06
AVR 16

De fil en fil

Sur le métier à tisser de celui qui aime accompagner, au naturel et sans chichis, il y a le fil des séances, le fil de la relation, le fil des associations libres et de l'inconscient et plein d'autres bouts de ficelles.
Et tous ces fils-là, c'est la même pelote au fond et c'est tout un art que d'aimer démêler ou tricoter tout ça ensemble et en continu. Oui, aimer accompagner au long cours et pas à saute-mouton alors.

29
MAR 16

Pas de feedback ni de selfie

Votre plus grande réussite en coaching ? ❞ Je réponds à un dossier de référencement coach, là, et je tombe sur ça. C'est fou, je trouve, cette question-là. Alors j'imagine un instant un QCM :

Votre plus grande réussite en coaching c'est quand :
a. Votre client ne vous demande plus de feedback ni de selfie (oui, genre test ou profil de personnalité).
b. Il découvre que les "atomes crochus" c'est juste une image, pas une formule chimique de l'attachement.
c. Il commence à vraiment vous détester.
d. Il arrête de croire au Père Noël (ou de vous parler de sa mère).
e. Un beau matin, il ne revient pas.
f. Il recommence à vous parler de sa mère.
g. Autre.

Et puis, une fois moins énervé, j'essaie de répondre à la question posée (et c'est bizarre ce besoin de faire mon malin avant de répondre ; c'est infantile sans doute), parce que c'est vrai qu'en coaching il y a des résultats "attendus", des "indicateurs de réussite" 

17
MAR 16

Un peu comme une glace sans tain

À la fac du coaching, à Paris 2, il y a un étudiant qui enregistre les séances de supervision. Oui, il me demande si je suis d'accord et il pose son magnéto entre deux chaises, enfin sur la chaise entre lui et moi. Et ça m'a un peu gêné la première fois.

Comme il est dans le monde du cinéma (il joue dans des films policiers mais pas que, je crois), je me suis dit ça va faire genre "moi aussi, je fais mon cinéma, là" ou peut-être tout le contraire : si je me sens sur écoute, je risque d'essayer de me contrôler et avec les associations libres, sans censure ni morale donc, ça va pas le faire.

Mais j'ai décidé de laisser faire pour voir ce que ça pouvait faire d'autre, à la fois la première fois et les fois d'après. Je fais ça parce qu'aujourd'hui je n'ai plus trop besoin de faire mon mariole ni le coincé je crois.

Et donc avec le magnéto, pendant chaque séance, c'est comme s'il y avait une glace sans tain. Pour moi c'est comme ça, mais pour les étudiants je sais pas du tout et peut-être que la prochaine fois je leur proposerai un temps pour analyser ça (parce que même s'ils font ça avec les autres profs c'est quand même pas une raison).

 

10
MAR 16

Mon antisèche dans la poche

Le coaching c'est une promesse de progrès, genre : "se transformer", "changer", "se développer", "gagner en leadership" ou en "autonomie", etc, etc.
Mais revenir sur les bancs de l'école – enfin à l'université –, là, comme aujourd'hui, ça a un côté un peu "régressif" non ? Ça ramène en enfance mine de rien… Et c'est l'un des paradoxes de l'accompagnement : aimer revenir un instant et plus sur les chemins de son histoire intime pour changer vraiment, si affinités… (vraiment, parce que des fois malgré tout ce qu'on raconte y'a pas du tout d'affinités pour ça au fond).
Et moi, là, comme je le faisais parfois à l'école, j'ai une antisèche dans ma poche. Mais finalement je les utilisais pas du tout mes antisèches, j'en avais pas besoin parce que je les avais dans la tête mais ça me rassurait au fond…

C'est comme ça que j'ai commencé l'atelier de supervision pour le master coaching à Dauphine, ce mercredi. J'en ai parlé un peu ici de ce nouveau master, avec tout le topo de la ministre sur le coaching dans la fonction publique : EM CATOP.

Et c'était sur un fil ce mercredi, sur le fil des associations libres, avec mon antisèche, enfin mon fil d'Ariane dans la poche.
C'était exigeant, je trouve, cette première session. Mais c'était bien aussi. Et je pense que ça aura des effets au fond parce que, visiblement, c'était pas du tout dans le mainstream du coaching : « Mais, mélanger tout le passé et le présent, le tout personnel et le professionnel, tout ce que vous nous dites, tout ce que vous faites, là, c'est tout ce qu'on nous dit qui est interdit en coaching » a dit un étudiant tout à la fin du voyage.

A suivre donc…
 

27
JAN 16

Un Master Coaching à Dauphine aussi

« La création de l'EM CATOP de l'Université Paris-Dauphine est un projet expérimental ambitieux qui accompagne l'émergence d'une nouvelle filière de professionnels de l'accompagnement des dirigeants, des collectifs de travail et des organisations […] »

EM CATOP ça veut dire "Executive Master Coaching et Accompagnement de la Transformation des Organisations Publiques" et ça c'est un bout de l'intro du programme auquel je vais contribuer ; à ma manière.

Ce qui m'accroche ici c'est le côté "recherche-action et laboratoire" centré sur cette filière et cette forme-là du métier : des coachs du dedans, le secteur public, une pratique à créer, une forme de coaching institutionnel… (cf. vidéo de la "leçon inaugurale" de Maryline Lebranchu, à la fin de ce billet) ; centré aussi sur "les forces d'intervention et de transformation des organisations". Parce que les "forces d'intervention" ça augure d'emblée du "programme de défense" que ça va déclencher en face, enfin chez les agents coachés, en séance ou en coulisses.

11
JAN 16

Dis-moi ce que je dis

Libres interprétations en coaching. C'est ça que j'ai bien aimé explorer vendredi soir avec les étudiants à Paris 2 et en mode recherche-action. Parce que les interprétations ça a pas vraiment cours en peuple coach, alors que chaque outil est une interprétation mine de rien : le triangle dramatique, les profils de personnalité…

Et les libres interprétations c'est réputé sauvage ou abusif souvent, alors que ça va de pair avec les associations libres. Naturellement.

En partage, là, mon topo pour cette séance et, en bonus aussi, un extrait de la bande-son de ce soir-là : de cet instant juste avant de se laisser aller, accompagner en duo, sans "avoir un objectif", sans vouloir "reformuler" ni "donner un feedback"… Juste écouter la musique de l'autre, être sensible à ce que l'autre cherche à dire, derrière les mots, entre les lignes… et à qui il veut dire tout ça

J'ai choisi une image toute rouge pour ce billet parce que ce soir-là, chaque étudiant s'était habillé avec du rouge, un peu ou beaucoup. Ils s'étaient donné le mot, j'imagine. Et c'était sans doute comme un clin d'œil à la séance d'avant « Désirs & Défenses » où les mots que je posais étaient déjà interprétés, sur un mode ambigu, sexuel souvent… Prémices d'une écoute polysémique ou jeux d'enfants ou dynamique de groupe et tout ça à la fois…

07
DéC 15

Désirs & Défenses

« Après les associations libres, à fleur d'inconscient, et puis les voyages à travers l'espace et le temps, immobiles mais décloisonnés toujours, allons un pas plus loin ce soir et dans les coulisses de l'accompagnement : désirs & défenses, pulsions & inhibitions, en coaching comme ailleurs ; et plutôt du côté de nos défenses, de nos "mécanismes" intimes et originels que nous tricotons dans nos relations ; pour empêcher ou fuir nos désirs justement…  »

C'était vendredi soir à Paris 2, pour le Master Coaching, 3ème séance de supervision en groupe. Et ce thème des défenses, j'ai proposé de le défricher en mode voyage, toujours, et autour des "premières fois" :
 . Voyage en terres de coaching : rencontres préliminaires ou préalables, avec ou sans rituels alors
 . Et puis voyage aux origines…  peau à peau, peut-être, ou autrement…

Et c'est d'abord le désir que certains étudiants auraient voulu explorer ce soir-là et pas du tout les défenses. Mais moi, je me suis défendu, enfin j'ai tenu bon alors !

29
NOV 15

Me faire la peau

Il est bien vieux mon blog, il a 8 ans et demi. "Lâche-le et investi dans un autre ! Tu as tellement changé !" me lancent parfois ceux qui voudraient mon bien.

Mais depuis ma toute première note  c'était sur l'éloge de l'intimité – il a aujourd'hui plus de 500 billets en ligne mon blog, et c'est comme un journal intime pour moi, alors je veux pas l'abandonner, même s'il est vintage.
Il y a aussi les VRP de la techno qui me spamment ou forcent ma porte pour lui faire la peau neuve, pour qu'il soit
Responsive design compatible mobiles & tablettes ; et pour améliorer mon référencement alors.

Mais moi, je cours pas après le référencement et puis il me faut du temps pour changer. C'est pas que je résiste à l'obsolescence programmée, là, c'est que j'étais encore en pleine transhumance par ailleurs. 

08
NOV 15

Voyages sans frontières

« Voulez-vous prendre pour époux le même homme que votre mère ? (NDLR : enfin, le même genre d'hommes)
Et vous, voulez-vous prendre pour épouse, etc, etc… »

Il paraît que j'ai dit ça à la séance d'avant me confie, en aparté, l'une des étudiantes du Master Coaching. J'ai pas dit ça comme ça mais c'était l'idée (genre "Quand on aime, inconsciemment, on aime retrouver du même, du même que papa-maman. Et pour ça, on choisit un compagnon, ou une compagnone, comme l'un ou l'autre, ou un mélange des deux.")

Et l'étudiante-coach, là, elle a scénarisé ça en mode cérémonie de mariage. Cette idée l'a beaucoup marquée, elle me dit, parce qu'elle a réalisé qu'elle avait choisi un homme genre "tout le contraire de l'homme de sa mère" (NDRL : que son père donc), mais "à la fin, c'est revenu au même."

C'était vendredi soir à la fac pour la 2ème séance de supervision en groupe, sur le fil des associations libres toujours, et sur le thème : Sur un air de famille, résonances & jeux de transfert.

J'ai proposé de voyager en duo, à travers l'espace et le temps. A saute-frontières alors.

Là, en partage, mon topo pour cette séance. Et puis à la fin de ce billet un bonus inédit aussi.

 

16
OCT 15

Alors t'éteins le barco

Quand t'es en soutenance pour un appel d'offres avec un codir et, qu'au bout d'un bon moment, tu sens bien que le courant ne passe pas vraiment, (oui, parce que ces choses-là tu les sens assez vite !), quand tu vois que tu commences à t'ennuyer à mourir et que ta propale leur va pas parce qu'ils n'ont pas vraiment envie de travailler comme ça, et que chacun reste bien coincé dans son jeu de rôle préféré et que, mine de rien alors, tu vis peut-être ce qu'ils font vivre à ceux qu'il faudrait "mobiliser", faire "bouger", aux étages juste en-dessous, mais qui "se bougent pas" et qui "résistent" aussi parce que "la soupe est trop bonne, ici" comme ils disent

13
OCT 15

Se développer comme Coach-Analyste

La Compagnie des Superviseurs, j'ai aimé en parler un peu ici, et là c'est parti !
La première séance en groupe c'était mercredi dernier ; avec quelques défenses massives, genre "position méta", théâtralité ou "je vais te tirer les vers du nez"… Mais, au bout du compte ou confusément, personne n'était dupe !

Cette compagnie-là n'existe nulle part ailleurs ; c'est loin des référentiels de compétences et de la bienséance, c'est comme une base de vie pour les compagnons de la supervision.
C'est pour tisser des liens entre psychanalyse et coaching, toujours ; et c'est l'un des parcours que, Eva & moi, on aime animer pour les Coachs-Analyste.

Et là, en partage, quelques indications pour faire route ensemble.

 

06
OCT 15

J'avais envie de chocolat

 Ah ! Vous allez prendre un café ? il me dit.

Là, je suis devant la machine à café parce que j'ai envie d'un chocolat. Et parce que juste avant j'ai proposé : "Ça vous dit de faire une pause ?" C'était pas vraiment une question, c'était vendredi soir à Paris 2 avec la nouvelle promo du master Coaching.

Moi, je voulais faire une pause parce que sinon, au bout d'une heure, je m'emballe et je perds les pédales mine de rien. Parce qu'un grand groupe ça me replonge dans ma famille nombreuse, avec la folie douce de chacun et la mienne. Parce qu'un groupe c'est régressif, je trouve, et que retourner sur les bancs de l'école, ça nous replonge tous en enfance. 

Et cette année, enfin ce soir, c'est beaucoup plus serein parce qu'ils ne sont pas trente, ils sont une vingtaine.

Et celui qui, là maintenant, me demande si j'ai envie d'un café, c'est l'un des étudiants. Il est devant la machine d'à-côté, celle qui distribue des boissons froides.

 Non, j'ai envie de chocolat, je lui dis.

14
SEP 15

Prendre le temps de non répondre

C'est un appel d'offres pour du coaching, avec tous les ingrédients du coaching alors : objectifs, parcours intensifs, tests de personnalité, outillages et protocoles, etc. Et moi, je ne peux plus accompagner avec ces ingrédients-là, y compris dans cette entreprise où j'aime accompagner depuis longtemps déjà, dans les situations de crise et par-delà.
C'est le divan qui a cet effet-là sur moi. Et tout le travail de fond avec Eva et quelques autres coachs aussi, - de plus en plus nombreux -, qui aiment nous rejoindre pour accompagner plus au naturel.

Alors, j'ai pris le temps de lire et relire cet appel d'offres, en long en large. J'ai pris le temps de ruminer au jardin, et de m'interroger sur mes "résistances au changement" peut-être ? Ou bien sur un auto-sabotage, mine de rien ? Et sur le risque de tirer le diable par la queue à force d'aller encore hors des sentiers battus ? Et finalement j'ai aimé prendre le temps de non répondre.

Parce que j'aime croire qu'au fil du temps, il y aura de plus en plus de réponses comme ça. Beaucoup plus d'accompagnements au naturel.