24
MAI 16

Tu veux un sucre ?

Quand un client me demande un café, je ne lui propose pas de sucre. Non jamais, parce que si je lui dis "Vous voulez un sucre ?", ça me rappelle trop quand j'étais enfant. Oui, le dressage des chiens : Assis ! Couché ! Fais le beau !

Et donc après ça, le chien avait droit à un sucre. Et des fois, c'était : "Allez ! Attaque !" alors que notre premier chien, Vidocky, c'était le même que Milou, le compagnon de Tintin, et donc pas du tout un chien d'attaque. Mais c'est vrai que quand Vidocky est mort, il y a eu Orphée, un doberman et puis après d'autres chiens de combat. C'était toujours des chiens de race, ils étaient tatoués, ils avaient les oreilles taillées et ma mère les emmenait à des concours pour gagner des prix. Et moi j'allais avec elle.

16
MAI 16

Un sandwich pour l'ambassadeur

L'autre matin, il était tôt, j'étais bien à jeun et alors je suis passé chez les vampires. Comme ça, sans rendez-vous. C'est à deux pas de l'Atelier et c'était pas pour donner mon sang. Non, j'avais une ordonnance avec plein de sigles et de consignes parce que je dois faire pas mal d'analyses en ce moment au laboratoire d'analyses médicales.

Ma psy m'embête un peu avec ça, elle dit que je veux peut-être "ajouter des analyses à mon analyse", alors je souris un instant parce que ça me décale et ça fait tomber mon angoisse, mais elle ne fait pas ça pour ça, je crois. (Et je parle encore d'elle, là, mais juste entre parenthèses parce que ce que j'écris maintenant, ça sort pas de là-bas. Oui, je crois que je n'ai plus besoin d'écrire sur le divan ou sur l'intimité du coaching. Et là c'est un peu la suite de "Plein de particules", l'histoire de la semaine dernière).

Et donc ce matin-là, une fois tout le sang laissé dans les fioles du labo – en fait, j'ai vérifié, ça s'appelle Laboratoire de Biologie Médicale et pas d'analyses , juste après donc, je me suis offert un café-croissant-jus d'oranges pressées.

07
MAI 16

Plein de particules

"C'est comme les fleurs japonaises de Proust : ces petits papiers froissés qui, une fois plongés dans l'eau, dans l'eau des souvenirs, s'étirent, se contournent, se colorent, s'épanouissent et deviennent des fleurs, des maisons, des personnages… toute une galaxie."
C'est Jean Rouaud qui racontait ça, l'autre soir, sur France Culture dans "A voix nue". Il parlait de son histoire familiale qui est la matière première de ses romans. Il soulignait aussi tous les détours que fait son inconscient au fil de son écriture pour retenir et puis lâcher ses souvenirs d'enfance, 
froissés, enfouis, refoulés, parce que trop sensibles ou douloureux.

J'aime beaucoup choisir et écouter ces émissions-là avec un auteur ou un artiste qui déplie une part de son histoire intime et puis les liens avec son art. Oui, j'aime beaucoup ça, surtout quand la nuit est tombée. Et alors, après l'émission, je me suis demandé pourquoi.

C'est sans doute parce que ça vient de mon enfance, je me suis dit. D'habitude, j'attends d'être sur le divan mais, là, comme c'était les vacances, j'ai découvert que je pouvais voyager seul dans ma mémoire ! Avant, ce n'était pas trop possible parce que j'avais tout gelé. Et alors aujourd'hui ça fait comme des fleurs japonaises dans ma tête.

28
AVR 16

C'est plutôt une ambiance

Fichtre ! Elles me semblent bigrement plus corsées les dernières questions du questionnaire coach évoqué ici ou là, et surtout là : Tenir le fil ensemble.
Et là, j'en arrive à un incontournable du coaching d'entreprise : "Processus contrat tripartite à décrire". Oui, c'est plus ardu pour moi parce que les tripartites ça se passe toujours autour d'une table et ces situations-là c'est souvent chargé. Une fois j'ai réussi à faire venir un client et son boss à l'atelier et c'était vraiment bien. Une autre fois c'était autour d'une table basse avec des petits poufs de couleur pour chacun, c'était pour faire genre dream room & créativité, je crois, et moi ça m'a fait penser à la maternelle.
Alors là, dans ma réponse, je parle plutôt de l'ambiance parce que ça reste super complexe de "décrire le processus".
Et si vous aimez aussi travailler sur ce que ça réveille ou chahute en vous ces rituels en peuple coach et puis tricoter quelques mailles à l'envers, comme ça, alors 
il y a l'atelier "De fil en fille vendredi 20 mai à la campagne.

19
AVR 16

Quel désir d'être accompagné !?

Mais pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ? Oui, en long, en large ou de travers, j'ai aimé écrire sur le désir d'accompagner et ses coulisses : le fantasme d'une vocation, l'illusion d'un talent en héritage, les effets non pas du hasard mais des répétitions plein pot.

Mais pourquoi pas plus loin aux sources, jusqu'au désir d'être accompagné ? Peut-être parce que ce désir-là passe au second plan en coaching (oui, plutôt après les écoles et les diplômes) et ça passe souvent à l'as alors. Pourtant c'est le passage obligé en psychanalyse : aller sur le divan - beaucoup, passionnément, à la folie - avant de passer derrière. 

Et à la fac, c'est Franck qui est à la prise de son qui m'a posé cette question-là en aparté : « Etre accompagné d'accord, mais qui choisir ? » D'accord, je lui ai dit, mais pas en catimini ni en passant. Et j'en ai fait le thème de la séance de vendredi.

Et juste avant, j'ai proposé un apéro sur l'illusion de nos réussites et le bonheur de nos insuffisances.

A la fin de ce billet, la bande-son de cette séance-là aussi. 

13
AVR 16

Sur le fil du rasoir

– L'autre jour, entre deux séances, j'ai eu une pensée un peu bizarre, un peu loufoque.

C'est à ma psy que je suis en train de dire ça et je ne sais pas du tout comment j'en suis arrivé là parce que c'est absolument décousu ce soir. Mais je continue comme ça.

– Oui, j'ai pensé un instant à ce que vous voyez de moi quand je suis allongé. Si parfois vous me regardez, alors au premier plan, enfin au plus proche de vous, vous devez voir ma tête et mes cheveux. Je ne crois pas que vous me regardiez mais j'ai perdu pas mal de cheveux sur le dessus. J'ai découvert ça quand je bricolais un dimanche parce qu'on ne peut pas se regarder soi-même par dessus. Oui, j'étais en train de poser des pavés dans le poulailler pour arrêter de marcher dans la boue de l'hiver quand je vais chercher les œufs. Et c'est là que Eva a pris deux ou trois clichés de moi, genre photo-reportage au jardin, au ras de la gadoue.

– Vous avez peur que je vois ce qui vous manque, me dit ma psy.

– Ah oui, peut-être ? Je ne voyais pas ça comme ça, mais pourquoi pas ! Et vous qui voyez du sexe un peu partout, je crois qu'un jour vous m'avez dit qu'il y a quelque chose comme ça aussi dans les cheveux, non ?

– … 
Elle ne répond pas à ma question.

06
AVR 16

De fil en fil

Sur le métier à tisser de celui qui aime accompagner, au naturel et sans chichis, il y a le fil des séances, le fil de la relation, le fil des associations libres et de l'inconscient et plein d'autres bouts de ficelles.
Et tous ces fils-là, c'est la même pelote au fond et c'est tout un art que d'aimer démêler ou tricoter tout ça ensemble et en continu. Oui, aimer accompagner au long cours et pas à saute-mouton alors.

03
AVR 16

Marylin, dernières séances

Sur les docks ou A voix nue, Hors-champs ou Les pieds sur terre… ces émissions-là sur France Culture, en direct ou en podcast, c'est toujours un bonheur, je trouve. 
Et alors j'aime bien en parler au fil de mes coups de cœur et en passant, sur Facebook ou sur Twitter, mais pas trop ici (c'est bizarre)

Et là – enfin, la semaine d'avant plutôt – il y avait Marylin et Ralph Greenson, son dernier psy, dans Fictions. Un feuilleton en dix épisodes intitulé "Marylin, dernières séances". C'est tragique mais je suis tombé accro.
C'est une création radiophonique inspirée du roman éponyme de Michel Schneider, critique littéraire, musicologue et psychanalyste.

"REWIND. Remettre la bande à zéro. Recommencer toute l'histoire. Repasser la dernière séance de Marilyn. C'est toujours par la fin que les choses commencent."

A découvrir et puis savourer, si vous aimez aussi.

31
MAR 16

Tenir le fil, ensemble

Mission insatisfaisante ? ❞ C'est ça qui vient juste après la question de "la plus grande réussite" pour le dossier de référencement coach

Et là, c'est bizarre, je n'ai pas besoin de faire le malin et un détour par un QCM. Sans doute parce que ça m'évoque tout l'imparfait du subjectif et mes affinités avec les "métiers impossibles" – Gouverner, éduquer ou soigner – impossibles car "garantis d'emblée d'un succès insuffisant", disait Freud.

Application pratique à la supervision…

29
MAR 16

Pas de feedback ni de selfie

Votre plus grande réussite en coaching ? ❞ Je réponds à un dossier de référencement coach, là, et je tombe sur ça. C'est fou, je trouve, cette question-là. Alors j'imagine un instant un QCM :

Votre plus grande réussite en coaching c'est quand :
a. Votre client ne vous demande plus de feedback ni de selfie (oui, genre test ou profil de personnalité).
b. Il découvre que les "atomes crochus" c'est juste une image, pas une formule chimique de l'attachement.
c. Il commence à vraiment vous détester.
d. Il arrête de croire au Père Noël (ou de vous parler de sa mère).
e. Un beau matin, il ne revient pas.
f. Il recommence à vous parler de sa mère.
g. Autre.

Et puis, une fois moins énervé, j'essaie de répondre à la question posée (et c'est bizarre ce besoin de faire mon malin avant de répondre ; c'est infantile sans doute), parce que c'est vrai qu'en coaching il y a des résultats "attendus", des "indicateurs de réussite" 

24
MAR 16

Trop rangé

Quand j'arrive chez ma psy, je pose toujours mon manteau par terre. Oui, à même le sol, comme ça au pied de son divan.

Et j'ai toujours fait ça parce qu'il n'y a pas de porte-manteau et alors je ne vois pas trop comment faire autrement. Et j'imagine que les autres font ça aussi (j'ai quand même un doute parce que ça fait vraiment bordélique). Mais de là où elle est, je crois pas que ma psy voit tout ce bordel. Même si, au moment où je me déshabille, elle est déjà assise et forcément elle me voit faire.

Me déshabiller, le bordel, et tout ça devant elle, ça paraît un peu connoté, ambigu tout ça, et je fais comme ça aussi quand je vais dormir, j'aime bien laisser tout traîner par terre, mais là c'est pas ça. Non, ça a plutôt à voir avec ma manière de faire quand j'étais enfant. Oui, mes frères et moi quand on était petits, on avait une chambre au dernier étage mais c'est comme s'il ne fallait pas nous habiller et nous déshabiller trop loin de la cuisine. C'était un peu le QG, la cuisine, le centre des opérations et il fallait rester à portée d'œil (je crois qu'on dit plutôt "à portée de vue").

21
MAR 16

Ce qui se manque

Alors voilà. Voilà un bout de la bande-son de la supervision à Paris 2, l'autre soir. 

Et un thème de cette séance-là  "Un peu comme une glace sans tainc'était sur ce qui se rate, ce qui se manque quand l'inconscient prend les commandes en coaching. Et ça arrive souvent ça, quoi qu'on dise quoi qu'on fasse, parce qu'il est toujours là l'inconscient. Il fait un bruit de fond et il ne rate jamais son coup.

Et c'est pour ça que c'est important, je trouve, une supervision d'inspiration analytique (enfin, une supervision où on peut tout simplement mélanger le passé et le présent, le perso et le pro, le qu'en-dira-t-on et le pulsionnel, comme dans la vie quoi… et alors démêler un peu tout ça). 

Donc, voilà un extrait sur ce thème. Et attention, ça peut choquer les âmes sensibles parce que c'est plein de contre-transfert et de transfert en direct. Et, en même temps, ça s'accroche et se dénoue, au contact et au fil du travail, dans l'intime en petit groupe et puis retour en plénière.

J'ai pris des nouvelles de l'étudiante, elle va bien et elle est d'accord pour que je partage. Et moi j'ai pris soin d'aller voir pourquoi j'ai encore eu besoin de lâcher un crapaud ce soir-là en séance.

 

17
MAR 16

Un peu comme une glace sans tain

À la fac du coaching, à Paris 2, il y a un étudiant qui enregistre les séances de supervision. Oui, il me demande si je suis d'accord et il pose son magnéto entre deux chaises, enfin sur la chaise entre lui et moi. Et ça m'a un peu gêné la première fois.

Comme il est dans le monde du cinéma (il joue dans des films policiers mais pas que, je crois), je me suis dit ça va faire genre "moi aussi, je fais mon cinéma, là" ou peut-être tout le contraire : si je me sens sur écoute, je risque d'essayer de me contrôler et avec les associations libres, sans censure ni morale donc, ça va pas le faire.

Mais j'ai décidé de laisser faire pour voir ce que ça pouvait faire d'autre, à la fois la première fois et les fois d'après. Je fais ça parce qu'aujourd'hui je n'ai plus trop besoin de faire mon mariole ni le coincé je crois.

Et donc avec le magnéto, pendant chaque séance, c'est comme s'il y avait une glace sans tain. Pour moi c'est comme ça, mais pour les étudiants je sais pas du tout et peut-être que la prochaine fois je leur proposerai un temps pour analyser ça (parce que même s'ils font ça avec les autres profs c'est quand même pas une raison).