01
SEP 15

Des fois elle passe par l'Opéra

"Ils ont posé une grosse plaque d'acier sur le distributeur de billets alors je ne pourrai pas encore vous régler aujourd'hui."
La semaine dernière, elle avait préféré arriver en retard pour retirer de l'argent parce que la fois d'avant c'était le contraire, elle était pile poil à l'heure mais sans l'argent parce que c'était beaucoup trop juste. Alors à la fin de cette séance-là elle m'avait demandé : "Je peux aller retirer du liquide et remonter si vous voulez ?" (Tiens, j'avais jamais pensé à ça.)

Sa psy d'avant était conventionnée, alors j'imagine que sortir de l'argent c'était pas une question.

21
AOU 15

Psychanalyse en entreprise

« Par les temps qui courent chacun de nous a beau jeu de s’insurger contre la sauvagerie et la violence des hommes au-dehors et à l'entour. Mais la violence et la barbarie sont en chacun de nous aussi. [Libres associations sans censure ni morale, voyages en enfance et reviviscences alors, sur divan ou canapé, pour prendre soin de détricoter ce qui nous torture et nous enferme au fond, ce qui se répète à notre insu et qui vient de loin parfois. »

C'est ainsi que j'aimais évoquer l'histoire d'un accompagnement dans une banque et sous le signe du "harcèlement inversé" : Humaine nature
Ces violences, à l'endroit ou à l'envers, et bien d'autres encore étaient devenues ma spécialité dans cette banque-là ; alors quand la DRH m'a sollicité pour un "nouveau cas", épineux et bien entremêlé avec un autre, j'ai aimé passer le relais à Eva.

Eva qui, pour accompagner ne s'embarrasse pas de tous les détours du coaching (ses rites et ses raccourcis, ses facilités et ses vérités) et qui aime prendre le temps, là sur son blog, de faire le récit tout à la fois de ce passage entre nous ("transfert du transfert", toujours si sensible) et de ce "cas"-là.

Récit intime et subjectif « … parce qu'il n’y a que par le récit que nous pouvons rendre compte, nous approcher, du vivant de nos séances. Tout sauf un acte clinique au sens d’un savoir doctoral. Clinique au sens du au chevet de celui, singulier, qui nous confie, vulnérable, tout ce qu’il contient à peine. Et dont nous ne saurons rien. Simples passeurs. » écrit-elle.

 

09
NOV 14

Management au naturel

Timehop, cette mini appli qui fait des sauts dans le passé, qui fourrage au fil de mes posts, a fait resurgir une histoire de coaching avec un manager genre "médecin des forêts". Cette histoire parle de shinrin-yoku (le terme japonais pour les balades et les "bains de forêt") et de groupes Balint avec des compagnons forestiers : De l'analyse en groupe.

Et comme cette note de blog est écrite sur un mode poétique ou un conte au pays du management (mais c'est vraiment pas un fake !), j'ai tendance à la cacher pour ne pas trop casser mon image. Et puis aussi, la tête de ce manager-là était mise à prix par une organisation syndicale, au début et tout au long de l'accompagnement.
Mais c'est trop dommage je me dis aujourd'hui, alors je l'ai partagée avec un de ceux qui dirigent cette organisation et que j'accompagne au long cours et sur le mode de la frugalité joyeuse !

Voici son témoignage sensible aussi et en écho. Au naturel.
 

25
OCT 14

Tout ce que vous avez voulu savoir sur votre coaching

Qu'est-ce qui s'est tramé avec votre coach au fond ?
Qu'est-ce qui vous a permis de dépasser une crise ou de passer un cap et d'enclencher le changement ? Sans magie ni logique apparente pourtant ?

C'est parce que vous avez une manière bien singulière d'entrer en relation, de tisser des liens et de résoudre vos enjeux. Et cette manière-là est un jeu familier qui vient de loin, un jeu de "transfert" disent les psys.
Ça crée l'alliance et ça facilite le travail avec votre coach et, en même temps, c'est une répétition. Un jeu d'enfance, limité et souvent anachronique.

En psychanalyse, il s'agit de laisser ce jeu-là se découvrir et se dénouer au fil des séances. En coaching d'entreprise, c'est toujours profondément agissant aussi, mais c'est rarement nommé hélas. Parce que le coaching est "orienté solutions", parce que le temps presse et que ces élasn, ces mouvements-là sont ignorés ou tabous.

Et puis, pour percevoir et mettre à jour ces jeux-là, leurs nuances et leurs effets, et vous ouvrir alors à bien d'autres jeux, ça suppose que le coach ait fait un travail sur lui-même, en profondeur et au long cours.

04
SEP 14

Comme une éponge à gratter

A l'université de Paris 2, pendant l'été, les étudiants notent les enseignants du Master Coaching.
Ça reste anonyme, ça permet à chacun de liker, de détester, de commenter, à distance
 entre passion et rébellion, remuance et recul, ici

Et moi, ça me permet d'aller un pas plus loin aussi pour l'année qui s'ouvre.

 

18
JUN 14

C'est fou l'effet que ça fait

- Cette manière que vous avez d'être là, comme ça, avec nous, il me dit.

Il m'observe. Je me demande ce qu'il me veut, ce qu'il veut dire. Lui, c'est le boss. Et on est trois, là, autour de la petite table ronde, dans son bureau. À côté de lui, il y a elle. Elle que j'ai accompagnée. Elle qui voudrait lui piquer sa place, bientôt. Elle lui a dit ça dès le début du coaching, 
comme ça, sans se démonter. Enfin, c'était pas vraiment le début parce qu'elle avait pas envie de cette rencontre à trois. Alors ça s'est programmé, annulé, ça a traîné. J'ai laissé faire. Et puis ça s'est fait.

24
AVR 14

Affect model

Recevoir chez soi ou dans un atelier, se faire payer sur devis ou à coup de marteau, être accro au "combat thérapeutique" ou aimer se faire raconter des histoires "dominantes ou préférées" le "business model" du coach vient de bien loin souvent.
Et il est truffé d'affects singuliers. Alors parfois ça fait des nœuds au fond

*

23
JAN 14

Quel âge avez-vous ?

- Mais le coaching ce n'est pas censé servir à ça !, elle lâche soudain, coupée dans son élan par je ne sais quoi.
Et "ça" c'est son humeur sombre du matin qu'elle apporte là avec elle et qui lui colle à la peau ; et avec ça, son envie de pleurer. Et puis aussi tous les morts qui semblent l'entourer, qui peuplent sa mémoire.
C'est comme si elle vivait dans un cimetière, je me dis. Je pourrais lui demander "à quoi c'est censé servir le coaching ?" mais je préfère remonter à la source avec elle :
- Qui vous empêchait de dire votre humeur sombre ?, je lui demande.

02
NOV 13

De l'analyse en groupe

Des fois il me raconte des histoires de biches et de chevreuils dans les sous-bois et à l'orée des forêts. Et ça m'émerveille alors.
Il dit que les chevreuils sont des animaux délicats, contrairement aux cerfs ; ils cherchent les nourritures les plus fines, ils ne broutent pas indifféremment toutes les herbes… Ils sont les jardiniers de leur territoire.
C'est lui qui avait sonné très tôt un matin de l'hiver avec dans ses cheveux trois flocons de neige. Il avait traversé la tempête à vélo pour venir jusqu'ici.
Et là il me dit que lorsqu'
il découvre parfois, au cœur d'une parcelle, des châtaigniers blessés ou des charmes malades alors ça lui fait mal au fond. Mais il ajoute qu'il connaît bien et d'emblée les remèdes pour ces blessures et ces maux-là. Il est le médecin des forêts.

Mais il dit qu'il doit diriger ceux qui prennent soin de ces arbres-là et de toutes les parcelles autour des châteaux royaux, à des lieues de la ville monstre. Il sait bien aussi que vouloir diriger les forestiers c'est impossible. Pédagogie noire ou blanche, monitorat ou tutorat Il a déjà tout essayé.

11
OCT 13

L'espace intime

C'était un après-midi de l'été. Une séance de coaching en duo avec Eva et en groupe avec AmélieEmmanuel et Nelly.
Et c'est Fred Pirat, cinéaste créatif aussi, qui est monté sur le toit de verre avec son filet à papillons pour attraper quelques instants de notre manière d'accompagner. Ni coachs ni thérapeutes, et de plus en plus analystes, au fond.

Images et sensations, bande-son et témoignages en ce coin-là du ciel.

05
SEP 13

Livre d'or

« Voilà un livre qui correspond non seulement aux besoins des professionnels du coaching, mais aussi à tous ceux qui voudraient découvrir cette approche et valider un engagement possible vers un travail personnel approfondi dans cette direction.
Dans cet important ouvrage, pas d'exclusive, mais une grande rigueur, des positionnements clairs, des clarifications stimulantes autour d'une approche qui s'affirme de plus en plus comme une discipline à part entière des sciences humaines.
Des chapitres interpellants, des propositions d'une grande richesse, des analyses invigorantes pour faire danser nos neurones. […] 
»

C'est un bout de la préface signée par Jacques Salomé pour "Le livre d'or du coaching" qui parait bientôt et que j'ai aimé découvrir en primeur dans mon courrier de la rentrée.
Alors j'aime aussi partager ici la contribution bien personnelle écrite cet hiver au coin du feu et dans mon atelier :
              Le désir d'accompagner, vocation ou répétition ?

Et remercier encore Thierry Chavel de son invitation à prendre mon piano à mots pour raconter une histoire singulière, partager sans trop de détour sur les coulisses de notre métier, loin des outils et des théories, et transformer ainsi peut-être un peu de plomb en eau.
P
arce que, vu des étoiles, il paraît que l'eau est plus rare que l'or ; et que, pour la vie, elle est infiniment plus précieuse.
 

17
AVR 13

A l'orée de la forêt

Elle dirige un comptoir chic là-bas, à l'orée du bois de bruyère ; et elle sait combien dès l'enfance, elle était déjà la mère de sa mère.
Alors il lui faut moins d'une seconde pour découvrir qu'elle aime bien jouer encore à la maman parfois ; ce jeu si familier quand elle veut prendre soin de cette jeune femme dans son équipe ; celle-là qui se dit débordée mais qui au fond ne lui demande pas ça ; ou peut-être pas comme ça.

20
FéV 13

Remonter aux sources

Les écoles de coaching affichent d'emblée la nécessité pour tout apprenti-coach d'entreprendre un « travail sur soi », au plus tôt et par-delà l'école. Et cela pour cultiver une plus claire conscience de son histoire personnelle et de ses résonances en séance. Mais rares sont les indications sur la nature de ce travail : thérapie ou psychanalyse ? En face à face ou sur le divan ? En individuel ou en groupe ?
S'il n'y a ni guide ni boussole ici, j'aime croire que c'est parce que les détours et les impasses, les évitements et les échappées belles font partie du voyage. Et à chacun son voyage, comme un parcours initiatique.

C'est un autre extrait d'une contribution toute personnelle au prochain ouvrage collectif en peuple coach, sous la direction de Thierry Chavel, et que j'ai évoqué ici : Vocation ou répétition ?