28
AOU 19

HAPPY DAYS : le travail du « négatif »

Lorsque vous animez en groupe ou en équipe, dans un projet de changement, un cycle de formation ou des sessions d'analyse de pratiques, forcément, vous vous heurtez à des « résistances ». Oui, des oppositions diffuses ou virulentes qui visent des détails ou les règles du jeu, votre cadre de travail ou même la finalité du projet. Et parfois ça peut prendre aussi l'apparence du consensus.

Forcément, parce que chacun dans le groupe s'accroche à vous à sa manière avec des jeux d'alliance complexes. Vous avez appris à contourner ou dépasser ces dynamiques qui semblent « négatives » mais qui sont des défenses naturelles : analyse systémique, approche paradoxale, processus d'engagement...

13
AOU 19

Pas dupe

Pour commencer les vacances, j'avais très envie d'un polar. Oui, parce que mon métier c'est un peu comme dans les romans policiers. Il y a toujours du sexe, du sang, du désir, de la censure et une intrigue bien tordue avec tout ça. Et donc, un patient travail d'enquête. Mais une enquête à deux.

Alors j'ai musardé du côté des Éditions de Minuit parce que c'est là que j'aime me fournir. C'est ici par exemple que j'avais découvert Julia Deck et son premier roman, Viviane Élisabeth Fauville, une femme qui avait peut-être tué son psy. Et puis aussi Tanguy Viel, avec Article 353 du code pénal ; un long travail d'enquête aussi, une enquête sur soi, en présence d'un autre plus ou moins silencieux. Comme sur le divan. 

24
JUI 19

L'origine de la violence

J'étais en train de me laver les cheveux dans la cave avec un shampoing comme de la terre glaise. C'était poisseux, ça collait et je me mettais en colère.
Et c'est souvent comme ça le mardi matin, je fais un rêve qui me réveille et qui est une énigme toute la journée. Comme si je préparais la séance du soir sur le divan. Au tout début ça m'agaçait, j'imaginais que ma psy m'avait installé un programme qui me forçait à lui ramener des rêves. Alors j'essayais de ne pas rêver ou d'oublier mes rêves mais ça ne marchait pas. Et quand je m'allongeais je disais « aujourd'hui, j'ai un rêve » et puis j'attendais plus ou moins la fin de la séance pour le raconter. Ce n'était pas forcément pour créer du suspens mais parce que j'avais plein de turpitudes à ressasser. Un jour ma psy m'a demandé : « Pourquoi vous faites ça ? ». J'ai fini par voir que c'était une forme de marchandage et une histoire d'enfance : la peur d'être sous influence et dressé comme à neuf mois pour « être propre ». Avec ici, de la matière fraîche en direct de l'inconscient. 

10
JUI 19

C'est l'enfant qui fait la mère

L'autre jour, c'était la dernière séance du master Coaching à Paris 2 et j'ai proposé plein d'ateliers ouverts, un peu comme des "stands" à l'école quand c'est la fin de l'année. L'un de ces stands c'était sur le tutorat, parce que pendant l'année chaque étudiant avait un tuteur. Et donc j'ai proposé à ceux qui voulaient ça de regarder comment dans cette relation-là ils ont peut-être fait "le bébé thérapeute" ou "guérisseur". Oui, l'hypothèse est que celui qui est accompagné prend en charge celui qui l'accompagne. Tout ça inconsciemment bien sûr et un peu comme le nourrisson qui peut réveiller les sentiments maternels face à sa mère incompétente ou dépressive et ainsi "créer sa mère". Et puis parce que je vois souvent des coachs qui se croient "guérisseur" sans trop savoir d'où ça vient.

Il y avait d'autres stands : l'un sur l'évaluation parce que c'est l'époque pour ça et de plus en plus ; un autre sur le passage à l'acte (mais personne n'a voulu remettre ça peut-être à cause des histoires du mois d'avant) ; et puis un atelier sur le mémoire professionnel que chacun va écrire cet été et qui est aussi comme une énigme très intime.

Je partage ici le déroulé de cette séance et aussi un lien vers un article sur comment les petits enfants répondent aux désirs inconscients de leur mère. 

29
JUN 19

Coupures de journal intime

La petite poule noire recommence à couver mais pas seulement sur le mode de la « gestation pour autrui » comme au printemps. Non, elle a aussi ses œufs bien à elle cette fois. Trois petits de la couleur de l'ivoire. Et quatre gros de la rousse.
J'ai pris mon petit-déjeuner au bord de la mare. Une fois, tu as vu la carpe Koï sauter hors de l'eau, tu m'as dit. Oui, très haut par dessus les nénuphars et dans le soleil. Alors j'ai attendu. 

19
JUN 19

Je sais tellement bien me cacher

Ce matin-là j'avais mis le réveil, alors forcément à un moment ça a sonné. J'ai aimé t'enlacer, te sentir dans tes courbes, te caresser dans les creux. Tout ça sans trop te réveiller et puis je n'ai pas pu m'empêcher de te mordre. Je fais bien la différence, à présent, entre le courant tendre et le courant sensuel, mais je sens que ça se mélange aussi avec une forme d'agressivité ou de violence sourde, originaire. Et, quoiqu'on en dise, tout le monde a ça au fond. 

Bref, je suis sorti du lit mais tu as voulu me retenir encore un instant.

13
JUN 19

Passage à l'acte

« Développer son charisme », « Croire en son potentiel », « Mater son agressivité »… le coaching est un haut-lieu de « passage à l'acte ». Oui, un mode opératoire spécial pour ça, pour le symptôme, pour la répétition. Institué, ritualisé, assisté par un coach.
Le passage à l'acte c'est un 
« circuit court », inconscient, entre la pulsion et un objet donné à haute tension. Sans vraiment d'élaboration alors. 
Ce n'est pas forcément un souci si le coach sait à peu près de quoi il en retourne : les jeux de transfert, ses pulsions face à tout ça, ses modes familiers d'excitation et de jouissance...

Tout ça c'était le thème de la supervision à Paris 2, pour le master Coaching, le mois dernier. Je partage ici le fil d'Ariane de cette séance. Tout s'est passé comme prévu jusqu'à la pause : travail en petits groupes et en associations libres sur des questions qui titillent ou taraudent chacun, plus ou moins. Oui, jusqu'à la pause parce que, à ce moment-là, il y a eu un attentat à Lyon et ça m'a pas mal dérouté sur le coup. Ou bien j'ai pris ça comme un prétexte pour moi-même passer à l'acte aussi. C'est là que j'ai commencé à parler d'un, deux, trois cas cliniques qui me taraudaient. Et puis, de fil en aiguille, il y a eu une comme une inversion des rôles alors, comme si je demandais au groupe quelque chose mine de rien. Et c'est sur le divan, dans l'après-coup comme toujours encore, que j'ai commencé à voir tout le pourquoi et le dessous de ces choses-là.

Prochaine et dernière séance demain soir.
 

10
MAI 19

Avant qu'il ne soit trop tard

Ce jour-là, toi et moi, on se croisait dans le jardin plus ou moins au hasard. Toi, avec dans les mains des branches de rosier coupées au sécateur ou bien des touffes d'orties arrachées ici et là. Avec des gants alors. Et moi, avec la tronçonneuse, le merlin ou la brouette. À un moment, tu t'es posée pour un goûter : un café au lait et une madeleine espagnole. 

06
MAI 19

En groupe avancé d'analyse de pratiques

Le prochain cycle Happy Days – les trois journées d'Analyse de Pratiques en groupe apprenant –, ce sera sur les différentes situations « impossibles » ou « à haute tension » que vous apportez. Un groupe avancé donc et à l'écart du prêt-à-penser.

Et pour analyser ces situations-là, Eva et moi on vous prépare un fil rouge sur mesure. Oui, une question essentielle au fil des jours. 

25
AVR 19

Je ne sais pas si tu penses à toi

– Tu sais, quand t'arrêteras d'y aller en vélo chez ta psy, alors t'auras fini ton analyse.
Je ne sais pas pourquoi tu me dis ça soudain. Juste avant tu me parlais de tout autre chose, je ne sais plus trop et je reste songeur. Tu fais souvent des liens bizarres entre les choses, alors les gens imaginent que t'es un peu chaman mais, là, tu penses sans doute que c'est dangereux pour moi tout ça.

Pas forcément ma psy ni le divan mais le vélib. C'est vrai, c'est risqué. En plus, dans mes rêves, j'ai souvent des accidents de la route. Tout seul ou avec quelqu'un d'autre, en deux-roues ou en voiture. Ça me réveille soudain et je ne comprends pas quel peut être mon désir caché ici. 

17
AVR 19

Atelier SEXO : le tendre et le sensuel

L'homme ne peut pas toujours aimer là où il désire. Et il ne peut désirer là où il aime…

Ces mots-là c'est une manière de dire la difficulté parfois de mélanger le tendre et le sensuel dans le couple. Oui, dès les premiers instants de la relation ou au fil du temps qui passe.

Parce que le courant tendre c'est le peau à peau des origines, le fouissement, toutes les caresses de l'enfance… c'est une forme d'érotisme mais sans l'excitation qui surgira plus tard avec le pubertaire. 
Et le courant sensuel c'est la sexualité adulte, génitale, avec tout le côté fantasmatique, créatif, joyeux, inattendu et aussi sauvage. Dans la tête et le corps.

10
AVR 19

HAPPY DAYS

Happy Days ! C'est un cycle d'Analyse de Pratiques professionnelles animées en duo et à la campagne. Oui, trois journées en groupe apprenant, pour animer vos groupes plus au naturel.
L'analyse de pratiques réunit des professionnels qui font un métier avec une forte composante relationnelle (manager, coach, consultant…) et qui détiennent alors un savoir-faire issu de l'expérience : singulier, subjectif et toujours prêt à se déconstruire et se reconstruire au fil du temps et dans les situations critiques.

 

03
AVR 19

Une soirée particulière

Il y avait une soirée jeudi dernier pour en finir avec le coaching. Cette idée d'en finir, c'est l'ouvrage collectif écrit par les 23 étudiants du master coaching à Paris II après leur année universitaire 2015-16 : Pour en finir avec le coaching ? Tel qu'on le pratique aujourd'huiL'ouvrage est paru chez L'Harmattan en décembre et les auteurs organisaient une soirée de lancement chez l'éditeur.

Et il y avait une table ronde à laquelle j'étais invité, avec Thierry Chavel, le directeur du master. Moi, pour savoir à quoi m'attendre et ne pas trop dérailler, j'avais demandé les questions un peu avant.
Mes notes ici en partage.