Et puis, un jour, il découvrit de l'huile sur son BlackBerry, juste quelques gouttes sur la petite boule blanche qu'il caressait et stimulait en réunion. C'était une huile parfumée à l'abricot et à l'argan. Un matin, ses deux ouvrages fétiches, Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (5ème édition) et Le manager minute, disparurent de sa bibliothèque. Il trouva à leur place un conte mystérieux : Le chevalier à l'armure rouillée.

Anxieux, agité, il chercha l'auteur de ces pièges sournois dans la tribu des syndicalistes. Sans succès. Déboussolé, il espionna la DRH qui habitait une péniche et était amoureuse d'un psy. En vain. Et les pièges se multipliaient : chaque matin, il retrouvait dans la poubelle ses capsules de Nespresso, grand cru intense, éventrées. Chacune remplacée par une mousseline de ce thé blanc aussi rare que délicat, le Yin Zhen (aiguilles d'argent). À la poubelle aussi sa clé USB de 32 gigaoctets, devenue illisible alors qu'elle contenait ses fichiers les plus précieux. À la place, une invitation à recevoir un massage Thaï à quatre mains et aux huiles essentielles.

Épuisé, il demanda conseil à son ami du quai des Orfèvres. L'homme, un profiler réputé, mena son enquête dans l'ombre. Mais il resta aussi démuni que son ami. Il soupçonnait, sans aucune preuve hélas, cette femme qui portait le parfum des anges et voulait devenir coach.