Art de Changer


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20
aoû 10

Amandine, Amandus

Initiée, entraînée dans les meilleures écoles, psychanalysée aussi, elle voudrait maintenant vivre de sa passion. Vivre de l'art d'accompagner. Alors elle prend le temps de la rencontre. Le temps de rencontrer ceux qui, ici ou là, la remarquent et la découvre. Tous ceux qui aimeraient être accompagnés par elle. Peut-être.
- Et c'est alors qu'ils tombent en amour avec moi, m'annonce-t-elle.
- Et vous-même alors, Amandine ?
Sourire gêné sur ses lèvres de velours. Vague à l'âme dans ses yeux clairs. Sa robe de soie a la couleur de sa peau. C'est une première rencontre aussi. Elle recherche un superviseur.

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13
aoû 10

Séances d'été

« La prochaine fois, si c'est possible, j'aimerais être moins proche de vous ? » Elle m'écrit quelques heures à peine après la séance. La première. Je me rappelle son hésitation avant de choisir sa place. Elle semblait chercher celle que je prendrais. Puis elle s'est coincée tout contre le mur. Et je suis resté là, de l'autre côté de la table. Proche et loin à la fois. Miroir intime, sensible. À fleur de mots.

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22
juil 10

Traversée en solitaire

Je lui offre une tasse de café. Ses yeux sont posés sur moi. L'air du matin est tendre autour de nous. Elle hésite. A-t-elle oublié quelque chose ? Elle ouvre son cahier à spirales, relit ses notes à l'encre bleue. Puis elle énonce, une à une, comme un devoir, les situations qu'elle apporte aujourd'hui. Silence troublé.

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11
juil 10

Cachée dans les sapins

Elles se battent en se portant des coups bas. Dans les couloirs ou les bureaux. Combat non sanglant, mais cruel et toxique. Juste des regards et des mots.
Elle en parle à chaque séance, enragée et dépitée. Rictus au coin de ses lèvres. Grimace qui chahute son visage. Elle voudrait comprendre ce qui l'agite ainsi.
La première fois, j'ai suggéré que cette femme, sa collaboratrice, était peut-être une ombre, un reflet de ce qu'elle rejette au fond d'elle. Part intime, méconnue ou cachée ?

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23
mai 10

Un objet précieux

C'est elle qui maintenant aime m'initier à des jeux inédits. Elle, c'est la femme au ruban dans les cheveux qui, de séance en séance, a perdu le goût des rapports de force.
Son besoin de jouer surgit au moment de clore. Comme si la cloche avait soudain sonné et qu'elle me tirait par la manche dans la cour de récréation. « Je vous invite à choisir un objet personnel, me dit-elle. Un objet vraiment précieux pour vous. »

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26
mar 10

Un étrange pouvoir ?

Supervision en groupe de pairs. Morgane, une jeune coach, veut travailler sur le « pouvoir étrange » que lui donne son intuition : « C'est comme si j'avais la perception intime des maux de mes clients, des blessures de l'âme et de leurs fragilités » déclare-t-elle.
Intrigué et curieux, je l'accompagne pour comprendre ce qui l'effraie et l'attire ici.
La jeune femme évoque alors son histoire de vie. Souvent cabossée, parfois douloureuse. Puis, chacun dans le groupe partage ses résonances devant cet « étrange pouvoir ».
 

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26
jan 10

La douceur des impasses

« Comme vous semblez aimer les impasses ! Toujours coincé dans une voie à une seule issue. Comme dans le ventre maternel !? Je vous superviserais bien sur ce sujet… si vous en aviez la demande. »

Celle qui m'écrit ces lignes n'est pas une sage-femme qui voudrait me sortir de « la matrice ». C'est une coach que j'aime accompagner en supervision.

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27
oct 09

Vulnérable et surdouée

Il était une fois une jeune femme vulnérable et surdouée. Vulnérable car, pour venir au monde et grandir, elle avait choisi des parents qui avaient posé le sceau du secret sur leur histoire ancienne et leurs blessures. Des blessures de l'âme et du cœur, de l'amour et du rejet.
Le secret fermait l'accès à des racines profondes et des sources vivifiantes où se mêlaient le sang noir des esclaves et le sang bleu des nobles.
Elle était surdouée car les blessures de l'amour donnent aux relations une saveur familière que, dès le premier souffle, les enfants savent deviner. Une saveur douce-amère qu'ils apprennent à goûter sans jamais s'empoisonner. L'enfant en grandissant a voulu prendre soin des maux cachés et des paroles informulées. Elle a tenté de soigner ses parents et sa fratrie. Mais en vain car un enfant ne peut jamais vraiment guérir sa famille.
C'est en allant dans le monde que Marie - c'est son prénom - a découvert un antidote aux maux de l'âme. Mais pas tout de suite !

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13
aoû 09

Paradis perdu

« J'ai aimé déposer sur ton corps cette huile aux parfums d'orange et d'amande. Tu fermais les yeux sous les caresses. Le soleil aussi te caressait de ses rayons. Tes lèvres frémissaient. »
Il lit de mémoire quelques lignes d'une lettre écrite à cette femme qu'il aime, qu'il aimait. Elle met fin à l'histoire.

Des premières gouttes de pluie frappent les vitres de la fenêtre entrouverte derrière lui. Un peu de fraîcheur nous enveloppe en cette fin de journée d'été.
« J'ai aimé te rencontrer, poursuit-il la voix et les yeux troublés. J'aimais t'écouter me raconter des histoires. J'ai aimé partager ta compagnie dans cette maison loin du bruit du monde. Une maison d'écrivain aux lisières de la forêt. »
La pluie joue comme une musique autour de ses mots et de sa voix. Il est tombé en amour de celle qui avait « la douceur et le charme d'une fée ». De celle qui est devenue « son amie, son amante, son âme sœur ».

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08
juil 09

Traverser l'impasse

« C'est étrange, j'ai envie de prendre soin de vous ! »
Mes mots la font sursauter. La phrase me surprend aussi. Je ne sais pas encore ce qui suscite cet élan. Elle remplit son verre de l'eau fraîche que j'ai apportée. Elle a des tâches de rousseur sur le nez et les joues. Sa frange bien droite souligne ses longs sourcils bruns et ses yeux verts. J'aimerais savoir peindre.
Elle semble attendre une suite à mes mots. Je questionne :
- Ça vous fait quoi quand je vous dis ça ?
- Je me dis que vous avez pris mon symptôme ! Elle sourit et ajoute : Je prends conscience que je plonge dans la plainte aujourd'hui.
- Et je me croyais allergique à ça !
 

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30
juin 09

Indépendant

« Je veux m'installer en indépendant. J'ai tout préparé pour quitter l'entreprise et créer mon cabinet. Mais je n'arrive pas à franchir le pas ! »
Il pose des mots sur son histoire : il est DRH et a déjà passé six ans dans cette entreprise. Aujourd'hui il s'y ennuie. Il est aussi l'auteur d'ouvrages sur les ressources humaines.
Il est là depuis quelques minutes. C'est la première séance. Il me dit qu'il a fréquenté le divan pendant plusieurs années. Quelque chose d'enveloppant et doux s'installe entre lui et moi. Et si je retenais un instant le fil qui se tisse et nous enveloppe doucement ? Suspendre ce fil pour le mettre en relief. Je lui demande : « Qu'attendez-vous de moi ? »
 

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23
juin 09

L'amie idéale

J'ai rencontré cette amie pendant quelques instants. Âme sœur et confidente bienveillante d'un moment. C'était lors d'une séance avec ma psy !
Elle avait envie de découvrir avec moi une relation que je semble chercher en vain. Une relation où la femme ne serait ni l'archétype de la « bonne mère », ni l'épouse. Ni la thérapeute qui guérit des maux de l'âme, ni la muse qui m'inspire.
Et elle a pour cela choisi le jeu. Elle a d'abord beaucoup tâtonné. Elle est entré dans la peau de différentes figures féminines qu'elle sait importantes pour moi. Je devais lui donner la réplique, mais les mots sonnaient faux.
 

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29
mar 09

A la folie… Pas du tout ?

Il parait que, sur le chemin de la vie, la dynamique de la femme est d'aller de l'intériorité vers le monde. Et que les hommes vivent plutôt l'expérience inverse : ils cheminent du "grand monde" vers l'intime, vers l'essence de l'être.
C'est ce mouvement que j'aime expérimenter à travers l'écriture.
Après Dans l'intimité du coaching, quelques lignes plus intimistes.

 

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28
dec 08

Une crypte romane

J'entends comme une fêlure dans sa voix. Un tremblement, dès ses premiers mots. Il me dit qu'il a demandé à son psy « d'arrêter l'introspection, les plongées dans son passé ». Et qu'il a entrepris un coaching pour « booster son action commerciale ».
Notre travail a commencé il y a six mois et je prends conscience que nous allons et venons entre ces deux champs : d'un côté son histoire personnelle, ses secrets douloureux ; et, de l'autre côté, son désir de se développer dans son métier de coach. Allées et venues entre passé et futur, blessures et projets, fragilité et désir d'indépendance. Se dessine ici un entre-deux indéfini, mouvant. Un espace grand ouvert qui l'expose à lui-même, qui m'expose aussi.
Il lâche soudain :
- Arrêter de vivre serait une solution.
La fêlure dans sa voix devient cassure. Mon estomac se noue. Je n'ai ni l'envie ni le savoir pour aller dans le monde de Tanatos. Il a demandé à son psy des anti-dépresseurs pour « éviter de passer à l'acte » et ajoute :
- J'aimerais que la solution s'impose d'elle-même, que la vie s'arrête. Là aussi, voyez-vous, je reste en position d'objet plutôt que sujet !

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09
dec 08

Marcher en forêt

- Autour de Paris, vous avez Rambouillet, Fontainebleau, Compiègne...
- Rambouillet me rappellera ces longues marches avec mes enfants. Mais aussi avec leur père. Mon ex-époux ! C'est prendre le risque de replonger dans mon passé. De cultiver ma nostalgie. Alors que vous m'invitez à vivre au présent !

L'instant d'avant, Ema m'a parlé de son plaisir de marcher seule « dans le silence de la forêt, loin de Paris, mais c'était il y a longtemps ». Alors je l'ai invité à revivre cette expérience au présent, d'ici notre prochaine séance. Mais ma proposition tombe à plat !
- Ema, vous savez, vous aimez vivre avec votre passé. Vous avez quitté votre mari depuis plusieurs années et il est présent partout avec vous.
- Oui, alors Fontainebleau ou Compiègne ce sera pareil !
- Comment est-il présent ici aussi ?
- Non, il n'est pas vraiment là ! Philippe est juste une évocation, une image qui s'éloigne maintenant.
- Quelle est votre sensation quand vous évoquez son image qui s'éloigne ?
Long silence. Ema me regarde dans les yeux. C'est la première fois. J'ignore la couleur de ses yeux. Elle détourne son regard.

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24
nov 08

De la complicité avec soi

Il arrive à l'heure d'habitude et aujourd'hui, il sonne avec dix minutes de retard. J'ouvre la porte et je vois qu'il a couru. Il a le souffle court. Sa chemise blanche est froissée sous son costume bleu marine impeccable.
Son bureau est à quelques stations de métro et il préfère venir à pied. Il m'annonce : « Je crois que j'ai battu mon record aujourd'hui ! ».

Il m'explique qu'il n'a pas réussi à maîtriser sa réunion, juste avant…
Je l'entends sans vraiment écouter et l'invite à prendre le temps d'arriver. Des gouttes de sueur perlent sur son front jusqu'aux sourcils. Il tente de s'essuyer avec ses doigts, ses mains. Je lui tends la boite de kleenex. Il retire sa veste, se pose enfin. Regards. Long silence après l'agitation.

Charles est directeur du contrôle de gestion dans une entreprise leader dans les télécoms. Régulièrement sollicité par des chasseurs de tête, il change d'entreprise tous les deux ou trois ans. Il pratique aussi des sports de l'extrême. Comme s'il courrait après lui-même ?
Mais aujourd'hui, devant une nouvelle offre séduisante, il hésite : « Pourquoi partir encore ? Pourquoi cette boulimie du changement ? »
C'est sa demande pour ce coaching. Comment l'accompagner dans ce questionnement ? Est-ce vraiment le champ du coaching ?

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09
nov 08

Coincés

Je marche en forêt, loin du bruit du monde. L'esprit libre. Presque libre. Une partie de moi s'éveille et s'agite en sourdine. Le week end se termine et je pense soudain à mon premier rendez-vous demain matin : une supervision avec Agathe. Pour la première fois, depuis longtemps, l'appréhension monte quelques heures avant une séance. Mais pourquoi cette inquiétude ?

Agathe s'est installée en indépendante depuis deux ans. La jeune femme m'a sollicité pour « enrichir ses pratiques et affirmer son identité de coach. »

La séance d'avant, il y a un mois, Agathe n'avait pas de demande. Alors, j'ai travaillé avec ce qui était là, sous notre nez : notre relation.
Derrière sa peur de l'imposture, Agathe a besoin de reconnaissance. Un besoin qui semble insatiable et que j'ai confronté : « Comment recevoir des autres ce que vous-même ne vous donnez pas ? ». Nous avons tourné en rond, longtemps. Nous avons cherché « l'air de famille » avec une autre histoire peut-être familière, ailleurs et autrefois. Le besoin du regard du père...
Mon inquiétude fait maintenant place à un malaise : Quel a été l'effet de cette séance pour Agathe ? Qu'apportera-t-elle demain ? Comme si j'avais pris son symptôme : la peur d'être disqualifié, le besoin d'être reconnu !
Je me souviens soudain du cas qu'elle avait apporté la première fois : un client qui la faisait « tourner en bourrique », tantôt disqualifiant, tantôt dans une belle énergie de création avec elle. Nous avions pointé ici une relation parfois « sadomaso ». Et aussi ses résonances, son plaisir jusqu'alors informulé, dans l'une ou l'autre position.
C'est peut-être ce jeu qui s'installe maintenant entre nous. Je me souviens aussi de séances annulées à la dernière minute. Agathe m'a alors appris à facturer toute séance annulée !
Je décide de laisser ici cette Agathe imaginaire ; mes projections et mon ego nourrissent une mémoire ancienne : le jeu de la compétition, les rapports de domination.

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19
oct 08

Brutal ? (suite)

Vous avez peut-être déjà lu le récit de la première séance avec Nicolas : ce pro de la conduite de grands projets que sa direction jugeait « trop brutal dans ses méthodes, trop violent dans ses relations ».
Nicolas voulait apprendre avec moi à « arrondir les angles ». Mais j'ai eu peur de lui la première fois : il me faisait penser à un ours et je me sentais bien petit devant lui !
C'est au détour d'une question, quand j'ai craqué, que j'ai aussi découvert sa fragilité.

Le coaching s'est poursuivi entre rebondissement, complicité et confrontation.
Voici la suite de l'histoire.


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30
mai 08

Confiance en soi

« Je ne sais pas quelle note lui donner ? Elle n'a pas confiance en elle ! »

Marie-Anne est DRH et accompagne un étudiant dans le cadre d'un tutorat Entreprise-Université. Elle doit clore ce parcours par une évaluation. Nous sommes en séminaire et c'est l'heure de la pause. Elle m'a pris à part, pour un "conseil de coach" !

Elle poursuit :
- Cette jeune femme n'a pas confiance en elle ! Et la note risque de la déstabiliser ?
- Marie-Anne, si pendant un instant, un instant seulement, vous aviez confiance en… confiance en elle…
- Oui ! Et alors ?
- Alors quelle note lui donneriez-vous ?
- J'aimerais une note qui l'encourage !
- Et quelle est cette note ?
- Je ne sais pas trop ? Une note pour l'encourager ne serait pas la réalité !

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17
mai 08

Brutal ?

J'ai eu peur de lui la première fois.
Je me souviens de son entrée. Imposant, il occupe toute l'embrasure de la porte. Je l'accueille et lui tends la main. Il me toise du haut de ses deux mètres. Il hésite, comme s'il cherchait quelqu'un d'autre. Il entre et s'installe. Le fauteuil me semble trop étroit pour lui.
Il se présente en quelques mots : la quarantaine, autodidacte et "pro" de la conduite de grands projets. Il y a six mois, son DG lui a confié la direction d'une équipe d'experts.
Puis il pose son objectif : il doit "professionnaliser cette équipe aux pratiques trop artisanales". Mais aujourd'hui la direction le juge "trop brutal dans ses méthodes, trop violent dans ses relations". Alors il veut "apprendre à arrondir les angles"


Oui, il y avait une forme de brutalité dans ses jugements, dans sa manière d'être avec moi, ou plutôt sans moi. Il m'a fait penser à un ours. Je me suis senti petit devant lui, inquiet aussi. Comment travailler la brutalité, la violence en coaching ?

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16
avr 08

Créer

« Pour moi, c'est comme si notre relation était asexuée… »
Eva pose ces mots quelques minutes à peine après le début de la séance. Je reste sidéré, sans voix, pendant plusieurs secondes…
Je pose mon regard sur son visage, ses yeux couleur noisette. Ses rides naissantes tout autour qui dessinent un sourire, comme à son insu. Nous avons sans doute le même âge. Elle porte un pull noir, soyeux, qui découvre le creux de son épaule… Je me demande ce que je ressens devant cette femme. Tendresse ou affection… Un sentiment qui prend sa source dans les confidences de notre première séance, un secret douloureux, une blessure dans la chair et l'âme…

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27
fév 08

Etre l'ami du coach ?

Vous avez peut-être lu l'histoire de Maud, cette directrice de projet, fusionnelle et troublante qui séduisait son coach ?
Lire : Fusion et dé-fusion
J'ai retrouvé Maud cette semaine pour notre dernière séance.
Dès les premiers instants, j'ai senti que quelque chose avait changé. Mais quoi ?

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05
fév 08

Fusion et dé-fusion

« Comme le chant des sirènes pour les marins d'Ulysse, l'intimité suscite un désir profond et viscéral, auquel personne ne souhaite renoncer.
En même temps, l'intimité partagée exige le dépassement de peurs archaïques, telle la peur de la fusion-confusion, la peur d'être découvert, celle de s'abandonner à cette drogue affective à la fois attirante et dangereuse.
» Willy Pasini.

Cette ambivalence entre la peur et le désir d'intimité est au cœur du coaching : l'alliance entre le client et le coach est aussi un apprentissage de la dé-fusion...
Pour guider son client sur ce chemin "dangereux", le coach ne peut faire l'économie de la supervision et du travail thérapeutique, mieux encore, d'un espace qui conjugue les deux.

Partons à la rencontre de Maud
et de son coach qui n'arrivent pas à clore une séance le debriefing d'un coaching d'équipe...

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24
jan 08

Le superviseur et le consultant


« Quoiqu'on en dise, modifier l'ordre des éléments d'un système
peut suffire à en changer la perception de façon notable.
»
François BALTA


Avec le livre qui parait dans quelques jours, j'ai aussi découvert le plaisir de remercier ceux qui sont à l'origine de cet ouvrage intimiste.
Ce plaisir se tourne d'abord vers les clients qui ont inspiré ces histoires et que j'ai tant aimé rencontrer sur ma route.
Je remercie aussi dans ces premières pages ceux qui m'ont initié à l'art d'accompagner, au-delà des outils et des modèles.
François BALTA, thérapeute familial, est le premier qui m'a fait découvrir à la fois la systémique, la supervision, l'art de la relation... Et aussi le plaisir d'écrire !
J'ai retrouvé mon tout premier article, co-écrit avec François. C'était pour "Générations", la Revue Française de Thérapie Familiale.
Cet article a plus de 7 ans, j'étais alors dans le monde du conseil et de l'expertise, et en même temps, je perçois ici les prémisses de ce qui m'anime aujourd'hui en coaching :
apprendre à désapprendre à chaque instant, lâcher mes rigidités, oser dévoiler et utiliser mes zones ombragées, co-créer avec chaque client...
Voici un extrait de cet article.

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31
dec 07

L'instinct du coach

- N'hésitez pas à choisir la place qui vous va bien. Je reviens avec du thé...
La jeune femme semble hésiter un instant, comme si mon invitation suspendait un mouvement.
Elle me regarde, hésite encore, puis pose son manteau et s'installe dans le fauteuil près de la fenêtre :
- Instinctivement, ma place est plutôt là !

Angéla est coach et j'ai envie de faire écho à son premier mot : "Instinctivement" ; veut-elle parler ici de son intuition ?

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17
dec 07

Et quelle sera votre rémunération ?

C'est par cette question inédite, à cet instant, que je sens que quelque chose me dépasse dans cette rencontre.

Maela est arrivée il y a une trentaine de minutes, à 15 heures précises. Elle a la beauté des femmes des peintures de Gauguin, dans les îles de l'autre côté du monde… En entrant, ses premiers mots étaient :
- J'ai un problème avec le temps, mais aujourd'hui j'ai réussi à ne pas être en retard !
A cet instant, plutôt qu'observer comment Maela prend sa place, installer du creux dans la relation, je partage l'image qui surgit soudain :
- Peut-être que la femme qui voulait être en retard laisse la place à celle qui est présente maintenant.
- J'étais simplement impatiente de vous rencontrer.
Je comprendrai plus tard le sens de cette image étrange qui invite à moins de passé et plus de présent…

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10
nov 07

Qu'y a-t-il dans le sac d'une femme ?

La métaphore du deuil est souvent au cœur des démarches de changement et de coaching ; pour guider son client, l'expert utilise ici le modèle d'Elisabeth Kübler-Ross, cette psychologue américaine qui accompagnait les personnes dans les derniers instants de leur vie.
Guider un client
dans le changement avec cette métaphore, c'est parcourir avec lui un "chemin de croix" douloureux, du déni et de l'abattement vers l'acceptation.
J'ai raconté ici comment naissent alors les histoires qui tuent l'envie de changer… Et j'ai partagé ailleurs comment ce modèle nourrit l'illusion de "maîtriser" une dynamique pourtant 100% naturelle, vivante et qui ne se laisse pas faire !
Avant la mort, il y a la vie... Et il y a une autre énergie dans l'art de changer : l'en-vie, le désir, le plaisir...
Quand un client est au contact de son désir, son entourage est chahuté, son coach est déboussolé...
Car il n'y a pas de mode d'emploi du désir ! Il "suffit" de le vivre pleinement, en conscience, le cultiver à sa source... Et si le coach se laisse bousculer, toucher, il plonge alors dans des instants de grâce...

Voici l'histoire d'
Amélie, jeune femme pétillante qui voudrait devenir manager…

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17
sep 07

Quels outils pour le coach ?

Je vis en cette rentrée de délicieux paradoxes : au cœur de chaque séance, je me sens plus démuni et vulnérable ; et mes outils de coach ne me semblent ici d'aucun secours ; bien au contraire parfois !
Et, en même temps, lorsque j'accède sans résistance à ces espaces intimes où j'ai posé l'étiquette "fragile", "interdit" ou "secret", alors mon client découvre des ressources inédites et créatrices, une plus grande liberté d'être...
Bien sûr, j'ai appris à l'école du coaching que "le coach est son propre outil". Mais j'ai d'abord voulu me nourrir à diverses écoles théoriques, avec de nouveaux modèles. Un besoin insatiable qui m'éloignait de moi-même…

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01
aoû 07

Désirez-vous m'accompagner ?

C'est une question qui surgit parfois à la fin d'une première rencontre. La question me cueille par surprise et pointe une hésitation encore informulée.
A la recherche de son coach, le client perçoit ce flou et questionne alors sans détour.
Mon hésitation est le signe d'une résonance, d'une projection ou d'un jeu transférentiel que je ne sais pas encore reconnaître.
Je sais seulement, à cet instant, que ce client-là vient chatouiller des démons personnels.
Partons à la rencontre de quelques diables…

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05
juil 07

Charlotte a son bac

Imaginer que les Anges habitent le paradis, c'est se priver du plaisir de vivre avec les anges qui nous entourent, bien vivants et tout proches de nous.
C'est chaque jour un grand bonheur pour moi de contempler
Charlotte, ma fille, la voir déployer ses ailes, la sentir vivre, savourer le plaisir de vivre…

Et parfois, les anges sont inquiets...

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