02
MAR 14

Mars & Vénus au bureau

- Y-a-t-il des façons vraiment si différentes de diriger entre hommes et femmes ?
- Oui, je crois. Ainsi, au matin entre les draps, l'homme dit : "Je peux être contre toi !" Et la femme demande : "Je peux venir avec toi ?"

C'était ma réponse vagabonde à la question de Lucie Benhamou, journaliste et réalisatrice pour Elephant Store et pour un reportage sur l'égalité hommes-femmes en entreprise et le leadership au féminin : 
"La parité : au nom de la performance !"
Repéré ici comme "un expert des femmes", j'ai aimé répondre avec le matériau de mes relations familières ou singulières, de mes fantasmes et analyses sur le divan, de mes recherches fondamentales et appliquées, avec Eva et celles et ceux que nous accompagnons en duo, en groupe et en fédérations de coachs.
L'émission a été diffusée jeudi dernier sur BFM TV - Les Sagas de BFM Business - et le sera sur d'autres ondes aussi.
Voyage au pays du Soleil Levant et puis de la Terre de glace, dans les usines à fabriquer des autos ou de l'argent, chez McInsey et puis là, à l'atelier en bord de ciel, sous le plafond de verre. C'est un reportage passionnant et porteur de plein d'idées inédites, je trouve.

 

22
DéC 13

Une femme tue son psy

Après "l'espace analytique en coaching", une nouvelle journée avec Jean Marie von Kaenel, psychanalyste et écrivain, ami et voisin. Ce sera le vendredi 28 mars à l'Atelier des Jardiniers : Contre-transfert & Interprétations
Et pour préparer cet atelier-là, Eva et moi on aime bien partager avec Jean-Marie des livres qu'on aime. Oh ! pas des ouvrages théoriques ou cliniques mais des romans délicieux. Ainsi le premier roman de Julia Deck paru l'été d'avant aux éditions de Minuit : VIVIANE ELISABETH FAUVILLE.
Quand une patiente assassine son psychanalyste ! Coup de folie passager ? Vengeance ? Étape ultime du transfert ? Pas si simple !

 

18
AOU 13

Les poissons ne ferment pas les yeux

J'avais aimé parler ici d'un petit livre angélique d'Erri De Luca : Au nom de la mère. Et cet autre livre-là est tout aussi délicieux. C'est comme la première étoile qui apparaît dans le ciel. Un voyage vers cet instant de la vie entre l'enfance et après, là où on apprend à la fois la douceur des baisers et la cruauté du monde.
Un livre à savourer allongé dans l'herbe, sous le ciel.


"Et elle se laissa glisser sous l'eau. Je plongeai moi aussi pour la faire remonter et elle me prit la main. Nous sommes sortis pour respirer, elle tenait toujours ma main. [...] Je n'avais jamais rien touché d'aussi doux jusque-là. Pas même jusqu'à aujourd'hui, maintenant je le sais. Je lui dis que la paume de sa main était mieux que le creux d'un coquillage, pendant que nous regagnions le rivage, détachés. « Tu sais que tu as dit une phrase d'amour ? » dit-elle."

07
AOU 13

Je vais mieux

« - Intensité de la douleur : 7,5.
- État d'esprit : au bord du gouffre. »

La douleur intense ici, c'est juste en bas du dos du narrateur. Une douleur soudaine et qui fait comme des montagnes russes quand tout se déglingue à la quarantaine : pièges sournois et relations sadiques au bureau, anésthésie affective et naufrage du couple, crise comme jamais avec les parents
Examens médicaux, ostéopathe, magnétiseuse, amour tarifé ou séance chez le psy rien n'y fait. Bien au contraire.
Entre la douleur du corps et le mal-être, il y a comme une équation complexe.
Et c'est quand les résistances lâchent enfin que cette équation-là semble se résoudre. Une équation à une inconnue.

Un bon roman pour la plage, quand la marée est basse.

David FOENKINOS - Je vais mieux - Gallimard - Janvier 2013

31
MAI 13

En moins bien

« Essayez-ça ! » il m'a dit en me tendant ce livre-là ; en douce, comme un dealer amoureux de sa came. Et ce livre, il est allé le chercher dans un rayon particulier, pour moi qui cherchais un roman qu'il n'avait pas et que j'ai oublié depuis. Et il a ajouté, comme s'il écrivait là, en live, la quatrième de couverture : « Tout simplement déjanté et féroce, tragique et abrasif ! »
Mais pourquoi alors il me passait ce livre, à moi qu'il ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam ?

Peut-être parce que dans ces pages, il y a une biche psychopathe et blessée, une femme belle comme une apparition. Une épidémie de suicides sur une dune qui chante. Un allemand qui tourne en rond au pied de la dune. Un ange dépravé. Un pélican hargneux tellement il est affectueux. Une Chevrolet Impala rouge qui feule comme un chat. Un narrateur qui a le don inouï d'attraper les étoiles au lasso.

Ici tout est fictionnel autobiographique. Et ce livre, c'est comme une étoile attrapée au lasso. Une fable sur la vie, l'amour et la mort. Vraiment déjantée et féroce ; comme la vie, l'amour et la mort. À savourer encore et encore.

En moins bien, Arnaud Le GuilcherStéphane Million Editeur.

 

16
NOV 12

La gardienne du château de sable

Ce qui se découvre aussi au fil des voyages en enfance, là-bas sur le divan d'elle, ce sont les instants oubliés par-delà l'indicible, les secrets et le fil de fer barbelé.
Et c'est pour ça sans doute que cet auteur-là, Christian ESTEBE, amoureux de la femme première, m'accroche aussi et me trouble tant. 

 

04
NOV 12

AMOUR

- Qu'est-ce qui se passe avec Maman ? Pourquoi tu décroches pas ? Depuis notre dernière conversation, je t'ai laissé quatre messages ! Pourquoi tu rappelles pas ?
- Excuse-moi, je n'écoute pas les messages. Pardon.
- Mais, tu peux pas te douter qu'on s'inquiète ?
- Votre inquiétude ne me sert à rien. Non, ne le prends pas le mal… C'est pas une critique, mais je n'ai pas le temps de m'occuper de votre inquiétude. Voilà c'est tout !
- Papa !!
- Non, arrêtons cette conversation. Ta mère, comme on pouvait le prévoir, va mal tout le temps. Elle est de plus en plus comme un enfant sans défense. C'est triste et humiliant. Pour elle, comme pour moi. Et elle ne veut pas qu'on la voit dans cet état. […] Vous avez votre vie, c'est bien comme ça ; laissez-nous la nôtre. D'accord ?

C'est un extrait du dernier film de Michael Haneke, 
« Amour », couronné par la Palme d'Or. Un film sur la vie qui se délite et le plus intime de nos cauchemars ; servi ici par l'expérience de vie d'Emmanuelle Riva, magistrale, et Jean-Louis Trintignant, grandiose.

 

28
SEP 12

Les heures souterraines

La détresse silencieuse et l'ultramoderne solitude, l'absurde et la barbarie ordinaire, le désespoir au féminin et au masculin, en entreprise et ailleurs On pourrait croire que pour lire un livre comme ça, après Rien ne s'oppose à la nuit, ça ne va pas fort en ce moment ; mais non, pour voyager en compagnie de Delphine de Vigan, il faut avoir le moral bien accroché.
Un livre qui, une fois refermé, invite à partir loin de la ville, prendre un bain de forêt, écouter le chant du vent. 

 

07
SEP 12

Salut Marie !

J'aimais imaginer écrire ici quelques lignes sur ce roman délicieux et tendrement mélancolique d'Antoine SENANQUE et de mon été indien, et, en même temps, les créations singulières et en duo avec Eva (La thérapie pour agir, Psychanalyse et supervision, Mars et Vénus sur le divan…) me portent ailleurs et un pas plus loin sur le chemin des mésalliances fécondes et insolentes de cette rentrée.
Alors voici simplement quelques bouts des pages cornées de ce roman insolent aussi et à savourer sans attendre.

 

20
AOU 12

Tendre et loufoque

J'ai aimé tourner doucement, tout doucement, au bord des vagues et puis de la cime des montagnes, les pages de ce livre-là. C'est une histoire de l'amour et de la sensualité, du premier amour quand il dure longtemps, longtemps, au-delà des accros du quotidien et des déchirures de la vie. Avec les amours hors-piste et la mort aussi. 
C'est ironique et pétillant, tendre et loufoque. C'est Foenkinos.
L'auteur aussi de La délicatesse.

 

13
JUN 12

Douceur obscure

L'intime et l'insoutenable, la violence ordinaire et de l'enfance, les blessures secrètes et la fabrique de la folie Quand Delphine de Vigan plonge sa plume dans l'encre noire de son histoire, c'est captivant et bouleversant ; de la première à la dernière page, et au-delà.
Autopsy des liens familiaux, des fines traces et des ombres de jadis, de leurs effets secondaires et en sourdine, longtemps après et tout autour.

19
FéV 12

Freud, Jung et Sabina Spielrein

En écho au film A dangerous method, encore sur les écrans en ce moment, un article d'Élisabeth Roudinesco, historienne et psychanalyste, sur les relations singulières et complexes entre les deux fondateurs de la psychanalyse et Sabina Spielrein, amante de l'un, disciple de l'autre.

Entre Freud et Jung, entre le maître viennois et son disciple suisse, l'histoire a retenu une grande amitié, mais aussi une rupture fondamentale, à l'époque où s'élabore et s'affine l'une des plus grandes découvertes scientifiques du XXe siècle, la psychanalyse.

28
JAN 12

Les merveilles

Là, avec délice, je suis au beau milieu d'un roman vraiment étonnant : Les merveilles.
Ça commence dans le huis clos d'une famille bien ordinaire où se mêlent le barbare et l'impossible douceur, le drame et l'anamour, les prémisses de la folie.
Une histoire qui va mal finir, écrite par Claire Castillon une femme qui ressemble à une fée mutine et qui, en couverture, se montre en étrange compagnie d'un jarre. Empaillé, j'imagine !
Une auteure étonnante dont je sens que je vais savourer les autres créations d'avant et de demain.
Quelques extraits en partage ici et sans attendre la fin.