Médecin de l'âme et de mondes parfois barbares, j'aime animer l'Atelier de l'Art-de-Changer, un espace singulier pour accompagner les dirigeants et les coachs. En individuel, en groupe, à l'envi et toujours sur des sentiers buissonniers : désir, argent, pouvoir Et vice versa : tendresse, abondance, vulnérabilité…
Et je suis chargé d'enseignement à l'université de Paris II pour le Master 2 Coaching.

***

Agenda : jeudi 8 mars. Désir, luxure, fantasme, passage à l'acte Après "Colère et agressivité en coaching", ce sera le thème de la prochaine supervision décalée et avancée, taboue et en duo avec Eva Matesanz. A lire : MarianneEn savoir plus : Contact 

 

Livres



24
MAR 08

Le grand livre du coaching
Catégorie : Ego trip

J'ai beaucoup de plaisir à vous annoncer la publication de l'ouvrage collectif "Le Grand Livre du Coaching", réalisé sous la direction de Franck Bournois, Thierry Chavel et Alain Filleron.
L'ouvrage parait aux Editions d'Organisation en ces premiers jours de printemps. Il réunit des contributions originales de confrères qui interviennent aussi à Paris 2 (D.U coaching) et d'autres signatures du coaching d'entreprise : Françoise Kourilsky, Alain Gauthier…

Raymond Domenech, invité par Thierry Chavel pour partager avec nous sur son expérience de coach, de superviseur d'entraîneurs et de sélectionneur, préface aussi le livre. Il parle ici d'intimité, de fragilité, de relations faites d'affectivité et d'exigence
et du coaching comme un art… (lire plus bas).

Mes pensées amies et un merci chaleureux à Thierry Chavel qui est toujours pour moi une belle source d'inspiration, de questionnement et de renouvellement.

Le début de la préface :
« En général, je préfère les romans aux essais. Ecrire sur le coaching est un pari risqué, car rien ne remplace l'expérience vivante et directe de la relation humaine : en entreprise comme dans le sport de haut niveau, l'écueil du livre de recettes ou de l'autosatisfaction n'est jamais bien loin. A contrario, mon expérience me conduit à témoigner ici à partir d'une conviction profonde : le coaching est une profession à part entière qui mérite une réflexion croisée entre praticiens et théoriciens du développement humain. Certes le football professionnel n'est pas une entreprise comme les autres, mais je ressens beaucoup de points communs entre nos deux mondes, au-delà de l'homonymie qui nous lie.
D'une part, on ne devient pas coach par hasard : pour moi, cela fut une vraie vocation, dès le début de ma carrière. Connaissant mon univers, parce que j'ai été joueur et parfois remplaçant, je peux comprendre de l'intérieur les joueurs que je sélectionne et les entraîneurs dont je supervise les formations. Je crois qu'un coach a besoin de cette conscience partagée avec son coaché pour être crédible. En entreprise aussi, me semble-t-il, le coach voit les enjeux cachés du business parce qu'il est à la fois à l'extérieur du terrain et à l'intérieur de la logique propre des décideurs.
D'autre part le coaching suppose un dosage subtil entre intimité et performance. Avec nos joueurs, je veille constamment à faire des ponts entre leur vie privée et leur quotidien professionnel. La vie privée influe sur le quotidien professionnel. A travers les deux, je dois sentir leurs fragilités et leurs ambitions. Je devine leurs fragilités et leurs ambitions. Il est essentiel que tout le staff cultive avec les athlètes une relation faite d'affectivité et d'exigence, car l'équilibre individuel conditionne la performance du collectif. […] » Raymond Domenech.

La 4ème de couverture :
Désormais, le coaching se banalise en France. Tandis que fleurissent les labels de certification, les syndicats professionnels et les instituts de formation, Le grand livre du coaching fait le point sur l'accompagnement de la performance individuelle en entreprise, sur ce qui réunit et sur ce qui distingue les différentes approches en présence.
Derrière la diversité des méthodes, des techniques et des pratiques, le coaching offre une clef pour refonder le sens en entreprise et repenser le rapport à autrui en général. C'est une discipline à part entière, répondant de ses fondements, de ses promesses et de ses limites.
Qu'est-ce que coacher veut dire ?
À quelle réalité de la vie de l'entreprise le coaching répond-il ?
Que nous disent les coachs de leur pratique et de leur rôle dans la vie économique et sociale ?
Réunissant les contributions originales de spécialistes français et étrangers du coaching, praticiens, prescripteurs, managers, formateurs, chercheurs et universitaires, cet ouvrage de référence s'adresse à tous les coachs en devenir, consultants et professionnels des ressources humaines qui veulent y voir clair dans une profession en plein essor.

Un extrait partagé ici en primeur :
Peut-on coacher le changement ?

Et les contributions d'autres auteurs sur leur site :
Du coaching individuel au coaching d’entreprise, Alain Gauthier
Y a-t-il une place pour une pratique psychothérapeutique dans le coaching ? Jean Touati

Commentaire(s) :

1. Par Beatrice le 29/03/2008

Merci André.

Je pense que le "grand livre du coaching" va constituer un véritable ouvrage de référence, à la fois riche et polyphonique; dans la note d'intentions, j'ai particulièrement apprécié l'évocation d'une "rupture avec l'exclusive psychologisante et les querelles culturelles"... et relevé en passant la référence unique (exclusive?) à la "philosophie du coaching" pratiquée à Paris II (une forme de culture, en somme, pas seulement un savoir?)... détail.



Quoiqu'il en soit, bravo à toi d'avoir participé à cette belle et utile entreprise -et à ce Panthéon de signatures prestigieuses.



Une résonance que je connecte au fait de t'avoir rencontré: je m'aperçois que je m'autorise beaucoup plus facilement à aborder entretiens et situations "en laissant émerger ce qui vient", sans m'imposer de contrainte d'orientation ; du coup, je ne me pose plus du tout la question de savoir si j'ai "bien fait", ou si je suis "bien passée", ou "quelle image il va bien pouvoir retenir de...(ma compétence, en fait)?"; simplement, pendant l'entretien, je me demande "qu'est ce qui serait utile, là ? qu'est ce qui peut être intéressant pour avancer?", et ensuite :"est ce qu'il y a quelque chose que j'aimerais pouvoir changer?"; et je me rends compte que grâce à ça, j'ai beaucoup moins de stress et de tension, et j'ai le sentiment d'exploiter de façon beaucoup plus naturelle et pertinente les opportunités "en creux"dans l'entretien. C'est une avancée que je relie directement à ta recherche, qui m'a touchée comme une posture authentique et une forme d'exigence personnelle, pour travailler "sans quincaillerie" (tu dirais peut être "dans le non savoir").



Donc, au risque de me répéter, merci.



2. Par André le 31/03/2008

Béatrice,

Il parait que "savoir dire merci est un signe de bonne santé? spirituelle" ;-)

Alors je te dis merci aussi pour ton message qui résonne avec ma "musique personnelle" du moment : quelque chose qui pourrait s'appeler la "musique du vivant" ;-)

Ta conclusion ici (plutôt comme une "ouverture") fait écho avec la fin d'une séance de coaching la semaine dernière : c'était une première séance et au moment de dire au revoir, j'étais profondément ému, touché par cette femme, son histoire, son envie "d'aller dans le monde"? Elle avait beaucoup pleuré pendant la séance, j'étais ému aussi? Alors je l'accompagnais tout doucement, pour ne pas trop "plonger"? A la fin de la séance, j'ai eu envie de lui dire que j'étais touché par sa rencontre et, à cet instant, ma voix a tremblé, je n'ai pas cherché à cacher mon émotion. Et je ne pouvais plus rien dire? Simplement au revoir. Dans l'instant, j'ai senti que c'était juste car c'était ce qui était là, présent pour moi dans l'instant? mais, après la séance, le questionnement et l'auto-jugement m'on rattrapés !

Ton message est comme une invitation à laisser mes deux démons se battre entre eux ;-)

Merci encore à toi

3. Par Michel le 31/03/2008

Ce qui m'interpelle dans ton commentaire André c'est cette référence à tes démons. il me semble que tu les évoquais déjà dans des articles précédents. Et peut-être as tu déjà donné des explications à ce sujet. Ce qui crée résonance c'est cette référence à "des forces puissantes" qui s'affrontent au sein de soi. Avec parfois une prise de pouvoir par l'une et puis par l'autre. J'imagine que de tels propos déclenche parmi les esprits éclairés un diagnostic de schizophrénie. Alors que je pense surtout à l'ombre ou les ombres qui m'habitent et viennent perturber cette lucidité que je souhaiterais permanente pour coacher avec sérénité. Il va me falloir accepter de vivre avec et "..les laisser se battre entre eux...". Il me semble que ce combat est inévitable, mais qu'il est le prélude à une alliance puissante, lorsque j'aurais admis qu'elles puissent prendre le pouvoir alternativement pour servir un être unique, fait de contraste et de tensions, et non de linéarité et d'uniformité.

Au moment où j'écris ces lignes je me sens gêné, j'ai l'impression d'étaler des états d'âmes dans un lieu destiné à des échanges entre professionnels et que je ne suis pas à ma place (j'ai du changer de démon, là)...

4. Par André le 01/04/2008

Michel,

C'est la lecture d'Irvin Yalom (Mensonges sur le divan) et de Jodorowsky (Le théâtre de la guérison) qui m'a inspiré cette métaphore. Le coach, en mettant en avant sa formation, ses techniques et ses outils, offre au client une image lisse et "angélique" de notre métier : connaissance de soi, "gestion" de ses émotions, "savoir-être", art du questionnement...

Et pourtant, la réalité est toute autre : comme toi qui, en te laissant aller à l'écriture ici, t'interroges finalement sur la juste posture, comme chaque client qui semble empêché dans son désir, agi par ses peurs, prisonnier de son jugement, de son regard sur lui, au c?ur de chaque séance, je me sens aussi tiraillé entre, d'un côté, l'attitude "juste" apprise à l'école du coaching et, de l'autre côté, l'envie de nommer ma réalité, mes résonances ; cette réalité est toujours bien confuse, ambivalente, souvent "ombragée", agitée par des tabous...

Et, quand j'utilise cette ambivalence, ces "démons", j'ouvre alors un espace bien plus vivant, plus généreux, plus créatif que les théories, car ce matériau peut aussi parler de ce que vit le client...

Merci Michel de cet instant partagé de l'autre côté du miroir !

5. Par Daniel Ravon le 04/04/2008

Bonjour ! Je m'apprêtais à vous féliciter en lisant le titre de votre note : "Le grand livre du coaching...

Par André de Châteauvieux", mais il apparaît que vous n'êtes pas co-signataire du livre ? Thierry Chavel fait une conférence Mercredi prochain à la Sté Française de coaching : http://www.sfcoach.org/actu/p_event_04.htm" title="http://www.sfcoach.org/actu/p_event_04.htm" rel="nofollow">www.sfcoach.org/actu/p_ev... . Toutefois, je crois que je n'irai pas : j'ai lu son livre précédent et je l'ai vu en public une fois, et je crois que je commence à avoir ma dose de sociologie contestataire à la Pierre Bourdieu :-p Bien cordialement

6. Par André le 06/04/2008

Bonjour Daniel,

Merci de votre commentaire qui permet d'introduire ici une "dose contestataire", à votre manière et en vous focalisant sur la sociologie, Pierre Bourdieu, Thierry Chavel ;-)


Oui, je signe ce billet pour célébrer la publication du "grand livre du coaching" où je signe aussi un chapitre sur les illusions de notre métier, entre toute-puissance et impuissance, entre "grandiosité et dépression"...

Cette formule est tirée d'un livre d'Alice Miller sur la dynamique d'individuation de chaque être humain, tiraillé entre son besoin d'appartenance et son désir de différence : "L'avenir du drame de l'enfant doué".



Votre message, en particulier l'hésitation à aller à cette conférence, "Le coach(ing) est-il subversif ?", fait aussi écho à une lecture du moment : Le peuple « psy » de Daniel Sibony.

Nos aînés, les psy, ont déjà une belle expérience des guerres de religions : « Tout comme les religions qui dérivent de la même source, le monde psy illustre bien ce que j'ai appelé complexe du second-premier : où ceux qui reçoivent une idée, notamment l'idée psy, veulent d'abord déconsidérer ses premiers tenants comme naïfs, incapables, pleins de symptômes [...] Ce complexe du second-premier explique pourquoi dans la mouvance psy tant de gens s'ignorent et se dénoncent. Ils sont d'accord pour s'étriper et ils s'étripent d'être d'accord. »

C'est aussi Thierry Chavel qui m'a fait découvrir Sibony, auteur étonnant qui reconnaît la filiation avec ses aînés, et en même temps nous invite à une pratique vivante, à l'air libre...

7. Par Michèle le 10/04/2008

Bonjour, En lisant les commentaires ci-dessus, je suis interpelée par celui de Michel. Je retiens le mot schizophrénie et "forces puissantes".

Je me rends compte, en m'observant et en observant des clients, que souvent, les problèmes viennent d'une opposition de 2 ou x désirs ... désir ? besoin ? critères ? "forces puissantes" en tout cas.

Nous autoriser face à nos clients et si nous nous trouvons en tel tiraillement, a les exprimer donne aussi la permission à nos clients à accepter et exprimer les leurs, sans être jugé ... sans être "mis dans une case" ... juste décrire, le parler, puis l'accepter.

Le parler met en visibilité ces "forces puissantes" qui avant s'opposaient dans le déni. Dans la lumière, nous pouvons alors garder les précieuses pépites de chacune des forces afin de les inclure au lieu de les exclure.

Merci Michel de parler ainsi de vos états d'âme, car alors je peux vous rejoindre dans votre fragilité, votre authenticité, votre part d'humanité !

Merci à vous d'exprimer ainsi votre vulnérabilité.

8. Par Daniel Ravon le 11/07/2008

Ainsi, vous êtes bien l'auteur d'un chapitre de cet ouvrage : mes félicitations, alors !



En effet, il y a bien des guerres de chapelles dans la sphère "psy"... Il me semble que cela s'explique aussi par la difficulté de trouver la vérité sur les sujets qui nous intéressent (ou de s'accorder sur la vérité à construire, si on est constructiviste...) Toutefois, dans la plupart des discussions, la question n'est pas tellement de savoir qui a raison : il s'agit plutôt de savoir qui est en droit de s'exprimer sur quoi, en quel lieu et à quel moment, avec un certain partage diplomatique du terrain... ce qui tempère les débats - bref, je ne compte pas "troller" votre blog ;o)

9. Par André le 11/07/2008

Merci Daniel,
Je découvre avec votre commentaire le mot "Troll" qui désigne ceux qui "cherchent à créer des polémiques dans la blogosphère".
http://fr.wikipedia.org/wiki/Troll_%28Internet_et_Usenet%29" target="_blank">Wikipédia nous dit que l'expression vient de trolling ou "pêche à la traîne" qui est une ligne munie d'hameçons ; les remarques polémiques sont alors comme des appâts destinés aux contributeurs à hameçonner !
Je réalise qu'il y avait aussi dans ma première réponse un côté réactif, polémique, "troll". Une partie de moi a ainsi été accrochée ;-)
J'aime bien votre idée de "partage diplomatique du terrain" pour permettre la controverse. Mais le mot "vérité" m'évoque un risque de rigidité, d'enfermement dogmatique, en disonnance pour moi avec le coaching ? A moins de cultiver la "subversion"...




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