Ces lignes vers vous, à l'orée du soir, pour éviter l'angoisse de l'inachevé, de l'imperfection. L'imperfection, c'est cette autre « angoisse existentielle », celle que je cherchais en séance. Elle était là, sous mon nez, sous vos yeux.

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Je contemple son visage, ses lèvres fines, ses yeux de cendre. Un élastique retient ses cheveux bouclés. Elle est thérapeute. Elle me parle de la folie et de la mort. Crûment. Sans détours. De la folie au cœur de sa famille. De la mort de sa sœur. De sa mort à elle aussi. Elle porte un tee-shirt, un short et des tongs. Comme une petite fille, une collégienne. Il paraît que nous nous arrêtons de grandir à l'âge de notre blessure. « J'avais treize ans quand, pour la première fois, je l'ai embrassée. » C'est sa mère qu'elle évoque à présent. « J'ai posé un baiser sur ses joues. Et c'était comme embrasser un caillou. »

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