« Il s'est donné la mort, violemment. Arme de poing. Sa mise en scène était violente aussi. Et il n'a laissé ni un signe ni une lettre. » Elle retient ses larmes. « Mais pourquoi ? » ajoute-t-elle. Cet homme qui s'est tué était un ami. Elle, c'est la femme qui prend soin de notre maison à l'orée du week end. Je la regarde, troublé. Je rêvais au jardin, allongé dans l'herbe, les yeux dans les nuages. Prendre le temps de la présence. Des larmes sur son visage maintenant. De colère, pas de chagrin. « La mise à mort de soi, sans un mot, est désir de faire de violence à ceux qui restent » lance-t-elle.

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Renan Luce, « Je suis une feuille »

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