27
JUN 13

Demain c'est aujourd'hui

On avait posé juste quelques mots, quelques lignes, comme on écrit une carte postale et de vacances à celles et ceux qu'on aime accompagner et qui aimeraient prendre soin du futur de soi.
Quelques lignes pour une invitation à franchir les portes de l'atelier, là-bas, à quelques pas du paradis.
Et quelques jardiniers ont aimé venir. Comme ça et simplement.
Et alors ensemble, près de la mare et au coin du feu, on a transformé un peu de plomb en or.

En partage ici les lignes, écrites à quatre mains et esquisses de ce week-end.
 

26
JUN 13

Songes d'une soirée d'été

C'était la dernière séance. C'était vendredi dernier. L'ulltime supervision en groupe avec les étudiants du master Coaching à Paris II. Et ce soir-là, plutôt que plonger comme j'aimais le faire jusqu'alors dans la clôture et la finitude, dans les adieux et l'angoisse existentielle liée à la fin de toute chose et de soi, des êtres aimés et du monde, j'ai aimé les inviter au voyage.
Oh ! pas un voyage en enfance, comme souvent et jusqu'alors avec eux ; mais simplement un voyage vers demain, en 
ce premier soir de l'été.
Parce que l'homme descend du songe.
Et parce que demain c'est aujourd'hui…
Et ce voyage-là, j'imaginais le commencer une fois leur diplôme en poche. Mais eux, ils se foutaient bien de leur diplôme ce soir-là. Parce qu'ils savent bien maintenant que ce diplôme-là il délivre du besoin de diplôme.
Alors, ils ont aimé voyager autour de passeurs de rêves et de l'instant ; et puis repartir sans rien dans les poches.

 

19
JUN 13

L'école du coach

- Dis, si l'école du coach c'est la supervision ?
- Oui ?!
- Alors pourquoi y'a tant et tant d'écoles de coaching, tant de formations et de diplômes de coaching, et au fond si peu de superviseurs ?


Parce qu'on accompagne comme on est accompagné, un peu ou beaucoup, passionnément ou pas du tout

Et parce que le groupe créé cet automne est complet et aime tellement vivre sa vie singulière, parce qu'à deux c'est encore mieux, Eva & moi on aime créer un nouveau groupe à la carte et en duo.
Une supervision réservée à celles et ceux qui ont très envie, ou bien très peur, d'accompagner à foison après l'école.

 

15
JUN 13

Jeux de manipulation

C'était vendredi 7, septième séance de supervision en groupe pour le master Coaching à Paris II. Et ce soir-là, j'ai choisi un thème que beaucoup n'ont pas trop aimé au fond : la manipulation dans tous ses états ; je te manipule, je me manipule, je me laisse manipuler
Et pour cheminer avec eux sur ce thème-là, j'ai aimé partager une manière singulière d'accompagner : le superviseur supervisé.
Et ça, ils ont beaucoup aimé.
Cette manière-là d'accompagner, inspirée de la thérapie familiale quand la glace sans tain se brise, j'aime la pratiquer, la peaufiner, avec Eva dans nos ateliers et nos conférences en duo : Être accompagné pour accompagner, un peu ou beaucoup, passionnément ou pas du tout…

 

03
JUN 13

Un chasseur a tué un lapin

- L'intime et l'étranger. La puissance de vieillir. Dites, ces livres-là, posés sous mon nez au pied de votre divan, pourquoi vous les changez parfois ou souvent ?
- …
- C'est un peu comme les pub qui tournent en bord de périph ! C'est le dehors qui agresse le dedans alors ! C'est l'étranger qui intruse l'intime. Pourtant, la pub c'est pas trop votre truc, hein !?
- …
Et soudain je pouffe de rire. Et je crois bien qu'elle rigole là derrière moi. Par contagion ou comme si j'avais trouvé un truc, une formule, pour la toucher enfin. Mais si je lui dis ça, elle va me renvoyer la question, genre : « Et votre mère, vous aimiez la faire rire ? » J'essaie pourtant :
- Je crois que là, vous rigolez un peu, non ?
- …
- Vous vous souvenez peut-être, la dernière fois, à la fin de la séance, je vous demandais comment ajouter du rire aux larmes ? Comment trouver la recette de l'humour ? C'est là que vous m'avez mis à la porte hélas. Tout ça parce que la séance était finie ! Alors que ça devenait enfin passionnant. C'est plutôt sadique vos scansions, non ?

31
MAI 13

En moins bien

« Essayez-ça ! » il m'a dit en me tendant ce livre-là ; en douce, comme un dealer amoureux de sa came. Et ce livre, il est allé le chercher dans un rayon particulier, pour moi qui cherchais un roman qu'il n'avait pas et que j'ai oublié depuis. Et il a ajouté, comme s'il écrivait là, en live, la quatrième de couverture : « Tout simplement déjanté et féroce, tragique et abrasif ! »
Mais pourquoi alors il me passait ce livre, à moi qu'il ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam ?

Peut-être parce que dans ces pages, il y a une biche psychopathe et blessée, une femme belle comme une apparition. Une épidémie de suicides sur une dune qui chante. Un allemand qui tourne en rond au pied de la dune. Un ange dépravé. Un pélican hargneux tellement il est affectueux. Une Chevrolet Impala rouge qui feule comme un chat. Un narrateur qui a le don inouï d'attraper les étoiles au lasso.

Ici tout est fictionnel autobiographique. Et ce livre, c'est comme une étoile attrapée au lasso. Une fable sur la vie, l'amour et la mort. Vraiment déjantée et féroce ; comme la vie, l'amour et la mort. À savourer encore et encore.

En moins bien, Arnaud Le GuilcherStéphane Million Editeur.

 

25
MAI 13

Il était une fois, deux fois et plus

Sixième séance de supervision en groupe ; c'était vendredi dernier, en cette école de coachs. Une école qui ainsi invite à ne pas attendre d'accompagner pour être accompagné. Car c'est ça l'enfance de l'art. Pas les diplômes ni les accréditations à foison.
Et ce soir-là, j'ai aimé initier ceux qui étaient venus, à voyager dans le temps. Le temps d'hier et de l'enfance, d'ici et d'ailleurs. Voyager pour détricoter les répétitions familières, ces intrigues qui se sont 
nouées jadis, au cœur et autour d'un manque originel, et qui n'ont de cesse de se rejouer aujourd'hui, même si ça fait mal. 

Et en partage ici, mes notes, mon antisèche pour ce voyage-là, sans censure ni divan, en duo du hasard et quand la nuit tombe.
 

18
MAI 13

Du bout de la langue

Il en a vraiment ras le bol de la drozophile qui  tague les airs, là, sous le toit de verre et qui, toujours, toujours, zigzague autour de lui. Alors il m'offre une Dionaea, cette plante qui attire en douce les mouches de coach et puis qui les dévore patiemment. Et le nom vulgaire de la Dionaea, c'est "Gobe mouche de Venus".

*

- Dis, tu crois pas que s'il y a tant et tant de mouches et de moucherons, là, sous ton bord de ciel, c'est à cause du Saint-Félicien et du reblochon dans ton frigo ? me dit-elle, elle qui ne gobe pas n'importe quoi.

*

14
MAI 13

Dis pourquoi ?

- Les cinq blessures qui empêchent d'être soi. Dis, pourquoi les coachs ils aiment tellement ce livre-là ? Elles sont multiples nos entailles et initiatiques nos blessures d'autrefois. Elles permettent aussi d'être soi, non ?

*

Elle aimait l'accrocher à un vieux clou dans un coin ou l'autre de la cuisine. Mais toujours bien en vue et à portée de main. Comme un morceau du ciel et des mauvais jours qui pourrait leur tomber sur la tête. En un éclair et sans vraiment comprendre pourquoi, au fond. Alors lui, entre chien et loup, il montait en douce sur le tabouret de Formica et il aimait prendre soin d'arracher une, deux et trois lanières, de couleur et de cuir, de cet outil de châtiment et d'alors. Et puis les cacher tout au fond du jardin. Et elle n'y voyait que du feu.

*

08
MAI 13

A quatre pas du paradis

La Roche-Migènes. C'est un nom comme des vacances d'été. Et c'est le nom de la gare au bout du bout des rails, là-bas, sur le chemin à quelques pas du paradis.
« C'est aussi hélas comme un ghetto, murmure-t-elle ; un non-lieu pour ceux de la compagnie qui sont parfois mis sur la touche, en secret et à jamais. »

*

02
MAI 13

Un peu, beaucoup, pas du tout

Au sortir de l'école des coachs, elle a ajouté formations à foison et certifications à la mode. Et maintenant, elle s'étonne, elle se plaint de n'avoir toujours pas de clients. Et puis là, tour à tour déprimée et enragée, elle voudrait tout balancer.
Et, en même temps, elle se dandine et se tâte, elle renifle et hésite à venir en bord de ciel, un instant et plus peut-être. Comme si elle sentait bien au fond d'elle qu'il est bon d'être accompagnée pour accompagner ; un peu, beaucoup, passionnément

Et moi, là, j'aime créer quelques instants de supervision réservés à ceux de la grande école qui rechignent encore et qui ainsi patinent ou zigzaguent dans leur développement.

26
AVR 13

Sur les routes en lacets

- Allez, venez, je vous emmène ?
Il la regarde en coin et se demande si c'est du lard ou du cochon ? Et puis, sans plus de chichi, il monte dans sa cage à moteur.
Petites routes de campagne sous la ouate des nuages. Cette femme-là aime conduire vite et bien. Mais il n'en mène pas large au dedans de lui. Virages serrés. Elle attaque fort et à la corde. Il s'affole et se tend comme un ressort. Et soudain le temps se trouble. Maintenant c'est comme hier.
Il a onze ans. Routes de forêt en lacets. Au clair matin en compagnie de la femme première. Elle emmène son chien de combat à un concours de beauté. Elle aimerait bien gagner un prix. Et soudain ça dérape et ça zigzague. 

23
AVR 13

Bien vivre du coaching ?

Nous aimons rejouer au présent et à notre insu, nos histoires familières et de jadis, un peu, beaucoup, passionnément… comme pour trouver enfin d'autres dénouements.
Et c'est vrai aussi dans notre manière d'aller vers le monde, de tirer le diable par la queue ou bien de cultiver l'abondance sereine.
Ce sera le thème d'une journée particulière et en duo, sous l'égide de la NLPNL et comme un voyage en soi.