19
DéC 12

Oublié ou inédit ?

 Au train où ça va, là, je crains d'en prendre pour dix ans avec vous, lui lance-t-elle, un brin exaspérée, très enragée.
 Quel avenir ! lâche-t-il.
Alors à cet instant, il y a comme un court-circuit entre ses oreilles et par-delà. Et puis un fou-rire. Longtemps et encore. Et maintenant elle a mal, tellement elle se tord, tellement elle rigole. 

07
DéC 12

Tendances

Trois mois déjà que, du bout de leurs doigts, ils tentent de caresser le bord du ciel. En vain. Alors, épuisés, ils démontent enfin l'échafaudage.

*

Elle a attaqué un vieux mouton et lui a pris sa peau ce week end ; pour se vêtir certes et aussi pour créer une tendance là, en plein boboland.

*

23
NOV 12

Des chocolats incrustés d'amandes

Cette nuit, je vais aller vagabonder dans la canopée.

*

Cette femme-là, sur le trottoir, elle n'aime vraiment pas prendre de gants pour récupérer et puis jeter la création singulière et parfumée, de l'instant et de son chien.

*
 

10
NOV 12

Plusieurs grammes par jour

J'aime bien arrêter de retenir les nuages.

*

Une cure de réel ! Plusieurs grammes chaque jour ; et plus encore la nuit, si besoin. Et plonger ainsi à bras le corps dans ce que je redoute !
C'est ce que le Philosophe angélique aime me prescrire en complément du divan et pour accompagner mes films préférés et d'épouvante, 
intimes et du moment.

*

31
OCT 12

Son psy adore aussi

« C'était une nuit de pleine lune hier. Et c'est pour ça peut-être que j'ai si mal dormi ? murmure-t-elle. » Et puis là dans le silence, elle évoque une histoire douloureuse et de l'enfance qui semble se rejouer aujourd'hui ; certes avec un autre, mais pile poil comme autrefois. Alors, c'est peut-être plutôt ce cocktail Molotov, mélange amer de présent et de passé, qui l'a tant agitée jusqu'aux premières lueurs du jour quand la lune était déjà de l'autre côté du monde.

*
 

25
OCT 12

Comme s'il savait

Elle me raconte qu'elle a aimé traverser le pays des caribous en ULM ; et puis, de là-haut, elle a bien vu que la terre n'avait pas vraiment besoin des hommes.

*

Si blonde si sage, là, en plein Boboland ; et sous son bras, cachée tant bien que mal, une bouteille d'un Château Margaux 2005.

*
 

 

28
JUN 12

Instants, du bord de ciel et d'ailleurs

Le garde pages de son livre de prières, une orchidée noire.

*

Pour tenter de quitter la première femme de sa vie - celle qui jadis lui a donné la vie - il aime se jeter à corps perdu et sans transition dans les bras de celle-là, un brin plus exclusive, deux fois plus dépressive et tout aussi fatale.

*

15
JUN 12

Au fond du pire

« Voilà, c'est fini. » C'est avec ces mots que chaque fois, à l'orée du soir, elle me met à la porte. Tout doucement.

*

08
JUN 12

Sur le fil de soi

C'est l'heure du goûter. L'âme rêveuse, il est assis en silence sur une marche de l'escalier de chêne qui monte vers les chambres. Plongé dans la lecture d'un magazine que son père aime lui rapporter chaque semaine. Et soudain, celle qui l'instant d'avant s'agitait en tous sens, tournait autour de son balai de paille, bondit vers lui, arrache une, deux, trois pages au hasard, et puis repart s'affairer comme si de rien n'était.

*

05
JUN 12

Bercements

Devant le bac à sable, il tourne les pages de son journal d'affaire comme un livre d'images.

*

Pensées à fleur d'eau. Prendre le temps de poser une orchidée sur le bord de la fenêtre.

*

12
MAI 12

Esquisse d'instants

Vous aimez évoquer la volupté que depuis peu vous découvrez quand, à l'orée de la nuit, vous posez sur votre corps, sur votre peau, crèmes onctueuses et onguents précieux.

*

17
MAR 12

Au soleil

Attention, nous dit le voisin, bientôt le chasseur de souris rentrera bredouille de ses visites ici. Alors, sournoisement, il glissera ici et là, en bord de ciel, dans la cave ou dans l'académie de danse, un, deux, trois couples de rongeurs follement amoureux. Pour revenir ici, toujours, toujours.

*

Sur le chemin vers le philosophe angélique, au soleil, une vierge noire. Et là, sur son sein, sur sa peau, un scorpion. A l'encre rouge, à l'encre bleue.

*

21
FéV 12

Le goût du drame

Mon goût pour la poésie des mondes barbares, pour le drame et ses mots sensibles, c'était ma manière à moi de me protéger, de m'anesthésier. Ça a bien marché jusqu'alors. Mais aujourd'hui la mélancolie me lamine. Alors, me suggère le philosophe angélique, je pourrais ajouter de l'humour à la tragédie, explorer ainsi un genre nouveau. Et être autrement en amitié avec le noir au dedans et au dehors. Alors je cherche un stage de clown.