25
JAN 09

Conseils de coach

C'est aussi au jardin que j'apprends mon métier : un haut lieu où s'exprime le vivant sous ses formes, infiniment changeantes, créatives, poétiques, exubérantes, imprévisibles…
Un lieu où j'apprends que, malgré tout le soin apporté, certaines créations végètent ou meurent.

Voici un ex-futur article. Ce texte, commandé par un magazine économique pour un projet de chronique mensuelle "Conseils de coach", n'a finalement pas vécu. Après de nombreux allers-retours, puis le regard critique de mon coach littéraire et encore d'autres ajustements, j'ai proposé au journaliste de renoncer. Un article peut-être trop conseil, trop coach, un cocktail improbable. Une autre manière d'écrire que j'ai aimée expérimenter et que je partage ici.

18
JAN 09

Patois systémique 3

J'ai partagé ici et quelques mots sur Les essentiels de la systémique. Des mots clés pour initier une équipe de coachs en entreprise à cette théorie des systèmes vivants et du changement.
Une théorie vivante qui permet au coach d'utiliser tout ce qui est là, sous son nez, présent dans le champ, y compris lui-même !

Voici d'autres mots choisis dans ce patois.

11
JAN 09

Belle et douce année 2009

C'est sur un air de piano,
quelques mots et des lignes à découvrir,
que j'ai le plaisir de vous adresser mes vœux pour cette nouvelle année :


Cliquer sur l'image pour découvrir ma carte de voeux

04
JAN 09

Neutralité ?

Pour ces premiers jours de l'année, voici en partage quelques instants d'un débat autour de la neutralité, la bienveillance, le non-jugement du coach…
Et que se passe-t-il de l'autre côté du miroir ?

28
DéC 08

Une crypte romane

J'entends comme une fêlure dans sa voix. Un tremblement, dès ses premiers mots. Il me dit qu'il a demandé à son psy « d'arrêter l'introspection, les plongées dans son passé ». Et qu'il a entrepris un coaching pour « booster son action commerciale ».
Notre travail a commencé il y a six mois et je prends conscience que nous allons et venons entre ces deux champs : d'un côté son histoire personnelle, ses secrets douloureux ; et, de l'autre côté, son désir de se développer dans son métier de coach. Allées et venues entre passé et futur, blessures et projets, fragilité et désir d'indépendance. Se dessine ici un entre-deux indéfini, mouvant. Un espace grand ouvert qui l'expose à lui-même, qui m'expose aussi.
Il lâche soudain :
- Arrêter de vivre serait une solution.
La fêlure dans sa voix devient cassure. Mon estomac se noue. Je n'ai ni l'envie ni le savoir pour aller dans le monde de Tanatos. Il a demandé à son psy des anti-dépresseurs pour « éviter de passer à l'acte » et ajoute :
- J'aimerais que la solution s'impose d'elle-même, que la vie s'arrête. Là aussi, voyez-vous, je reste en position d'objet plutôt que sujet !

18
DéC 08

Rencontre avec Florence Kazandjian

Il y a eu beaucoup d'étincelles entre nous, la première fois. Comme une attraction des contraires !
Elle évoquait des contes universels, filait des métaphores ; je parlais de mes sources théoriques, je citais Eluard, Tchouang Tseu…
Comme une dessinatrice de BD, elle croquait des situations complexes
au paper board ; j'esquissais des schémas, des modèles avec des flèches, des carrés…
J'ai rencontré Florence lors d'un coaching en groupe de pairs. C'était il y a trois ans, dans une tribu de consultants indépendants.
Nous nous sommes confrontés, frottés à nos différences.
Et puis, j'ai eu envie de découvrir sa planète, ses « Pense-Bêtes » : des créations inédites pour retrouver le pouvoir du bon sens dans des situations bloquées.
Nous avons créé des cocktails, co-animé des ateliers pour des consultants, des équipes de direction…

Florence est devenue une amie. Et j'ai découvert le plaisir de moments d'échange « pour rien ».
J'ai beaucoup de plaisir à l'inviter ici, à l'occasion de la création de son blog.

14
DéC 08

Un exemple de proposition ?

« Auriez-vous un exemple de proposition de coaching individuel ? »
C'est la question d'un dirigeant qui a envie d'être accompagné en coaching et qui, en même temps, hésite.
Je réponds d'abord non car que je n'écris plus de proposition et je préfère clarifier en amont le désir de coaching, la demande explicite, cachée, prescrite et aussi la non-demande…
Mon interlocuteur insiste : « Et une proposition-type ? »

Alors je l'invite à rencontrer des confrères, d'autres « types » de coach : coach sportif / psy-coach, mentor / fan d'outils, homme / femme
Nouveau début d'escalade. Je prends conscience que la question est à l'image de notre rencontre : « avoir du concret, des repères, s'appuyer sur des modèles… » alors que je l'invite plutôt à découvrir ses propres repères, développer son modèle personnel de leadership…
Je sors de ma rigidité qui cache ma difficulté de modéliser ma pratique aujourd'hui. Alors je me souviens d'une proposition écrite il y a longtemps ; une proposition pour un manager à la recherche de son modèle…

09
DéC 08

Marcher en forêt

- Autour de Paris, vous avez Rambouillet, Fontainebleau, Compiègne...
- Rambouillet me rappellera ces longues marches avec mes enfants. Mais aussi avec leur père. Mon ex-époux ! C'est prendre le risque de replonger dans mon passé. De cultiver ma nostalgie. Alors que vous m'invitez à vivre au présent !

L'instant d'avant, Ema m'a parlé de son plaisir de marcher seule « dans le silence de la forêt, loin de Paris, mais c'était il y a longtemps ». Alors je l'ai invité à revivre cette expérience au présent, d'ici notre prochaine séance. Mais ma proposition tombe à plat !
- Ema, vous savez, vous aimez vivre avec votre passé. Vous avez quitté votre mari depuis plusieurs années et il est présent partout avec vous.
- Oui, alors Fontainebleau ou Compiègne ce sera pareil !
- Comment est-il présent ici aussi ?
- Non, il n'est pas vraiment là ! Philippe est juste une évocation, une image qui s'éloigne maintenant.
- Quelle est votre sensation quand vous évoquez son image qui s'éloigne ?
Long silence. Ema me regarde dans les yeux. C'est la première fois. J'ignore la couleur de ses yeux. Elle détourne son regard.

03
DéC 08

Aller dans le monde de l'entreprise

Faire le choix du coaching d'entreprise, c'est se confronter au monde des procédures d'achat, appels d'offre, jury de référencement, négociation…
Des exigences qui n'empêchent pas de cultiver, avec patience, singularité, co-création et de prendre soin de chaque relation…

 

30
NOV 08

Yalom, d'autres histoires de psychothérapie

« Où sont vos pensées, Myrna ?
- Je pense que je suis piégée. Je pense à partir en Alaska où la proportion entre le nombre d'hommes et de femmes est plus favorable. Ou à faire une école de commerce - la proportion est bonne, là aussi.
- Restez ici dans la pièce avec moi, Myrna. Qu'est-ce que ça vous fait d'être là, aujourd'hui ?
- Qu'est-ce que vous voulez dire ?
- La même chose que d'habitude. Essayez de parler de ce qui se passe ici, entre nous.
- C'est frustrant ! Encore cent cinquante dollars d'envolés et je ne me sens pas mieux.
- J'ai donc à nouveau échoué aujourd'hui. Je vous ai pris votre argent sans vous aider. Dites-moi un peu, Myrna ; voyons si, en revenant sur cette heure que nous venons de passer, vous pourriez répondre à cette question : Qu'aurais-je pu faire aujourd'hui ?
- Comment le saurai-je ? C'est pour ça qu'on vous paye, non ? Et de jolies sommes !
- Je sais que vous ne le savez pas, Myrna, mais je veux que vous plongiez dans votre imagination. En quoi aurais-je pu vous aider aujourd'hui ?
- Vous auriez pu me présenter à un de vos patients riche et célibataire.
- Est-ce qu'il y a marqué "Agence matrimoniale" sur mon T-shirt ? »

 

C'est par ce dialogue que commence Double exposition, l'un des six contes de psychothérapie du livre d'Irvin Yalom publié cet été chez Galaade Editions : La malédiction du chat hongrois.

Après un acte manqué du docteur Yalom, alias Ernest Lash, Myrna le mettra à la torture. Elle lui fera vivre « son pire cauchemar de thérapeute », le poussera aux limites de sa pratique en jouant avec son contre-transfert, en allant pleinement dans l'ici et maintenant…

24
NOV 08

De la complicité avec soi

Il arrive à l'heure d'habitude et aujourd'hui, il sonne avec dix minutes de retard. J'ouvre la porte et je vois qu'il a couru. Il a le souffle court. Sa chemise blanche est froissée sous son costume bleu marine impeccable.
Son bureau est à quelques stations de métro et il préfère venir à pied. Il m'annonce : « Je crois que j'ai battu mon record aujourd'hui ! ».

Il m'explique qu'il n'a pas réussi à maîtriser sa réunion, juste avant…
Je l'entends sans vraiment écouter et l'invite à prendre le temps d'arriver. Des gouttes de sueur perlent sur son front jusqu'aux sourcils. Il tente de s'essuyer avec ses doigts, ses mains. Je lui tends la boite de kleenex. Il retire sa veste, se pose enfin. Regards. Long silence après l'agitation.

Charles est directeur du contrôle de gestion dans une entreprise leader dans les télécoms. Régulièrement sollicité par des chasseurs de tête, il change d'entreprise tous les deux ou trois ans. Il pratique aussi des sports de l'extrême. Comme s'il courrait après lui-même ?
Mais aujourd'hui, devant une nouvelle offre séduisante, il hésite : « Pourquoi partir encore ? Pourquoi cette boulimie du changement ? »
C'est sa demande pour ce coaching. Comment l'accompagner dans ce questionnement ? Est-ce vraiment le champ du coaching ?

16
NOV 08

Rencontre avec Emilie Devienne

Elle écrit des livres sur la femme, sur l'argent ou sur la confiance en soi… Elle accompagne des auteurs en devenir, anime des ateliers d'écriture. Elle dirige la publication d'ouvrages collectifs avec des coachs, des thérapeutes…
C'est avec beaucoup de plaisir que j'accueille Emilie Devienne pour cette nouvelle rubrique : Rencontre
singulière avec une personne singulière.

La première d'un jeu à deux claviers où les questions et les réponses émergent au fil des résonances.

09
NOV 08

Coincés

Je marche en forêt, loin du bruit du monde. L'esprit libre. Presque libre. Une partie de moi s'éveille et s'agite en sourdine. Le week end se termine et je pense soudain à mon premier rendez-vous demain matin : une supervision avec Agathe. Pour la première fois, depuis longtemps, l'appréhension monte quelques heures avant une séance. Mais pourquoi cette inquiétude ?

Agathe s'est installée en indépendante depuis deux ans. La jeune femme m'a sollicité pour « enrichir ses pratiques et affirmer son identité de coach. »

La séance d'avant, il y a un mois, Agathe n'avait pas de demande. Alors, j'ai travaillé avec ce qui était là, sous notre nez : notre relation.
Derrière sa peur de l'imposture, Agathe a besoin de reconnaissance. Un besoin qui semble insatiable et que j'ai confronté : « Comment recevoir des autres ce que vous-même ne vous donnez pas ? ». Nous avons tourné en rond, longtemps. Nous avons cherché « l'air de famille » avec une autre histoire peut-être familière, ailleurs et autrefois. Le besoin du regard du père...
Mon inquiétude fait maintenant place à un malaise : Quel a été l'effet de cette séance pour Agathe ? Qu'apportera-t-elle demain ? Comme si j'avais pris son symptôme : la peur d'être disqualifié, le besoin d'être reconnu !
Je me souviens soudain du cas qu'elle avait apporté la première fois : un client qui la faisait « tourner en bourrique », tantôt disqualifiant, tantôt dans une belle énergie de création avec elle. Nous avions pointé ici une relation parfois « sadomaso ». Et aussi ses résonances, son plaisir jusqu'alors informulé, dans l'une ou l'autre position.
C'est peut-être ce jeu qui s'installe maintenant entre nous. Je me souviens aussi de séances annulées à la dernière minute. Agathe m'a alors appris à facturer toute séance annulée !
Je décide de laisser ici cette Agathe imaginaire ; mes projections et mon ego nourrissent une mémoire ancienne : le jeu de la compétition, les rapports de domination.