28
OCT 16

A l'écoute de l'inconscient

« Ici, on franchit les limites de l'intime, mais sans limite. » « C'est plutôt votre question qui est bizarre. » « Il n'y a pas de cadre. » …
Ça c'était des réponses à ma question, l'autre soir, pour la première supervision en groupe à Paris 2 : Qu'est-ce qui, là, ce soir, vous semble peut-être un peu bizarre ou saugrenu, plutôt étrange ou étranger ?
Oui, j'ai commencé comme ça, pour mettre chacun un peu dans l'ambiance, parce que le sujet c'était : A l'écoute de l'inconscient.
En soi et en petit groupe alors. Et en mode supervisant plutôt que supervisé

24
OCT 16

Confidences d'une coiffeuse

– Dis, ça te dirait d'écrire une note, genre l'œil du psy, pour "Bigoudis", un livre à paraître sur les coulisses des salons de coiffure ?
C'est Henri Kaufman, le boss éditorial de Kawa, qui m'a proposé ça cet été. Et moi, sans trop savoir pourquoi – enfin si, parce que j'aime beaucoup les coulisses et l'envers des choses –, j'ai aimé dire Oui.
Alors j'ai pris le temps de découvrir le manuscrit en écriture de Christine Rosana :

« À cette époque, la mode ne s'éparpillait pas encore en tendances, il n'y en avait qu'une et elle sacralisait les blondes platine. Pour faire les décolorations, on envoyait la nouvelle apprentie que j'étais quérir un très précieux élixir. Deux fois par semaine, je me rendais à la droguerie et j'avais pour mission d'acheter de l'eau oxygénée titrée à 110 volumes. Je laisse apprécier les connaisseurs. Pour les profanes, sachez que le maximum autorisé dans la profession était de 40 volumes. »

Ça c'est un extrait. Et j'ai adoré. Ça et la suite. Alors je me suis laissé écrire à mon tour sur ce qui se trame d'incroyable mine de rien – enfin de pulsionnel –, pour ces artisans de l'intime et aussi pour nous-même, à leur contact. Oui, pourquoi nous aimons tant nous faire papouiller, prendre la tête et nous faire couper comme ça, impunément, des parts de nous-même ?

Et finalement ça s'appelle "Confidences d'une coiffeuse" et ça vient de paraître. Chez Kawa donc.
La suite de l'extrait, là :

« Si par malheur, lors de la préparation du savant mélange quelques gouttes atterrissaient sur mes doigts, la brûlure qui palpitait sous la mousse blanche était fulgurante. Même en rinçant immédiatement la peau avait déjà rougi.
Sans aucun complexe, avec ce liquide que certain surnommait « l'eau bénite », nous exécutions les décolorations complètes de la chevelure ou seulement quelques mèches.
La plupart du temps, dès l'application du mélange, la réaction chimique ne se faisait pas attendre. Fumée au-dessus du crâne, picotements d'abord puis douleurs ensuite, du châtain le plus sombre, les cheveux passaient au platine le plus pur. Dans notre jargon nous disions que la dame était cuite. Le cuir chevelu l'était en tout cas, décapé au mieux, au pire boursouflé, cloqué, régulièrement perlé de sang. On peut dire sans ambages que nous jouions avec le feu ! »

Et puis mes lignes en avant-propos de l'ouvrage, ici.
 

21
OCT 16

Côté passager

Un nouvel épisode de mon autofiction en écriture, "Fais le beau, Attaque !"

Et juste avant, là, quelques mots sur le feuilleton précédent "Ça pique mais c'est bon" :

J'ai récupéré l'avis d'impôt de mes parents sans effraction et j'ai obtenu une bourse d'études sans souci. 
Le père dominicain m'imaginait devenir critique d'art, un peu comme ma mère me voulait pilote de ligne ou général d'armée. Et là, je pars en Dordogne avec lui, dans sa résidence d'artistes.

 

13
OCT 16

Histoires de vie

Au bureau ou dans vos amours (ou les deux peut-être), il y a quelque chose qui parfois finit par dérailler ou se coincer. Ou alors ça stagne et ça s'enlise et ce n'est pas vraiment mieux.
Alors vous essayez de vous accrocher ou de changer ce qui peut l'être – changer de boss ou de boîte, d'amoureux ou de vie –, mais ça continue, encore et encore.
Et il y a derrière tout ça comme une impression de déjà vu. Un air de famille même. Pourtant c'est tout le contraire de l'histoire familiale que vous recherchiez. Alors vous vous demandez pourquoi l'histoire se répète comme ça ?!?

11
OCT 16

Un nouveau roman d'Amélie

Hygiène de l'assassin, Métaphysique des tubes, Stupeur et tremblements… J'aimais beaucoup lire les tout premiers romans d'Amélie Nothomb et puis j'ai arrêté, je ne sais plus trop pourquoi (enfin si, je crois que c'est quand j'ai perdu le goût du loufoque).

Et l'autre jour, à la librairie – côté campagne –, il y avait Riquet à la houppe le nouvel opus d'Amélie avec, accroché à la couverture, un cœur en papier cadeau. J'ai feuilleté, j'ai lu quelques pages, ça parlait d'une de mes énigmes de toujours : mais pourquoi on s'attire et on se relie ? Certes les corps s'attirent proportionnellement à leurs masses et en raison inverse du carré de leur distance, mais c'est plus fort quand tout semble les opposer : le beau et le laid, le simple et l'esprit, la belle et la bête…

J'aime beaucoup. C'est un conte de Perrault revisité et il y a, dans le désordre, du champagne, de la poésie, de la cruauté, des oiseaux, des parents à l'ouest, de l'amour qui finit bien, de l'enfance, de l'adolescence, encore des oiseaux Et c'est vraiment délicieux ainsi ce nouveau roman d'Amélie Nothomb.

06
OCT 16

Ça pique mais c'est bon

Mon autofiction en écriture, "Fais le beau, Attaque !", se déplie comme un feuilleton à présent ; et, là, ça continue.

Si vous avez raté "Aussi tabou que l'amour", l'épisode précédent :

J'étais en fac de sciences éco et j'ai découvert que je pouvais peut-être avoir une bourse d'étudiant, alors j'ai voulu mettre mon nez dans les histoires d'argent de mes parents.
Et 
entre deux cours, en faisant le ménage, j'ai rencontré un père dominicain qui tenait une galerie d'art, au bout du pont de l'Archevêché