04
JAN 12

L'amour médecin ?

Zurich, été 1904. Aux premières heures de la psychanalyse, Carl Gustav Jung s'apprête à tester la nouvelle méthode freudienne de la "cure par la parole" avec une patiente de dix-neuf ans, Sabina Spielrein. Mais le médecin suisse va tomber éperdument amoureux de la jeune femme, qui, guérie, deviendra psychanalyste à son tour et lui fera rencontrer Sigmund Freud, le grand maître vienois.
C'est la trame du film de David Cronenberg, en ce moment à l'affiche : 
A dangerous method.
D'après l'
œuvre de Christopher Hampton : Parole et guérison.

 

30
DéC 11

Désirs et tabous en supervision - Partie 2

Suite de la contribution intimiste et buisonnière pour cet ouvrage du peuple coach. Un grand livre qui se voulait comme un "guide du routard" pour randonner sur les chemins de l'accompagnement.
Alors, après les troubles de l'attachement avec Tristan, j'ai aimé choisir ici une danse en compagnie de Marianne. Le temps de dénouer un ruban de velours

 

27
DéC 11

Désirs et tabous en supervision - Partie 1

Quel étrange élan m'a donné l'envie d'accompagner ceux qui accompagnent ?!
Ce sont les premiers mots qui me sont venus pour une contribution toute personnelle à un ouvrage collectif : Le grand livre de la supervision, paru 
chez Eyrolles l'année dernière.
Ecrit à l'encre noire et à l'encre bleue, j'ai envie de partager ici ce voyage dans les coulisses de notre métier.

Résumé :
La supervision est une pratique de l'intime, un cheminement vers soi par le détour de l'autre ; aussi cet article nous invite-t-il à aller dans les coulisses de la supervision et à remonter aux sources du désir. Le désir du superviseur d'abord, avec ses parts d'ombre et son ego, ses failles et sa passion d'accompagner ceux qui accompagnent. Et puis, le désir et les peurs des coachs, tiraillés entre toute-puissance et fragilité, attirance et rejet, agressivité ou tendresse.
C'est à travers le récit de séances réelles, en groupe ou en face à face, que nous plongeons dans l'histoire et les blessures des coachs, dans les pensées secrètes et les limites du superviseur, dans l'émotion et la créativité qui surgissent de l'alliance et de la confrontation.
Les arrêts sur image et les apports didactiques éclairent les répétitions qui enferment et les jeux inédits qui libèrent. Des jeux en miroir de ce qui se crée aussi en séance entre le coach et son client. Ainsi la supervision est tout à la fois une chambre d'écho et un atelier de création entre artisans passionnés.

 

23
DéC 11

Colère

Vous avez aimé que je vous accompagne pendant une, deux, trois années. Et plus encore, je crois.
Vous et moi ne savons plus très bien.
Mais, aujourd'hui, vous venez me dire toute votre colère contre moi. Finalement, jamais je n'ai vraiment su vous sortir de votre valse-hésitation : votre dilemme entre coaching et thérapie. Et pourtant, vous ameniez ça à chaque supervision. 
Alors, cahin-caha, bon an, mal an, vous avez fait un peu des deux : l'entreprise et les particuliers. Vous m'en voulez aussi d'avoir tenté de vous sortir de là parfois, d'aller trouver mieux ailleurs. Mais vous avez su résister !

Il y a quelques mois encore, j'aurais souffert de cette disqualification sans préavis, mais aujourd'hui mon ego ne semble plus s'agiter en tous sens et en coulisse. Et j'aime ainsi découvrir ce qui est en devenir.

22
DéC 11

Les malfêteurs et le Père Noël

Du grenier à la cave, dans la cuisine, dans le jardin, talkie-walkies qui crépitent, lampes-torche qui taguent la nuit noire, relevés d'empreinte par çi et par là, des policiers partout dans la maison, comme dans les séries TV.
Entre chien et loup, ma tanière a été cambriolée.

17
DéC 11

Trois pas de danse

À peine entré, désinvolte comme jamais, il glisse, glisse, là devant moi, sur le parquet. Et il s'élance. Un, deux, trois pas de danse.
Mais ça s'étouffe et ça s'arrête comme c'est venu. Et puis il se pose, désemparé, dans le fauteuil. Nos regards se croisent.
- C'est ce même élan inattendu, me dit-il, qui surgit parfois là-bas, côté boulot. Et côté cœur aussi. Et le même retrait hélas !
- Et du plus loin qu'il vous souvienne, c'était quand l'instant où l'élan de la vie s'est suspendu peut-être ?

10
DéC 11

Le moine

Il y a dans mon roman familial des épisodes incroyables où les contraires se mêlent et se tourneboulent : le sang bleu et le sang noir, le noble et le modeste, le maître et l'esclave Et l'un des premiers chapitres de cette histoire s'écrit dans un dilemme douloureux et secret qui opposa le sacré et le charnel, les Ordres et le désordre
C'est pourquoi j'aime tout à la fois les diableries et les lieux divins. Et je suis aux anges quand le théâtre ou le cinéma me raconte des histoires d'ailleurs et de jadis où le bien et le mal se débattent, où l'âme et la chair ne font pas bon ménage.

 

05
DéC 11

Les escrocs du coeur

Plus intimiste, moins angélique, inspirée par l'énergie des monstres et des démons, c'est la nouvelle saison des instants vidéo avec Stéphane Einhorn.
Une saison #4 qui s'ouvre sur le besoin de séduire à l'envi et à l'entour : le coach, un
arnacœur professionnel ?

 

28
NOV 11

A la renverse

« Dès son origine, l'anagramme fut un moyen d'interroger les noms mais aussi les préceptes des livres sacrés. La kabbale en fit grand usage, prêtant à cet art des vertus révélatrices. Le monde pouvait accoucher d'un démon. Aux XVIe et XVIIe siècles, ce jeu savant s'immisça dans les cours d'Europe. Entre gens lettrés et courtois, il était de bon ton de trouver dans un nom propre une flatterie délicate ou une maligne satire.
Thomas Billon, gentilhomme provençal, fut un fameux anagrammatiste. Il eut de Louis XIII une pension de douze cent livres pour amuser la Cour. Sa glore dura sans échec jusqu'à ce que le poète Colletet y vînt porter atteinte par une moquerie, tenant "que tous ces renverseurs de noms ont la cervelle renversée". Hélas la sienne était bien trop d'aplomb ; l'histoire l'oublia.
Galilée, quant à lui, communiquait sous forme d'anagrammes certaines de ses découvertes ; c'était là un moyen de s'assurer la priorité de ses observations tout en les entourant de mystère. Enfin, la coutume s'établit, pour les écrivains et les artistes, de signer leurs œuvres par l'anagramme de leur nom.

Alors, l'anagramme ? Art divinatoire ? Art du compliment ? de la satire ? du secret ? En tout cas, une fiole de folie, c'est certain. »

C'est la préface d'un petit livre délicieux, écrit par un physicien et un jazzman, découvert ce week end chez la marchande : Anagrammes renversantes ou Le sens caché du monde, Étienne Klein et Jacques Perry-Salkow.

Comme un voyage à travers les sciences, l'histoire et les arts…

 

24
NOV 11

On était ami

J'ai reçu il y a quelques semaines un courrier de Mathilde, une femme qui a été accompagnée en coaching professionnel. Et, en même temps, et en coulisses, s'est tissé avec son coach un lien d'attachement singulier. Le coaching fini, le contact s'est coupé, elle partage alors dans ses lignes sa souffrance et "l'impression d'abandon". Pour tenter de comprendre, elle m'interroge sur le cadre et les pratiques du peuple coach.
J'ai évoqué les jeux transférentiels qui se jouent de part et d'autre et qui, pour moi, sont aussi la matière du
"coaching professionnel".

Je publie ici, avec son accord, la lettre de Mathilde. J'ai changé le prénom et des éléments de contexte.
Et vous, qu'auriez-vous envie de répondre ?
 

22
NOV 11

Berger ou saltimbanque

Après bientôt trois années de travail en bord de ciel et d'abysse, elle est repue de nos séances et de moi. Elle en a marre aussi de tous ces coachs, de tous ces psys, qui supervisent et qui crânent dans les écoles et les fédés, dans les "grands livres" et sur le web.
Alors, plutôt que gémir et maudire, ici et à l'entour, encore et à jamais, j'aime l'inviter à danser avec son désir :
- Et si demain, pour vous accompagner, cet autre n'était ni coach ni psy ?

19
NOV 11

La musique de l'âme

Belle et glamour, sage comme un ange, elle se laisse bercer comme un bébé dans le ventre du métro. Et au fond d'elle, et dans ses mains, le vice versa : "Cuisine sanglante". Noir extrême et couteau de boucher sur la première de couverture de son livre du moment.

*

« Ma vie est un échec » lâche-t-il soudain. Et moi, ce matin, je n'ai pas envie de mélancolie. « Ça prendra cinq minutes » ajoute-t-il, comme s'il avait entendu mes pensées secrètes. Et puis il plonge, longtemps, longtemps, dans les coulisses et les abysses de sa vie. Sa vie d'avant et d'aujourd'hui.

*
 

06
NOV 11

Plaisir de créer

Le blog fait peau neuve. Toujours aux couleurs du jardin, parce que c'est l'école du vivant la plus féconde : pour regarder pousser les herbes sauvages, s'allonger dans la mousse veloutée, écouter le murmure des étoiles, faire des cabrioles dans la rosée…

Et, de la blogosphère au mammifère, de nouvelles créations en cette saison rousse…