13
OCT 16

Histoires de vie

Au bureau ou dans vos amours (ou les deux peut-être), il y a quelque chose qui parfois finit par dérailler ou se coincer. Ou alors ça stagne et ça s'enlise et ce n'est pas vraiment mieux.
Alors vous essayez de vous accrocher ou de changer ce qui peut l'être – changer de boss ou de boîte, d'amoureux ou de vie –, mais ça continue, encore et encore.
Et il y a derrière tout ça comme une impression de déjà vu. Un air de famille même. Pourtant c'est tout le contraire de l'histoire familiale que vous recherchiez. Alors vous vous demandez pourquoi l'histoire se répète comme ça ?!?

30
SEP 16

Accompagner en groupe

Ça faisait déjà un bon moment qu'Eva et moi on avait envie d'attraper quelquesl pixels et décibels sur notre manière d'accompagner. Oui, attraper un instant le fil du chaos, du désir, des doutes, de la confusion, du mystère et de la surprise… parce qu'accompagner c'est aimer se laisser chatouiller par tout ça à la fois. Et quand c'est en groupe, c'est plein pot. Et les techniques de coach n'y peuvent pas grand chose ici.

Alors voilà ! L'autre jour à la campagne, c'était le début de l'été et il y avait un nouvel atelier De fil en fil. Véronique, Marie-Caroline, Vincent et Emmanuelle – coach ou manager, consultant ou formatrice , voulaient y voir clair dans tout ça. On avait aussi invité Alexandra, une gentille "barbare", rencontrée dans une chapelle et qui, caméra au poing, nous accompagne ici ou .

Voici quelques instants de cette journée-là, quelques minutes saisies, décousues ou tricotées ensemble autour de Marie-Caroline qui a questionné autour d'elle, comme pour enquêter sur ses coulisses et sa tribu d'origine, sur ce qui se cache derrière les gestes et les intentions des artisans du soin ou du lien.

26
AOU 16

Pensez à nous Roulez tout doux !

Sur l'établi de l'atelier de campagne et de l'été, Eva et moi on a aimé vous préparer un stage de "conduite de groupes". C'est pour faire alliance avec toutes les « passions dominantes » qui toujours se trament dans les coulisses de la vie d'un groupe : l'idéalisation ou l'attaque par exemple.

Bienvenus à vous alors, avec vos outils préférés pour animer, former ou créer, et tellement propices aussi à ces jeux-là. 

16
JUI 16

Sur le fil du transfert

Si on en est là, maintenant, c'est avec votre besoin de tisser le fil, de ne pas couper court ! Oui, vous n'avez pas voulu changer de superviseur même si, le travail à peine engagé, le programme prévoyait de zapper. Alors moi j'ai bien aimé faire en sorte que ce soit possible ainsi. Parce que c'est essentiel d'accompagner sur un fil, sur un fil de séances, sur le fil de l'inconscient avec tout ce qui pulse et se manque, ce qui se désire et se répète. Et alors c'est avec ça que l'on va continuer cet après-midi, cette faculté originelle de faire des liens entre soi et l'autre, entre le passé et le présent, entre les frontières, entre tout et son contraire, etc. Oui, parce que nous sommes des êtres de lien, au-dedans de soi (notre représentation du "réel", notre imaginaire...) et au-dehors : nos relations, familiales, amoureuses, amicales, de travail. Et vouloir accompagner c'est vouloir faire du lien son métier. []

Deuxième séance de supervision, l'autre mardi, à l'université de Paris-Dauphine et c'est ainsi, sur le fil, que j'ai choisi d'accompagner. 

23
JUN 16

La fabrique des nouages

C'était la dernière séance pour la supervision l'autre soir à Paris 2. Et la fin de tous les cours aussi.
Mais, c'est artificiel ce genre de fin, je trouve. C'est comme en coaching, faut pas être dupe. Oui, parce que c'est couru d'avance ; mais selon quel programme alors ? Parce que dans notre programme d'origine, on ne connait ni le jour ni l'heure de la fin.
Et puis il n'y a pas vraiment de programme pour l'inconscient, sauf nos pulsions, nos répétitions, nos actes manqués, nos défenses… Et tout ça se tricote et se condense dans nos relations. Et dans les jeux de transfert aussi.

Alors j'ai proposé de dénouer ça ensemble. Enfin un peu et avec ceux où, au fil des séances, quelque chose s'est tissé ou accroché, instantanément ou mine de rien, dans un cadre posé ou au dépoté, d'un côté ou de l'autre.
Comme une fabrique des nouages, des merveilleux nouages…

15
JUN 16

Le baiser ou la gifle

"Je vais vous parler un instant de POM. C'est pas son vrai nom POM, là, mais c'est la cliente du mercredi 8h30. Et, cette semaine, elle est arrivée avec un peu de sa jalousie. Sa jalousie envers ou contre sa sœur, envers les études qu'elle fait, envers son nouveau compagnon et le couple qu'ils forment, etc…
POM c'est l'aînée de sa fratrie alors c'est sans doute sensible tout ça. C'est la frérocité au féminin peut-être. Et moi alors je l'ai encouragée à exprimer la rage qu'elle retenait. Elle pleurait, ça ressemblait à une pluie d'orage sans la foudre ni le tonnerre. Elle a essayé et elle a commencé à dire pas mal d'horreurs. Mais elle vient d'une famille très catholique et c'est un péché, je crois, la jalousie. Alors c'était bien compliqué pour elle, c'est 
comme coupé ou empêché.

Et puis elle a parlé d'un moment un peu délicat pendant le dîner, la veille, avec sa sœur et son copain : « T'es PAM ou t'es pas PAM ? » elle a demandé à son copain au tout début du repas. PAM dans la religion catholique ça veut dire "Pas Avant le Mariage". Oui, faut pas coucher avant le mariage mais ce soir-là elle sait pas du tout pourquoi, elle a rajouté « Oui, faut pas coucher avant le mariage sauf avec moi ! ». Elle a dit ça comme ça tout d'un coup au copain de sa sœur. Elle sait que c'est un dérapage de son inconscient mais après elle m'a demandé : « Mais que faire de tout ça ? » Et moi je n'ai pas su trop quoi répondre parce qu'il n'y a rien à faire, si ce n'est prendre soin de revenir aux sources, aux souvenirs d'enfance et aux fantasmes aussi, simplement, calmement. Parce que sinon tout ça suinte, se déplace, se déchaîne contre soi ou contre l'autre.

Et au moment de partir elle m'a dit « Je ne reviendrai pas ». C'est pas très catholique de faire ça comme ça mais c'est beaucoup plus facile de couper court ici ; la rage passée à l'acte ainsi."

Ça c'est une histoire que j'ai racontée aux étudiants à Paris 2 pour la séance du mois dernier. Oui, parce que cette année, au fil des séances avec eux, j'ai découvert que j'aimais bien raconter une ou deux histoires du mois écoulé pour donner envie à chacun de déplier le thème choisi. Et pour cette séance-là c'était sur le fil du transfert, toujours et un pas plus loin : Le baiser ou la gifle, en coaching aussi.

 

08
JUN 16

La Compagnie des superviseurs - Saison 2

On a beaucoup aimé, Eva et moi, créer "La Compagnie des Superviseurs" et animer la saison 1 cette année. C'est pour les coachs qui sentent bien que pour accompagner ceux qui accompagnent mieux vaut être en bonne compagnie.
Et pour eux, et pour nous, la supervision ce n'est pas pour être "supervisé" (genre passif et je consomme un modèle à la mode ou je me fais un nouveau guru) et ce n'est pas de "l'hygiène de coach" ni une obligation légale pour avoir un tampon et être référencé. Non, c'est prendre le temps de regarder son histoire intime, ses fantasmes, ses pulsions, ses défenses, analyser et tisser des liens entre tout ça, sans trop se leurrer ni se la raconter...
Et c'est pour ça, qu'à la rentrée prochaine on aime continuer en cette compagnie-là. En petit groupe, dans un fil de séances engagé et pas à saute-mouton, mais au naturel et en pleine inconscience toujours.
Bienvenue en saison 2.

28
AVR 16

C'est plutôt une ambiance

Fichtre ! Elles me semblent bigrement plus corsées les dernières questions du questionnaire coach évoqué ici ou là, et surtout là : Tenir le fil ensemble.
Et là, j'en arrive à un incontournable du coaching d'entreprise : "Processus contrat tripartite à décrire". Oui, c'est plus ardu pour moi parce que les tripartites ça se passe toujours autour d'une table et ces situations-là c'est souvent chargé. Une fois j'ai réussi à faire venir un client et son boss à l'atelier et c'était vraiment bien. Une autre fois c'était autour d'une table basse avec des petits poufs de couleur pour chacun, c'était pour faire genre dream room & créativité, je crois, et moi ça m'a fait penser à la maternelle.
Alors là, dans ma réponse, je parle plutôt de l'ambiance parce que ça reste super complexe de "décrire le processus".
Et si vous aimez aussi travailler sur ce que ça réveille ou chahute en vous ces rituels en peuple coach et puis tricoter quelques mailles à l'envers, comme ça, alors 
il y a l'atelier "De fil en fille vendredi 20 mai à la campagne.

19
AVR 16

Quel désir d'être accompagné !?

Mais pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ? Oui, en long, en large ou de travers, j'ai aimé écrire sur le désir d'accompagner et ses coulisses : le fantasme d'une vocation, l'illusion d'un talent en héritage, les effets non pas du hasard mais des répétitions plein pot.

Mais pourquoi pas plus loin aux sources, jusqu'au désir d'être accompagné ? Peut-être parce que ce désir-là passe au second plan en coaching (oui, plutôt après les écoles et les diplômes) et ça passe souvent à l'as alors. Pourtant c'est le passage obligé en psychanalyse : aller sur le divan - beaucoup, passionnément, à la folie - avant de passer derrière. 

Et à la fac, c'est Franck qui est à la prise de son qui m'a posé cette question-là en aparté : « Etre accompagné d'accord, mais qui choisir ? » D'accord, je lui ai dit, mais pas en catimini ni en passant. Et j'en ai fait le thème de la séance de vendredi.

Et juste avant, j'ai proposé un apéro sur l'illusion de nos réussites et le bonheur de nos insuffisances.

A la fin de ce billet, la bande-son de cette séance-là aussi. 

06
AVR 16

De fil en fil

Sur le métier à tisser de celui qui aime accompagner, au naturel et sans chichis, il y a le fil des séances, le fil de la relation, le fil des associations libres et de l'inconscient et plein d'autres bouts de ficelles.
Et tous ces fils-là, c'est la même pelote au fond et c'est tout un art que d'aimer démêler ou tricoter tout ça ensemble et en continu. Oui, aimer accompagner au long cours et pas à saute-mouton alors.

29
MAR 16

Pas de feedback ni de selfie

Votre plus grande réussite en coaching ? ❞ Je réponds à un dossier de référencement coach, là, et je tombe sur ça. C'est fou, je trouve, cette question-là. Alors j'imagine un instant un QCM :

Votre plus grande réussite en coaching c'est quand :
a. Votre client ne vous demande plus de feedback ni de selfie (oui, genre test ou profil de personnalité).
b. Il découvre que les "atomes crochus" c'est juste une image, pas une formule chimique de l'attachement.
c. Il commence à vraiment vous détester.
d. Il arrête de croire au Père Noël (ou de vous parler de sa mère).
e. Un beau matin, il ne revient pas.
f. Il recommence à vous parler de sa mère.
g. Autre.

Et puis, une fois moins énervé, j'essaie de répondre à la question posée (et c'est bizarre ce besoin de faire mon malin avant de répondre ; c'est infantile sans doute), parce que c'est vrai qu'en coaching il y a des résultats "attendus", des "indicateurs de réussite" 

17
MAR 16

Un peu comme une glace sans tain

À la fac du coaching, à Paris 2, il y a un étudiant qui enregistre les séances de supervision. Oui, il me demande si je suis d'accord et il pose son magnéto entre deux chaises, enfin sur la chaise entre lui et moi. Et ça m'a un peu gêné la première fois.

Comme il est dans le monde du cinéma (il joue dans des films policiers mais pas que, je crois), je me suis dit ça va faire genre "moi aussi, je fais mon cinéma, là" ou peut-être tout le contraire : si je me sens sur écoute, je risque d'essayer de me contrôler et avec les associations libres, sans censure ni morale donc, ça va pas le faire.

Mais j'ai décidé de laisser faire pour voir ce que ça pouvait faire d'autre, à la fois la première fois et les fois d'après. Je fais ça parce qu'aujourd'hui je n'ai plus trop besoin de faire mon mariole ni le coincé je crois.

Et donc avec le magnéto, pendant chaque séance, c'est comme s'il y avait une glace sans tain. Pour moi c'est comme ça, mais pour les étudiants je sais pas du tout et peut-être que la prochaine fois je leur proposerai un temps pour analyser ça (parce que même s'ils font ça avec les autres profs c'est quand même pas une raison).

 

10
MAR 16

Mon antisèche dans la poche

Le coaching c'est une promesse de progrès, genre : "se transformer", "changer", "se développer", "gagner en leadership" ou en "autonomie", etc, etc.
Mais revenir sur les bancs de l'école – enfin à l'université –, là, comme aujourd'hui, ça a un côté un peu "régressif" non ? Ça ramène en enfance mine de rien… Et c'est l'un des paradoxes de l'accompagnement : aimer revenir un instant et plus sur les chemins de son histoire intime pour changer vraiment, si affinités… (vraiment, parce que des fois malgré tout ce qu'on raconte y'a pas du tout d'affinités pour ça au fond).
Et moi, là, comme je le faisais parfois à l'école, j'ai une antisèche dans ma poche. Mais finalement je les utilisais pas du tout mes antisèches, j'en avais pas besoin parce que je les avais dans la tête mais ça me rassurait au fond…

C'est comme ça que j'ai commencé l'atelier de supervision pour le master coaching à Dauphine, ce mercredi. J'en ai parlé un peu ici de ce nouveau master, avec tout le topo de la ministre sur le coaching dans la fonction publique : EM CATOP.

Et c'était sur un fil ce mercredi, sur le fil des associations libres, avec mon antisèche, enfin mon fil d'Ariane dans la poche.
C'était exigeant, je trouve, cette première session. Mais c'était bien aussi. Et je pense que ça aura des effets au fond parce que, visiblement, c'était pas du tout dans le mainstream du coaching : « Mais, mélanger tout le passé et le présent, le tout personnel et le professionnel, tout ce que vous nous dites, tout ce que vous faites, là, c'est tout ce qu'on nous dit qui est interdit en coaching » a dit un étudiant tout à la fin du voyage.

A suivre donc…