Des extraits :
« Le geste amoureux : dans la caresse d'une main sur la peau, qu'est-ce qui est le plus présence ? La pression douce des doigts qui disent leur insistance, ou l'extrême moment où ils vont à regret quitter le corps aimé et où ils tirent et étirent l'être devant lui-même, à une légère distance de lui-même, dans cet écart où il n'est déjà plus, cette douleur exquise où il acquiesce au désir dans le moment même où il éprouve et reconnaît la finitude ? C'est le regret de ce qui ne peut durer qui nous fait aimer et exister. C'est le regret de l'éternité qui nous apprend le temps. » p. 52

« L'enclave de l'analyse comme de l'écriture n'a pas sa place dans la cité ; et la mise en suspens du temps qui passe, qui semble y régner, est scandaleuse pour l'esprit. L'étendue sans repère, est un abîme. La durée, sans vecteur pour s'orienter, un présent qui dure, affole l'esprit. C'est pourtant à effleurer cela que s'emploient l'analysant dans sa parole et l'analyste dans son écoute : laissant flotter les mots, les images. Brouillant les repères temporels, entendant la nostalgie comme le désir et le désir comme regret, brouillant les repères spatiaux et tenant l'ailleurs comme ici et l'ici comme partout et nulle part. » p. 82

François Gantheret, La nostalgie du présent. Psychanalyse et écriture. Les Editions de l'Olivier. Penser/Rêver. Janvier 2010


Et, sur les liens fertiles entre coaching et écriture, une conférence-atelier animée par mon amie Emilie Devienne à la SF-Coach
, en mai prochain : « Faut-il publier pour être un bon coach ? » ou « A qui profite l'écrit ? »