J'aime ce moment en séance où je me laisse envahir par sa crainte d'être envahie, influencer par sa peur d'influencer, plonger dans son angoisse d'échouer. « Voulez-vous expérimenter tout le contraire, ici ? » dis-je, une fois arrivé au cœur des abysses sans fond. Elle fronce les sourcils, semble retenir un élan puis lâche : « Oui, mais comment !? » C'est alors qu'elle peut commencer à goûter le plaisir d'envahir, la saveur d'influencer, la jubilation de créer à l'envi.

Dimanche matin les anges se glissaient entre les gouttes de brume. Quand elle est descendue de son sommeil, elle m'a raconté son rêve triste. « Il me fallait fuir le jardin. Mais pourquoi ?! » dit-elle, encore émue. J'ai posé un baiser dans sa nuque et je lui ai soufflé à l'oreille : « Prends le temps de te glisser, tour à tour, dans la peau du diable et des anges de ton rêve. »