22
JUI 15

L'accompagnement au naturel et en duo féminin-masculin

C'était un soir de mai, Eva & moi avons eu l'envie d'inviter ceux et celles qui, au plus près, au long cours, nous fréquentent et puis celles et ceux qui cherchent bien autre chose que tout le surgelé ou les conserves en coaching.
Rencontres en libres associations alors, les portes de l'Atelier étaient grandes ouvertes ce soir-là pour découvrir, au contact et du dedans, l'accompagnement au naturel et en duo féminin-masculin.

Au naturel toujours, parce qu'avec 3,8 milliards d'années de R&D à son actif, la nature a forcément des choses à nous apprendre.
Et en duo féminin-masculin parce que, quoiqu'on dise, c'est bien ça l'origine du monde.

On a aussi aimé inviter Alexandra Ha Duong, une gentille barbare rencontrée un soir de printemps et qui, caméra au poing, a pris soin d'attraper des mots et des images, et puis tisser un fil de ce moment-là.

Merci à Loïc Deconche, Lionel Ancelet et Karim Meslem pour les mots et les échos à cette forme-là d'accompagnement.
 

20
JUI 15

L’entreprise se réinvente, un nouveau défi pour les coachs

« Quel accompagnement des managers pour l'entreprise réinventée ? »
Disruptures, uberisation, corporate hackers, job out, entreprises libérées
 quand le monde économique et les modes de management sont bouleversés, les modèles de coaching sont aussi remis en question et appelés à se renouveler ; profondément.

Et pour avancer sur ces chemins par nature inconnus et qui se dérobent toujours, nous aimerons réunir dans un même atelier les parties prenantes du coaching d'entreprise : managers, RH et coachs. 

Et nous accompagnerons ensemble ces trois communautés pour quitter un instant – le temps de l'atelier –, les rôles établis et les cadres de référence, les postures et les process d'accompagnement des ressources humaines, et puis alors cheminer, confronter et mettre à jour ce qui, pour chacun singulièrement, freine et libère cette dynamique de transformation.

Et pour animer ce groupe-là sur le fil du chaos créateur, nous proposerons un mode de travail tout à la fois sécure et ouvert au surgissement et à l'inattendu : l'accompagnement au naturel et en duo féminin-masculin.

Ça, c'est le pitch de notre nouvel atelier avec Eva pour la Journée d'études ICF, à Lille, le 23 janvier prochain.
 

15
JUI 15

Sur le chemin des cigales

– Quand j'étais enfant, je me demandais où elles étaient les cigales qui chantaient sur les chemins au soleil ?

Elle me dit ça en marchant, là, sur le chemin des cigales, et je sens bien que ce n'est pas vraiment une question au fond. Elle aime bien babiller comme ça avec moi et sur le fil des associations libres.

 Mais moi, je n'ai jamais vu les cigales quand elles chantaient, elle ajoute.

Et je vois bien qu'elle pose tout doucement ses pieds sur le chemin, qu'elle scrute les hautes herbes, les creux du sentier et de l'enfance.

–  … 

12
JUI 15

Qui a commencé !

Je me ballade en vélo ou en trottinette avec mon frère. On est en enfance. Soudain il y a une femme en voiture pas sympa du tout qui stoppe brusquement devant nous. Et elle sort de sa voiture. Et elle veut nous faire la morale mais je ne sais pas trop pourquoi au fond. Et c'est plutôt dirigé vers mon frère. Alors je m'arrête et je l'insulte à mon tour. Je lui dis qu'elle est vieille, grosse, vraiment très moche et je lui balance plein d'autres gros mots pour bien la blesser au fond mais dont je ne me rappelle pas à présent.
Alors elle pique une grosse crise de rage. Mais mon frère et moi on file illico et à grande vitesse, en vélo ou en trottinette toujours. Et j'ai très peur que la femme nous poursuive. On traverse des petits villages de pierre dans le Sud Ouest de la France, genre Saint-Antonin Noble Val ou Cordes-sur-Ciel. Mais mon frère, derrière moi, va beaucoup moins vite hélas, alors j'ai peur que la méchante femme le rattrape.

Je me réveille parce que je crois que quelqu'un me dit que la femme est maintenant très très mal en point, genre crise cardiaque. Et que tout ça c'est peut-être de ma faute. Mais c'est elle qui a commencé, non !? je me dis.

08
JUI 15

Les yeux plus gros que le ventre

En coin ou de biais, par en dessous et de travers C'est ainsi que jusqu'alors j'aimais ajouter à mon regard plein de mots et de manières. Et je croyais que ce regard-là c'était pour veiller au grain, parer au pire, autour de moi et depuis toujours. Regard en coin ou de travers. 
Une manière de vivre aussi. Toujours en alerte, au fond. 

29
JUN 15

C'est sale ?

 Ça m'a fait vraiment bizarre de vous serrer la main, là, en entrant, je lui dis. 

Je lui dis ça à peine allongé alors que d'habitude je me torture pour savoir comment commencer. Et je continue :

 Je sais bien que c'est un rituel social, mais ce soir soudain c'est très bizarre pour moi. Je crois que certains psys ne font pas ça : ils ne touchent jamais leurs patients. Et c'est peut-être à cause de ce côté bizarre au fond.

 Et moi, je sers la main, elle dit.

Elle me dit ça du tac au tac comme pour enfoncer le clou ou peut-être qu'elle se sent attaquée dans sa manière de faire là. Mais je ne cherche vraiment plus la bagarre avec elle à présent. Ou alors c'est de plus en plus inconscient ! 

Et je continue :

19
JUN 15

La Compagnie des Superviseurs

Parce qu'accompagner c'est tout à la fois un métier, une passion et une prestation, Eva & moi on a aimé créer et animer cette année l'Ecole nouvelle de l'Accompagnement.

Buissonnière, cette école-là continue à la rentrée prochaine ; et toujours sous le signe de l'entrepreneuriat et sur le mode du compagnonnage.

Et quelques pas plus loin sur les sentiers de l'accompagnement au naturel, nous ouvrons aussi avec bonheur les portes de La Compagnie des Superviseurs.

Et cette compagnie-là c'est pas pour vous faire la morale ni pour vous tatouer.

17
JUN 15

Libres accordages

–  Là où il y a Pégase et des lions d'or ou de pierre, je t'ai proposé.

–  C'est le pont Alexandre III, tu m'as dit.

Rive gauche ou rive droite, sur le dessus ou le dessous, on s'est retrouvé au beau milieu de ce pont-là, sans trop de textos ni de soucis.

Il faisait très chaud ce soir-là et c'était noir de monde sur les quais, devant le Rosa Bonheur et jusqu'à la Concorde. Tous les hipsters et les touristes, tous les ados et même les geeks étaient agglutinés sur les berges de béton comme pour se tenir encore plus chaud. Et comme sur la côte d'azur alors. C'est vraiment bizarre ce besoin de grégarité.

13
JUN 15

C'est quoi un coach libéré ?

- "La finitude ou le sexe ? On avait imaginé que vous nous proposeriez ça ce soir ; on avait même pris les paris entre nous."

- "Non, non et non ! On ne veut pas terminer le master en se fragmentant en sous-groupes. Nous, on veut rester là, en plénière. "

- "Non, pas besoin d'un leader dans chaque groupe."

- "Et nous, on prend l'atelier "Pedigree & tatouages" et on ne changera pas de groupe !"

C'était hier soir à Paris 2, dernière séance et dernier cours du master Coaching. J'ai choisi un thème inédit : "Le coach libéré !" Parce que "l'entreprise libérée" c'est tendance en ce moment et que les coachs se disent "libérateurs" alors ; mais, avec tous les modèles et les tabous, les rituels et les questions de posture sans imposture, c'est parfois plutôt coincé au fond.

Alors j'ai commencé par moi-même, une fois le topo du soir partagé, bon an mal an, je n'habitais plus à l'adresse indiquée : no-prof, no-maître, no-coach, no-superviseur...
Et là, en partage, le fil d'Ariane de ce début de soirée parce que j'avais encore besoin d'un bout d'anti-sèche.

 

04
JUN 15

Qu'est-ce que ça cache ?

– Peut-être que vous cherchez au contraire à m'obscurcir avec tout ça ?

Avant, je croyais qu'elle posait un point d'exclamation à la fin d'une question comme ça ; comme pour me chercher, pour m'agacer. Mais maintenant j'ai compris que c'est moi qui viens la chercher et que c'est une vieille histoire ça. C'est ça, je crois, la "névrose de transfert" : répèter une manière intime, et rigide au fond, d'être en lien. Et le divan ça me va bien pour découvrir ça, parce que je ne la vois pas, parce qu'il n'y a pas trop de parasites alors. C'est comme si je chinais en enfance.

Et elle, même si ça ne se voit pas sur le divan, elle met simplement un point d'interrogation à la fin de sa question. Et cette envie que j'ai peut-être de l'embrouiller, de l'obscurcir, elle me dit ça une fois que j'ai fini de déballer tout mon bordel, toutes mes histoires du moment et toute la confusion qui va avec, et qu'alors je lui demande :

– Vous y voyez sans doute clair, vous, dans tout ce bordel ?!

31
MAI 15

Des brins d'ADN

"Nous venons tous les deux de familles marquées par le métissage, les migrations, le chaos et le sauvage derrière les apparences soignées. Enfants barbares dès l'origine, tout ça nous a donné le goût des tangentes et du disruptif. Et on a fait notre job out quand ça ne se faisait pas. [… ]"

Ça c'est un bout de notre bio en duo avec Eva pour le 1er meetup des barbares un soir de mars à l'Archipel.

Et cette manière de décoder les brins d'ADN, de tisser des liens entre les origines et le goût d'accompagner, de créer, m'a aussi donné envie de réécrire ma bio ; à rebours des apparences soignées là aussi.

 

24
MAI 15

Je t'ouvre ma maison

Pour retourner là-bas, en ces jardins dont tu as encore peur hélas d'être chassée, tu as aimé enfiler une robe de soie et de la couleur du sang après la vie. Avec une ceinture nouée nonchalamment dans le dos. Comme une invitation à te prendre, là, par la taille.
J'ai deviné que par-dessous, pour couvrir tes fesses et ta mangue, rien. 
Parce que c'est le week end, as-tu murmuré. Comme une évidence.
Et pourtant il faisait tellement frais au dehors. J'ai hésité à glisser ma main dans le creux de tes jambes, tout doucement, et ne serait-ce qu'un instant. J'ai hésité parce que ça te chamboule alors et au dedans. Et puis, après, ça risque de se terminer en expédition sous-marine, dis-tu.

On est parti dans ton auto-tamponneuse à moteur thermique.
J'ai aimé t'envisager et puis me perdre du côté passager de ton visage. On a traversé des terres enfin inhabitées. Et tu me racontais des histoires tristes de l'enfance. Tu avais oublié de brancher la clim pour aérer.

Une fois arrivés là, au beau milieu des champs de blé et de colza, à la lisière de la forêt, tu as préparé des pâtes fraîches avec de la coriandre à fleur de pot. On a déjeuné sous les nuages, devant la mare et les premiers nénuphars.
Les grenouilles faisaient l'amour et chantaient 
Vagabond ways de Marianne Faithfull. Les deux poules ont dansé un instant autour de nous. Un peu comme dans les booms, quand la lumière hache le mouvement, as-tu remarqué.

La pluie est venue tout doucement.
Et toi, tu es partie te glisser entre les draps, dans le lit sous le toit.
Viens, je t'ouvre ma maison, as-tu murmuré.

***

20
MAI 15

Par surprise

Juste avant de m'allonger, j'observe un instant la prise électrique, là, bien intégrée dans la plinthe tout à côté du divan. Mais elle est déjà utilisée cette prise-là, je me dis. Et puis je ne sais pas trop ce qu'il y a à l'autre bout du fil. C'est sans doute sa lampe halogène, mais il fait encore jour à cette heure et elle ne devrait pas en avoir besoin. Et elle, elle s'est déjà assise, je la regarde par en dessous et elle me regarde, je crois. Elle doit se demander ce que j'attends et je finis par m'allonger.

– Mon mobile est complètement déchargé, je lui dis sans détours. Et tout à l'heure je vais retrouver Eva, près de l'Etoile. Mais j'ai peur de ne pas la retrouver. Ça m'agite, ça me stresse au fond. Et sur le chemin en venant ici, j'ai pensé vous demander de brancher mon portable le temps de la séance. Mais je ne sais pas trop si ça fait ? Ni comment vous allez prendre ça ?

– …