler ici ou là et ailleurs avec Eva : nous deux, on aime créer, on aime ouvrir l'Ecole Nouvelle de l'Accompagnement.

Parce qu'accompagner est un métier ; un métier singulier, à part entière et qui nous fait vivre pleinement, par-delà tous les outils et toutes les grilles, par-delà les diplômes et les accréditations qui font pourtant florès en peuple coach.

24
JUN 14

S'asseoir par terre

"Masochisme mortifère ou masochisme gardien de la vie". C'est le nouveau livre qu'elle a posé là, sous mon nez.
- Dites, ce livre-là c'est encore de la provoc, non ? je lui demande.

Et comme d'habitude elle répond pas. Enfin pas maintenant ou pas à ça. Alors je me pose, je m'allonge en silence un instant. C'est plutôt moi qui la provoque au fond et qui cherche la bagarre, je me dis.
- Je crois que j'en ai bien fini aujourd'hui avec ce côté maso, je reprends. Vous vous rappelez "L'énigme du masochisme", ce petit livre bleu que vous aviez aussi posé là le mois dernier, à mon attention peut-être ?
Elle répond toujours pas.

18
JUN 14

C'est fou l'effet que ça fait

- Cette manière que vous avez d'être là, comme ça, avec nous, il me dit.

Il m'observe. Je me demande ce qu'il me veut, ce qu'il veut dire. Lui, c'est le boss. Et on est trois, là, autour de la petite table ronde, dans son bureau. À côté de lui, il y a elle. Elle que j'ai accompagnée. Elle qui voudrait lui piquer sa place, bientôt. Elle lui a dit ça dès le début du coaching, 
comme ça, sans se démonter. Enfin, c'était pas vraiment le début parce qu'elle avait pas envie de cette rencontre à trois. Alors ça s'est programmé, annulé, ça a traîné. J'ai laissé faire. Et puis ça s'est fait.

22
MAI 14

Contre-transfert & Interprétations en coaching - Bis

- Sers-moi, ai-je soudain envie de lui dire.
Elle remplit sa tasse de thé, là, juste devant moi. Et puis elle repose la théière de fonte sur la table de verre.
Je reste silencieux ; étonné et un peu gêné de cet élan soudain et incongru : mon envie irrépressible de la soumettre, un instant et plus.
Et elle retourne s'asseoir sur le canapé, au milieu du groupe. 
C'est l'instant de la pause. Je la regarde en douce et en silence.

- Tu connais ton transfert vers elle ?!
C'est Eva qui m'interpelle ainsi, sans crier gare et devant le groupe ; comme si elle avait entraperçu l'incongru et le retenu, le fantasme et l'indicible.
Et je me souviens de la séance d'avant quand Eva avait lancé à cette femme-là : "J'ai envie de te manger !"
Alors j'ai aimé évoquer à voix haute et sans détour un peu de cet indicible venu de loin : mon désir de soumettre, de mater la femme un instant ou plus !
Et tout ça s'est ajouté au matériel de la séance. Car c'était déjà là au fond, de moi vers elle. Et parce que ça commençait à prendre une forme sournoise : des prescriptions impossibles pour l'entre-séance, des tâches qu'elle prenait bien soin d'oublier, d'effacer.
Et moi, j'ai pris soin d'aller démêler ça encore sur le divan.

*

Je ne sais pas comment vous faites, vous, avec tout ce qui se surgit de vous et d'étrange quand vous accompagnez ? Tout ce qui se trame en coulisses, ces affaires passées mais jamais vraiment classées au fond ?!

Et sur ce thème-là, Eva et moi on aime inviter encore Jean-Marie von Kaenel, notre ami psychanalyste pour une nouvelle journée. Ce sera à l'Atelier de campagne et à quelques pas de l'été, le vendredi 13 juin.

C'est réservé aux coachs qui aiment accompagner au naturel, ou depuis longtemps déjà, et qui n'ont pas peur de travailler alors avec tous ces élans incongrus en apparence.
Et c'est 
aussi ouvert aux plus jeunes qui, au sortir de toutes les formations au coaching et aux outils, ne sont pas encore déformés au fond.

 

18
MAI 14

Etienne regrette

J'avais tellement aimé "Salut Marie" ! Alors j'ai aimé suivre Antoine Sénanque sur son Facebook. C'est sur ce fil-là et sur son blog que l'auteur donne de ses nouvelles. Des nouvelles inédites, sombres ou énigmatiques. Et c'est ainsi que j'ai découvert son dernier ouvrage : "Etienne regrette".
Ce livre-là est un bonheur. Laisser 
sa classe de philo derrière soi, un instant et plus ; ouvrir sa maison aux oiseaux ; et puis partir travailler à la morgue en compagnie d'un ami médecin-légiste, sans souci de nuire car ici les malades ne risquent plus rien ; retrouver une amie d'enfance et la tendresse avec ; flirter avec les déferlantes à la pointe d'une digue de l'atlantique ; se laisser aller là où le soleil se couche sans pudeur, où l'air est à température de peau… 

Tout ça est déjanté et léger, immoral et réjouissant et ça apaise quand tout s'étouffe ou se détraque autour de soi, au fond de soi… 
C'est une fable sur l'amitié, poétique et mélancolique, et puis ça finit comme un thriller.
Et c'est vraiment un bonheur à chaque page. 

 

06
MAI 14

La mécanique de l'âme

- La semaine dernière, pendant les vacances, je rêvais beaucoup mais au matin je me laissais oublier tous mes rêves, je lui dis.
Et elle, là derrière moi, elle me dit rien. Je continue alors :
- Mais là, je me souviens bien de mon rêve de la nuit d'avant. C'est bizarre, c'est comme si j'avais préparé cette séance de rentrée ?

- Peut-être que je réponds à une injonction de vous, au fond ! Vous apporter mes rêves ?

- Un peu comme l'enfant dressé, forcé, jadis !?
- Si jamais j'avais une intention pour vous, alors vous feriez tout pour vous y soustraire ! elle me lance.
J'éclate de rire.
- Vous connaissez bien l'animal, je lui dis entre deux rires.
Et c'est fou ce fou-rire soudain ; c'est comme si ça me libérait de découvrir qu'elle n'attend rien de moi au fond. Et en même temps, je sais bien que ce n'est pas vraiment de moi dont elle parle là, c'est de la mécanique de l'inconscient.

*

01
MAI 14

Voyage sur le dos d'un saumon

« Voyager ensemble et un instant à dos de saumon ! Parce que le saumon est le seul animal, je crois, qui aime remonter aux sources, aux origines, jusqu'au lieu de sa naissance.
Et peut-être au fond à la recherche de la "scène primitive", "dans la chambre des parents", comme disent nos aînés les psys. Pour chercher à savoir d'où viennent les bébés ? Ou comment on fait l'amour ?
Moi, j'ai envie de revenir aux origines parce que cette soirée est placée sous le signe de l'innovation en coaching ; et l'une des sources de l'innovation, pour moi, c'est le retour aux sources ; et la psychanalyse une source vive pour notre métier au fond. »

C'est ainsi que j'ai aimé commencer une conférence en peuple coach mardi soir autour du "Livre d'or du coaching". Cet ouvrage collectif sous la direction de Frank Bournois et Thierry Chavel. Et voici en partage ici la suite de mon babillage.
 

24
AVR 14

Affect model

Recevoir chez soi ou dans un atelier, se faire payer sur devis ou à coup de marteau, être accro au "combat thérapeutique" ou aimer se faire raconter des histoires "dominantes ou préférées" le "business model" du coach vient de bien loin souvent.
Et il est truffé d'affects singuliers. Alors parfois ça fait des nœuds au fond

*

17
AVR 14

Ces liens qui nous attachent ou nous libèrent

En mode mammifère ou digital, en face à face ou à travers les ondes, au bureau ou entre les draps, bien attaché ou sans filet, homme ou femme, par-dessus ou dessous le "plafond de verre"… c'est tellement bon et pourtant si complexe aussi d'être en relation, au fond !
Grands blessés du lien, dès l'origine ou plus tard, en conscience ou à leur insu, les coachs aiment faire 
leur métier de cet art premier, l'art de la relation.

Et ceux aussi qui dirigent ou animent des équipes ou des projets, se débattent et se perdent souvent et tout autant au beau milieu des jeux psychologiques et de transfert, d'hier et d'aujourd'hui ; les leurs et puis ceux des autres, familiers ou étranges en apparence.

Eva et moi, on aime beaucoup plonger à bras le corps et à mains nues dans ces jeux-là et leurs méandres ; alors à tous ceux qui veulent démêler, un instant ou plus, la pelote de tous ces liens qui libèrent ou attachent, qui chatouillent ou endorment, on aime proposer un atelier singulier : 
Comment développer son intelligence relationnelle ?

Rendez-vous le 21 mai, si vous aimez ; ce sera sous le dernier quartier de la lune et sous l'égide de la NL PNL avec Andrée Zerah.

 

15
AVR 14

L'Atelier des rêves

- C'était sur le chemin du lycée, près du vieux château laissé à l'abandon. Autrefois, dans ce château-là, ils imprimaient le journal Combat.
J'avais laissé ma mobylette sur le bord du chemin, plus bas. Et toi aussi tu étais là, dans mon rêve cette nuit.

- Non, ce n'était pas moi, c'était mon avatar ! elle me dit. Parce qu'elle connaît aussi l'algèbre des rêves : un pied dans le passé et un autre dans le présent ; une femme qui peut en cacher une autre ; ou bien un homme aussi ; une part de soi toujours

Et j'ai aimé continuer de lui raconter mon rêve de la nuit d'avant, parce que c'est ainsi, en présence, que les rêves nous livrent un peu de leur sens.

Et vous aussi, si vous aimez rêver ou si vous ne rêvez plus, ni la nuit ni le jour Ou bien si vous oubliez vos rêves, créations impensables ou énigmes étranges alors venez à l'Atelier des rêves. Ce sera le 19 mai dans l'atelier de campagne. 
Une journée inédite animée en duo avec Eva pour retrouver le saveur des rêves et la clé des songes. A l'envi.

 

08
AVR 14

Un grain de sel dans un rêve

L'énigme du masochisme. C'est un petit livre à la couverture bleue qu'elle a posé là, sur le meuble, tout à côté du divan.
Je l'aperçois en entrant juste à l'instant où je me demande par quoi commencer la séance ce soir : mon voyage en mélancolie du jour d'hier ? Ou la supervision à Paris 2, demain soir ?
Et je me demande si elle a posé ce livre là pour me provoquer. J'ai aperçu le nom de l'auteur : Jacques André. Et je me souviens que j'avais lu un tout autre livre de lui : L'imprévu en séance.
Je m'allonge sur le divan. Et je commence avec tout ça : le titre du livre bleu et mon dilemme de l'instant : la souffrance d'hier ou de demain soir ?!
- Je n'ai vraiment plus envie de me mettre sur le grill à présent, je lui dis. Ni là-bas avec les étudiants ni ailleurs. Mais je n'ai rien préparé pour demain. Je ne sais pas comment faire, j'ajoute.
Silence.
Je marche dans la forêt et là, devant moi, le sentier est soudain coupé.
C'est mon rêve de la nuit d'avant qui me revient soudain ! Comme une autre énigme. Je l'ai écrit au matin pour ne pas le perdre. Alors je lui raconte la suite.