23
FéV 10

Supervisions

Les ouvrages sur la supervision sont trop rares pour ne pas les signaler.
Loin des manuels pratiques et des guides techniques qui foisonnent en coaching, encore réservés au champ de la psychanalyse et de la psychothérapie, ces livres nous invitent
à la réflexivité et à un retour aux sources de notre métier.
« Supervisions » est un bel ouvrage collectif
, publié par la Revue de la Société Française de Gestalt. Il réunit des articles de superviseurs, gestalt-thérapeutes, et des témoignages de supervisés. Avec des vignettes cliniques, des éclairages théoriques, des lignes toujours sensibles et souvent poétiques. Car la gestalt, art du contact et de la présence, est aussi source de poésie !

Voici un extrait en partage.


06
JAN 10

Eros & Thanatos en entreprise

Psychanalyse des passions dans l'entreprise. C'est le titre du livre de Roland Brunner paru l'été dernier aux éditions Eyrolles. L'auteur est psychanalyste et coach. Sa vision est singulière, polémique et décapante. La quatrième de couverture donne le ton : Faut-il être masochiste pour travailler dans l'entreprise ?
Certains chapitres aussi : Violence et passion. Le sexe des anges. La mort aux trousses. Les damnés du travail. La nef des fous
J'avais le projet d'en terminer la lecture (passionnée !) pour vous inviter à le lire. Mais je savoure tellement chaque chapitre – de courtes chroniques, qui conjuguent éclairages psy et questions/réponses, sur les pulsions mortifères et besoins d'amour, addictions et jeux pervers qui se trament dans les coulisses des organisations – que le temps passe. Alors, sans plus attendre, je choisi ici un extrait et vous recommande de plonger dans cet ouvrage. 
Déconseillé aux âmes sensibles. Incontournable pour celui qui pense qu'en se changeant soi-même « il est possible de changer son rapport à l'autre, au groupe et par là même qu'il est possible de changer un coin de société. »

 

25
OCT 09

La femme à venir

Il est des livres des écrivains dont on tombe amoureux. Beaucoup. Passionnément. A la folie !
Alors, comme la dégustation verticale d'un vin rare et de ses millésimes, le jeu gourmand est de se laisser glisser entre les pages et les lignes de ses romans. Et s'abandonner à l'imaginaire de l'auteur, écouter la musique de son âme
entre les mots et ainsi se rencontrer soi.

Après « La folle allure », découvert dans une maison d'été et de pierre, j'ai aimé savourer un autre roman de Christian Bobin : « La femme à venir ».

 

30
AOU 09

La folle allure

Un livre de Christian BOBIN, découvert sur une étagère dans la dernière maison des vacances d'été.
Un roman, un journal inti
me, un conte, de la poésie en prose où les mots sont des notes de musique pour l'âme. Et chaque page une gourmandise pour le cœur.
Un livre précieux qui parle de notre part d'enfance, de notre part de liberté, de l'amour, de l'écriture, de la vie…

Un livre à savourer et offrir.

 

11
AOU 09

L'espèce fabulatrice

Je profite d'une escale de quelques jours par ici pour partager une lecture de l'été :
L'espèce fabulatrice de Nancy Huston, publié chez Actes Sud dans la collection Un endroit où aller.
Cet essai philosophique est un bel endroit où aller… se poser, s'interroger, comprendre, voyager, réfléchir.
Aller se poser aux côtés de cette auteure, née au Canada et qui vit en France, romancière, essayiste et aussi musicienne.
Un endroit pour s'interroger sur « A quoi ça sert d'inventer des histoires, alors que la réalité est déjà tellement incroyable ? »
Pour comprendre comment « la narrativité s'est développée en notre espèce comme technique de survie » face à notre fragilité et notre besoin de Sens ; comment notre cerveau est un conteur inénarrable qui fait notre humanité.
Un livre pour voyager à travers les fictions et les croyances, primitives ou modernes, riches ou pauvres, belles ou brutales, familiales, tribales, religieuses ou politiques, qui donnent forme et sens à notre vie.
Pour réfléchir sur les fables intimes qui engendrent l'amour et sur les récits guerriers qui engendrent la mort.
Un essai, philosophique et poétique, pour rester le romancier du livre de sa vie.

07
JUN 09

« Tout est dans la tête »

C'est le livre d'un non-psy… sur l'histoire d'un psy qui déprime, sur ses fantasmes, ses relations avec ses patients, avec sa femme

Le bandeau rouge sur la couverture annonce l'intrigue : Il a besoin d'un psy. Le problème, c'est qu'il en est un lui-même
L'auteur, Alastair Campbell, était journaliste et conseiller politique de Tony Blair.
 
19
FéV 09

La peau froide

Parfois un client me suggère la lecture d'un livre, un autre m'offre un roman. C'est un ouvrage qu'il a aimé ou qu'il imagine que j'aimerais.
Je reçois ce cadeau surpris et toujours ému. J'oublie mes questions de coach sur le sens de ce geste ou le "jeu transférentiel" qui se crée ici !
A l'instant où elles surgissent, je devine que ces questions sont comme une protection, un empêchement de recevoir tout simplement.

Et ces livres me ravissent.
"La peau froide" d'Albert Sánchez Piñol est l'un de ces romans étonnants qui
me fait voyager en ce moment loin de ma planète habituelle.
Avec cette sensation rare et délicieuse qui mêle à chaque page l'impatience de découvrir la suite et l'envie de prolonger l'instant.
Merci à vous, chère M, pour ces matins en compagnie de la sirène aux yeux d'opale.

 

30
NOV 08

Yalom, d'autres histoires de psychothérapie

« Où sont vos pensées, Myrna ?
- Je pense que je suis piégée. Je pense à partir en Alaska où la proportion entre le nombre d'hommes et de femmes est plus favorable. Ou à faire une école de commerce - la proportion est bonne, là aussi.
- Restez ici dans la pièce avec moi, Myrna. Qu'est-ce que ça vous fait d'être là, aujourd'hui ?
- Qu'est-ce que vous voulez dire ?
- La même chose que d'habitude. Essayez de parler de ce qui se passe ici, entre nous.
- C'est frustrant ! Encore cent cinquante dollars d'envolés et je ne me sens pas mieux.
- J'ai donc à nouveau échoué aujourd'hui. Je vous ai pris votre argent sans vous aider. Dites-moi un peu, Myrna ; voyons si, en revenant sur cette heure que nous venons de passer, vous pourriez répondre à cette question : Qu'aurais-je pu faire aujourd'hui ?
- Comment le saurai-je ? C'est pour ça qu'on vous paye, non ? Et de jolies sommes !
- Je sais que vous ne le savez pas, Myrna, mais je veux que vous plongiez dans votre imagination. En quoi aurais-je pu vous aider aujourd'hui ?
- Vous auriez pu me présenter à un de vos patients riche et célibataire.
- Est-ce qu'il y a marqué "Agence matrimoniale" sur mon T-shirt ? »

 

C'est par ce dialogue que commence Double exposition, l'un des six contes de psychothérapie du livre d'Irvin Yalom publié cet été chez Galaade Editions : La malédiction du chat hongrois.

Après un acte manqué du docteur Yalom, alias Ernest Lash, Myrna le mettra à la torture. Elle lui fera vivre « son pire cauchemar de thérapeute », le poussera aux limites de sa pratique en jouant avec son contre-transfert, en allant pleinement dans l'ici et maintenant…

24
AOU 08

La distance intime

Sur la plage, avant de plonger dans de délicieux ou poétiques romans d'été (L'éducation d'une fée , Clair de femme…), un livre exceptionnel et passionnant m'a d'abord tenu compagnie : « La distance intime, Tendresse et relation d'aide » d'Alain DELOURME.

C'est un ami, DRH et coach, qui me l'a recommandé et prêté, car hélas l'ouvrage est épuisé (si vous êtes "patient", vous pouvez l'acheter d'occasion sur le web).
Exceptionnel et passionnant car l'auteur, psychothérapeute et superviseur, nous invite à une association stimulante de différentes démarches au carrefour de la philosophie, de la psychanalyse et des thérapies psycho-corporelles (gestalt, bioénergie…).
Mais les techniques sont ici secondaires (« leur valeur repose largement sur celle des thérapeutes qui les utilisent »), car le projet est de décrire « non une nouvelle méthode mais une mentalité renouvelée » autour de l'engagement relationnel, la « relation vive », son éthique, sa valeur dans le changement…
L'implication affective entre le praticien et le client, la tendresse réciproque, assumée et exprimée sont au cœur de ce projet.

Un projet qui, au fil des pages et des expériences partagées, nous emmène par-delà les tabous (plaisir et joie dans le tissage du lien) et par-delà les croyances bien établies (le primat de l'inconscient ou du passé, la neutralité bienveillante du thérapeute, son absence d'ambivalence…).
Par-delà aussi les alternatives stériles : il ne s'agit plus de choisir entre travail émotionnel ou reconnaissance du transfert, implication dans le lien ou réflexion distanciée… Ces alternatives sont remplacées par des articulations fécondes : affectivité et réflexivité, implication et distanciation…

Je partage ici de larges extraits qui m'ont ressourcés, en particulier sur la tendresse, le cadre, l'alliance, le plaisir dans la relation…
Vous y trouverez peut-être aussi des échos, des pistes, des ouvertures…

28
JUN 08

Amitié et psy

Je partage depuis quelques semaines, ici et là, le plaisir de plonger dans un livre étonnant : Lettres à une jeune psychanalyste de Heitor O'Dwyer de Macedo (publié chez Stock, collection l'autre pensée).
Etonnant et même "révolutionnaire" nous dit la quatrième de couverture !

Révolutionnaire car l'auteur, brésilien, appartient à cette génération contrainte à l'exil, après le coup d'État militaire en 1964 au Brésil.
A cette époque, dans la cité latino-américaine, la pensée était la seule arme face à la dictature et la brutalité. Il n'y avait alors « pas de différence entre la psychanalyse, le courage et la nécessité de penser, l'exigence de créativité maximale et l'engagement permanent dans le monde. »

Révolutionnaire aussi quand l'auteur postule que l'amitié est le ressort de la relation entre le psy et son patient, le ressort et le support du transfert : « L'éthique de la psychanalyse et l'éthique de l'amitié sont la même chose. »
C'est aussi l'amitié qui relie l'auteur de ces lettres à la jeune psychanalyste, son élève qui le bouscule dans ses habitudes, ses modes de pensée. Lui aussi la "bouscule" ! Comme deux compagnons qui cheminent et partagent passionnément leurs théories, leurs questions et leurs pratiques.
L'amitié est aussi présente lorsque l'auteur parle de ses maîtres : Françoise Dolto, Gisela Pankow, Victor Smirnoff... Il leur rend ici hommage et nous transmet un peu de leur pratique passionnée et vivifiante.
Certaines lettres sont didactiques, parfois ardues, réservées alors aux initiés ou aux coachs qui n'ont pas peur de leur ombre de la psychanalyse comme une source féconde pour notre métier.

Voici le début d'une lettre qui vous donnera peut-être envie de visiter l'atelier de cet artisan amoureux de son art et qui partage sa passion pour « toutes les fragilités délicates qui constituent une existence humaine. »

 

30
JAN 08

Le coach vu de l'intérieur

C'est le titre du communiqué rédigé avec notre attaché de presse pour l'ouvrage "Dans l'intimité du coaching" qui parait aujourd'hui en librairie, dans les FNAC
Alors que j'aime accompagner les coachs pour trouver leur singularité, j'étais bien démuni quand Sabine Arman m'a questionné : "Et quelle est l'originalité de votre ouvrage ?"
Elle est, je crois, dans
l'immersion au coeur de chaque expérience, sans masque et sans l'illusion rassurante des outils.
Voici le
texte diffusé aux journalistes.
Je souhaite que ces récits de coaching vous mènent sur des chemins créatifs et singuliers…

15
JAN 08

Yalom, un conteur au coeur de l'être et de la relation

Le bourreau de l'amour, Et Nietzsche a pleuré, Mensonges sur le divan... Chaque roman d'Irvin D. YALOM me bouleverse, me questionne et me ressource dans ma pratique.
Ce thérapeute et romancier nous bouleverse car il se dévoile sans détours, il nomme ses failles, ses peurs et ses désirs, il nous raconte comment il chemine avec chaque client au cœur des pressions existentielles : la liberté, la solitude, la peur de la mort, la quête de sens...
Yalom est venu en France cet automne. Le magazine Psychologies lui a consacré un bel article dans son numéro de décembre. L'événement réunissait ses lecteurs, des philosophes, des psychanalyses et aussi des thérapeutes gestaltistes car la gestalt prend ses sources dans la philosophie existentielle.
Yalom anime chaque conférence comme il écrit ses romans, comme un conteur. Plonger au cœur de séances réelles est sa manière de montrer que "le
cœur" de la thérapie c'est la relation entre le client et son thérapeute.
Yalom est une source d'inspiration vivifiante pour les coachs qui aiment aussi aller par-delà les outils, co-créer avec chaque client...

La conférence a été enregistrée. En voici un extrait que je mets en forme ici. C'est une séance en écho à « Comment les questions existentielles arrivent-elles au cours d'une thérapie ? Et comment vous travaillez avec ces questions pour faire progresser le patient ? ».
Yalom chemine ici avec un autre thérapeute, mais il ne parle ni de cadre de référence, ni d'outils ! Il partage simplement à parité avec son confrère sur le besoin de fusion, son désir pour une cliente, l'angoisse de la mort, le "job d'un parent" face à cette angoisse...
Il apporte aussi des éclairages sur son travail dans l'ici et maintenant, sur l'expérimentation et comment, pour devenir thérapeute (ou coach !), "il faut vraiment que nous allions écouter ces chiens sauvages qui hurlent dans notre cave".

17
OCT 07

Répéter ou se libérer ?

« Amédée avait toujours été un enfant très gentil. Un peu trop obéissant peut-être, soucieux d'être comme il faut, jamais en retard, cahiers propres, chemise boutonnée. Curieusement, ce conformisme l'a désocialisé. Il n'aimait pas sa mère et ne pouvait s'en dégager. Son adolescence est devenue douloureuse d'ennui car il était soumis à cette femme qui s'occupait de tout avec tant de compétence qu'elle effaçait, sans le vouloir, son fils et son mari. Jusqu'au jour où Amédée, pour se sentir plus fort, a décidé de l'affaiblir. […] »

C'est un extrait d'un livre de Boris Cyrulnik : Parler d'amour au bord du gouffre (Odile Jacob, 2004).
Passionné par l'énigme de la "répétition" qui nous conduit à rejouer des scénarios de vie pourtant douloureux (des clients, des amis, moi aussi parfois !), j'ai découvert ce livre qui montre comment la "répétition n'est pas une obligation !"
Dans ce livre étonnant et sensible, Cyrulnik développe ses travaux sur la résilience, analysée ici comme "le refus de se soumettre aux discours des contextes familiaux, institutionnels ou culturels qui prophétisent le malheur".
Ainsi, l'adolescence et aussi la rencontre amoureuse représentent une "période sensible", un tournant propice pour modifier des représentations négatives de soi, remanier les apprentissages relationnels, transformer le style affectif...
Lire la suite du récit d'Amédée et son "travail de dégagement" pour créer une histoire alternative avec
ses ressources, son entourage...